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Rockomondo

Rockomondo est une émission diffusée en direct chaque jeudi soir de 21h00 à 22h00 sur Radio Primitive (92.4, Reims et la région) et rediffusée le même jour à la même heure sur Euradio (101.3, Nantes) la semaine suivante. La programmation en est principalement rock, pop, folk et électro, en majeure partie indépendante (mais pas seulement), et surtout axée sur les productions de pays autres que l'Angleterre et les Etats-Unis.

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Rockomondo est aussi un site internet en anglais relatif à l'émission www.rockomondo.com actuellement en sommeil dans l'attente d'un nouveau design. Mais vous pouvez toujours y consulter de nombreuses archives.

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22 décembre 2014 1 22 /12 /décembre /2014 14:13
Rockomondo: les podcasts !

En complément de la diffusion sur les ondes chaque jeudi à 21h00 sur Radio Primitive (Reims), EuradioNantes (Nantes) et Radio Escapades (Sud-Cévennes), Rockomondo est également disponible sous forme de podcast:

- Sur Soundcloud
Streaming et téléchargement. Emissions disponibles pendant trois semaines après leur mise en ligne:

https://soundcloud.com/rockomondo

- sur Mixcloud

Streaming seulement. Disponiblité permanente. A l'heure où j'écris ces lignes 35 émissions sont en écoute. Interface agréable.

http://www.mixcloud.com/rockomondo/

- sur le site d'EuradioNantes

Streaming et téléchargement. Archivage des émissions depuis Octobre 2011 !!

http://www.euradionantes.eu/podcasts?emission=14

N'oubliez pas non plus la page facebook de Rockomondo pour les infos, les playlists, les vidéos des chansons diffusées dans l'émission (et pour nous dire que vous nous aimez !)

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Published by J.P. Moya - dans Radio
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5 février 2013 2 05 /02 /février /2013 00:31

Je les ai tous écoutés avant de partir. Promis, juré ! Tous ! Les 304 groupes et artistes au programme du festival Eurosonic 2013. Pour être sûr de ne rien louper que j'aurais pu regretter ensuite. Et c'est là que je suis tombé sur Evripidis & his Tragedies. Autrement dit: Evripidis Sabatis, grec basé à Barcelone, illustrateur, écrivain et surtout musicien, chanteur, compositeur, parfois un one-man band, parfois un groupe. J'ai commencé par tester la petite vidéo sur le site du festival. C'était bien. Du coup, j'ai poursuivi avec sa page Bandcamp, et là, Bingo ! Toute la production d'Evripidis & his Tragedies - dont une bonne partie en téléchargement gratuit - et dés les premières écoutes la sensation d'être tombé sur quelque chose de rare. Evripidis fait partie de ces artistes à la culture musicale insatiable qui synthétisent brillamment plusieurs décennies de courants et des styles musicaux différents. Si l'on s'en tient uniquement à son premier album paru en 2007, on y trouve des influences classiques ("I want to be there"), de la comédie musicale horrifique ("Some nights are sleepless" "Red sky over the harbour"), de la romance ("Straydog" "Long lasting lovers"), de la pop baroque ("Abroad"), des ballades impressionnistes ("Sunday mornings in Athens"), du son en forme de mur ("Gregory (we're coming out in the light"), et bien d'autes choses encore. Comme la réunion sur un seul album de Neil Hannon, Kurt Veil, Phil Spector, Danny Elfman, Lewis Furey, Randy Newman, Gabriel Fauré, et des frères Sherman ! Ecoutez seulement l'incroyable "Ru ru I'd love to...", le tube pop de l'album: On jurerait assister à une rencontre improbable entre Jonathan Richman et les Dexy's période celtique avec les Beach Boys et les Shangri-la's pour faire les choeurs ! Tout ce name-dropping absurde s'annule de lui même pour aboutir à cette simple conclusion: la musique d'Evripidis & his Tragedies est en fait unique. On n'en retient au bout du compte que ces mélodies addictives, ces textes doux-amers, ce piano omniprésent et hypnotique, cette voix sans effet mais qui tombe toujours pile sur l'émotion voulue, cette ambiance nostalgique et doucement surranée. Appelez-ça du style. Celui d'Evripidis ne s'épuise pas en un jour. Deux mois après sa découverte, j'en suis toujours à écouter ce premier album en mode "repeat" alors qu'un second est déjà disponible depuis 2011. Son heure viendra. Rien ne presse. D'autant plus qu'Evripidis vient de lançer une souscription pour financer un nouvel EP. Si l'on ajoute tous les titres en téléchargement gratuit sur Bandcamp, la question de savoir ce que je vais écouter prochainement risque de ne plus se poser pendant un certain temps.

 

Entre le moment où j'avais commencé à écrire cet article et celui où il paraît, le premier album d'Evripidis & his Tragédies proposé à l'origine gratuitement sur Bandcamp est passé à 6 euros. Ca reste néanmoins une excellente affaire. Les singles et les EP's sont eux toujours gratuits. Profitez-en tant qu'il est temps.

 

Bandcamp: http://evripidisandhistragedies.bandcamp.com

Souscription: http://firstclap.com/es/evripidis-and-his-tragedies/video-y-single-vinilo-para-just-a-kleenex

Facebook: http:www.facebook.com/evripidisandhistragedies/

 

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Published by J.P. Moya - dans Espagne
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23 janvier 2013 3 23 /01 /janvier /2013 00:58

Le samedi, ce n'est plus Eurosonic, c'est Noorderslag. Tout le festival se transporte sur un seul site, l'Oosterpoort, pour une soirée réservée uniquement aux groupes néerlandais. Avec ses dix scènes pour une soixantaine de concerts, l'Oosterpoort est un complexe multi-salles où tout Groningen semble s'être donné rendez-vous ce soir-là dans une ambiance bien plus populaire et débridée qu'à Eurosonic. Bien qu'il y ait à l'intérieur du bâtiment plus de monde qu'il ne peut en contenir, que cette foule se déplace en tout sens pour aller d'un concert à l'autre dans un chaos indescriptible, que des kilolitres de bière soient ingurgités et fassent vite leur effet, tout se passe étonnamment bien. En neuf éditions du festival, je n'ai jamais assisté à une seule bagarre, ni même à la moindre altercation à Noorderslag. Les néerlandais sont décidément des gens affables et pacifiques.

Je commence la soirée avec une prestation très attendue, celle de Eins zwei Orchestra, groupe à tendance shoegaze dont j'avais malencontreusement loupé le concert l'année précédente. Cette année, c'est à une toute autre aventure que nous convient les deux maîtres de cérémonie Lydia et Stefan van Maurik, elle venue de l'indie-pop (This Beautiful Mess, Brown Feather Sparrow), lui du hardcore (The Spirit That Guides Us). Le couple s'est lançé dans un projet ambitieux de spectacle et d'album inspirés par Bollywood sous l'intitulé "Eins Zwei & The Parallel Cinéma". Tout commence dans une semi-pénombre, avec un joueur de sitar accroupi sur la droite de la scène et l'arrivée de trois danseuses indiennes qui se livrent à une belle démonstration de danses traditionnelles. A peine ont-elles quittées le plateau qu'arrive le groupe, soit une formation électrique de six musiciens, une section de cordes (deux violons, un violoncelle), et pas moins de onze choristes au fond de la scène. Eins Zwei & The Parallel Cinema a fait les choses en grand et les a fait bien. On ne peut qu'être emporté par l'énergie de toute cette tribu joyeuse et colorée. Si l'objectif était de recréer dans un format pop le côté festif des films bollywoodiens, c'est gagné. Les chansons rythmées et entraînantes sont un appel à la participation du public et sur scène c'est une explosion de couleurs, de brocards, de soies moirées et virevoltantes: un véritable spectacle bien plus qu'un simple concert. Il se termine avec la réapparition des trois danseuses dans de nouveaux costumes et une nouvelle chorégraphie. Gros succès et sourire de tous les spectateurs à la fin du show. L'album arrive bientôt, mais c'est un DVD qu'on aurait du prévoir pour un tel spectacle !

 

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(Eins Zwei & The Parallel Cinema @ Binnen Zaal, De Oosterpoort 12/01/2013. photo: rockomondo)



 

En sortant, je retrouve sur la scène du grand hall Sunday Sun dont j'avais assisté au showcase l'après-midi même à Coffee Company (un genre de Starbucks local). Sunday Sun est un quatuor d'Amsterdam adepte - comme son nom l'indique - d'une pop ensoleillée et hyper-mélodique inspirée principalement par les Beatles (Macca plus que Lennon), les Beach Boys, et leurs nombreuses déclinaisons, de Crowded House aux Shins. La barre est haute, mais les compositions de Sunday Sun sont de premier ordre, et jamais le groupe n'a à pâlir des inévitables comparaisons qu'il suscite. La trilogie d'Eps que le groupe a sorti l'année dernière - aujourd'hui réunie en coffret - ne montre aucune faiblesse pour qui ne rechigne pas à consommer sa pop avec beaucoup de sucre. Leur restitution scénique - sans surprise mais impeccable - méritait un bien plus bel écrin que cette scène ingrate du hall de l'Ooosterpoort.

 

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(Sunday Sun @ Entree Hall, De Oosterpoort, 12/01/2013. photo: Sander Baks)

 

Il est un peu tard pour aller voir la prometteuse Tessa Rose Jackson dont le concert a déjà commencé dans une petite salle du sous-sol, aussi je tente un groupe inconnu: Mister And Mississippi au Patio. Je ne sais pas pourquoi - le nom du groupe peut-être, ou le décor de grange du Patio - je m'attendais à de l'americana, mais ce n'est pas tout à fait dans ce registre que joue Mister and Mississippi. Composé d'une fille et trois garçons, le groupe affectionne les tempos lents et médiums, les atmosphères pointillistes, les ballades mélancoliques, genre dans lequel les hollandais excellent. Mais il ne s'en tient pas là et n'hésite pas non plus à accélérer le rythme en plusieurs occasions ou à faire décoller ses morceaux dans d'ébouriffants crescendos. Le son est clair est précis, les vocaux variés avec pas moins de trois chanteurs (j'ai une grosse préférence pour le vibrato velouté de la fille du groupe), et l'interprétation parfaite avec notamment un très brillant guitariste capable tout aussi bien de tricoter de fines dentelles façon Durutti Column que de transformer son instrument en corne de brume à la manière de Sigur Ros. On aimerait juste voir ce groupe très sage et toujours sous contrôle lâcher parfois un peu prise. Encore une fois, c'est le guitariste qui apportera ce nécessaire supplément d"émotion dans un final fiévreux et convulsif. Beau concert. L'album sort le 28 janvier chez V2 Bénélux.

 

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(Me And Mississippi @ Patio, De Oosterpoort, 12/01/2013. photo: rockomondo)


Pas question d'arriver en retard pour Jacco Gardner que je ne veux manquer sous aucun prétexte. Avec seulement deux single parus jusqu'à présent, le jeune - 24 ans - hollandais génère déjà un buzz impressionnant et son album ("Cabinet of curiosities") fait figure d'évènement avant même sa sortie le 12 février. Quatre morceaux ont suffi à Jacco Gardner pour définir précisément son aire de jeu: la pop psychédélique du milieu des années soixante avec Syd Barrett dans le rôle du Saint-Esprit, et The Left Banke et les Zombies pour compléter la Trinité. Aucun folklore Carnaby Street cependant lorsque les musiciens entrent en scène habillés comme vos voisins de palier. Jacco Gardner lui-même semble étonnamment vulnérable et timide, souriant mais peu loquace, le visage continuellement dissimulé derrière une barrière de cheveux. La mise en place, un peu approximative au début, s'arrange par la suite et en 45 minutes (et 12 morceaux) le groupe joue ce qui sera sans doute l'intégralité de son futur album. Le son mériterait d'être étoffé, la touche "clavecin" du synthé moins souvent enfoncée et quelques morceaux se ressemblent un peu trop. Mais on relève aussi deux ou trois chansons qui se détachent avec panache et qu'on sera curieux de redécouvrir sur l'album. Au final un bon concert, ni génial, ni déshonorant, celui d'un groupe encore à ses débuts et assurément talentueux, auquel il faut juste laisser le temps de grandir un peu.

 

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(Jacco Gardner @ Marathon Zaal, De Oosterpoort, 12/01/2013. photo: rockomondo)


Il se fait tard et il faut reprendre la route le lendemain. Allez un dernier petit concert pour revoir The Kik. L'année dernière, ils avaient joué sur la scène du foyer. Ce soir ils ont droit à celle bien plus prestigieuse de la Kleine Zaal, avec ses nouveaux écairages led impressionnants qui débordent de la scène pour traverser la salle. Augmenté d'un nouveau guitariste, le groupe semble avoir déjà abandonné en partie le répertoire exclusivement merseybeat de son dernier album pour une musique plus contemporaine (sachant qu'avec The Kik, la musique s'arrète en 1967). Preuve de cette nouvelle "modernité", il y aura même un solo en fuzz. Retour au garage-rock pour The Kik ? La réponse au prochain disque. 

Je quitte l'Oosterpoort à minuit. Passer d'un seul coup de la folie de Noorderslag au silence de la nuit de Groningen est une expérience très curieuse. Même si trop fréquentée et légèrement inférieure à celle de 2012, cette édition a été encore une fois riche de belles découvertes. J'ai beau jurer chaque année que c'est la dernière, j'y serai quand même sans doute l'année prochaine.

 

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Published by J.P. Moya - dans Eurosonic 2013
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20 janvier 2013 7 20 /01 /janvier /2013 01:37

Sur le papier, la soirée du vendredi était celle qui m'inspirait le moins, et à l'arrivée, il s'en est fallu de peu qu'elle ne tourne au fiasco total. Déjà rien ne m'intéressait vraiment à 20h00. J'étais bien tenté par la suédoise Linnea Ollson et son violoncelle au Museum, mais c'était un peu loin du centre et je ne voulais surtout pas manquer le concert suivant, celui des norvégiens Highasakite. Du coup, j'opte pour les allemands Tonbandgerät à la Muziekschool dont c'est la première prestation hors de leur pays. Mauvaise pioche. Les Tonbandgerät ont pourtant de bonnes têtes, mais ne me demandez pas à quoi ressemble leur musique. Sur mon petit carnet, j'ai noté: "pop passe-partout chantée en allemand". J'abandonne l'affaire au bout de trois morceaux, ce qui me permet d'arriver en avance à Vera pour Highasakite. Le groupe a manifestement soigné son décorum. Des guirlandes lumineuses et des chapelets de plumes multicolores cheminent de micro en micro. Question look, ce n'est pas mal non plus: les garçons arborent des peintures de guerre fluo et les filles des perles de strass sur le visage. Highasakite joue une électro-pop aux mélodies affirmées qui oscille entre mélancolie early-80's et renouveau "héroïque" avec force tambours martiaux et chants en choeur. La chanteuse - également à l'autoharp - possède une voix intéressante, plus grave que celles de la plupart de ses consoeurs scandinaves. Ce serait simplement mieux si elle ne faisait pas aussi ouvertement la gueule. Timidité ? Peut-être, mais cette attitude réfrigérante finit par desservir un set pourtant très honorable. On écoutera quand même leur album "All that floats will rain".

 

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(Highasakite @ Vera, 11/01/2013. photo: rockomondo)


Puisqu'on donne dans le néo-héroïque, pourquoi ne pas se laisser tenter par les finlandais Rubik au Grand Théâtre ? La scène, pourtant vaste, est envahie de pieds de micros et d'un invraisemblable capharnaüm d'instruments en tous genres. Les sept vikings blonds et barbus de Rubik ont l'air de s'y trouver parfaitement à leur aise. Mais il manque à leur rock épique la passion et l'intensité qu'y mettaient l'année précédente les norvégiens de Team Me ou les belges de School Is Cool. Et j'ai décidément beaucoup de mal avec la voix de falsetto du chanteur. On écourte. 

 

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(Rubik @ Grand Theatre, 11/01/2013. photo: rockomondo)


Un petit détour par l'USVA pour y voir les néerlandais Bombay Show Pig qui jouent de malchance: tout d'abord ce sont les claviers de Linda van Leeuwen qui ne fonctionnent pas, puis une panne d'électricité qui plonge le bâtiment dans le noir. L'année dernière, le premier opus du duo "Vulture / Provider" avait été une bonne suprise dans la lignée Pixies/ Breeders. Sur scène, le couple - elle à la batterie, aux claviers et au chant, lui au chant et à la guitare - pallie à l'absence des musiciens de l'album en accommodant ses morceaux à la sauce bourrin. Ça frappe fort, ça fait du bruit, et c'est efficace si on veut bien oublier le disque. Mais on aurait préféré que ce traitement de choc soit épargné au "Somebody to love" du Jefferson Airplane. C'est comme ça, nous les vieux, on n'aime pas qu'on touche à nos reliques...

 

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(Bombay Show Pig @ USVA, 11/01/2013. photo: rockomondo)


Retour au Stadsschouwburg pour un concert sur lequel j'avais fondé beaucoup d'espoirs, celui de la suédoise Anna von Hausswolff. On lui doit l'année dernière un album à la beauté sombre ("Ceremony") où, chantant au son d'un orgue d'église, elle apparaissait comme le chaînon manquant entre Nico et Kate Bush. Accompagnée ce soir par quatre musiciens. la ténébreuse Anna semble malheureusement avoir oublié ses chansons dans sa loge. Au bout d'un quart d'heure d'envolées post-rock mélodramatiques, on réalise que ce qu'on avait pris jusque là pour une longue introduction au concert est en fait LE concert ! Jouant avec tout son corps comme si elle était habitée par le fantôme de Glenn Gould - en fait il s'avèrera que ce n'était pas lui ! - Anna von Hausswolff en fait des tonnes dans le genre tourmenté et semble en tirer des sensations orgasmiques. Du côté du public, on est nettement moins ému et l'ennui guette. Ah, enfin une chanson (l'excellent single "Mountains crave"), serait-ce le début de quelque chose ? Euh non, c'était juste l'entr'acte avant de replonger dans une nouvelle séquence de gloubi-boulga post-rock. Elle se continuera sans moi.

 

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(Anna von Hausswolff @ Stadsschouwburg, 11/01/12. photo: Rumba Magazine).


Mon idée pour terminer la soirée était d'aller à De Spieghel pour enchaîner les caennais Concrete Knives au rez-de-chaussée et les liègeois Dan San au premier étage. Après un quart d'heure d'attente à la porte à regarder passer les professionnels et leurs badges coupe-file (Salauds !), j'arrive enfin à pénétrer dans les lieux pour m'apercevoir qu'un second vigile bloque l'entrée de la salle où se produit déjà Concrete Knives. Deux solutions alors, rejoindre l'étage et être le premier pour Dan San, ou bien aller voir ailleurs ce qui s'y passe. C'est finalement ce que je décide. Direction la Muziekschool où jouent les finlandais Satellite Stories. Des inconnus pour moi, mais vu ce que m'avaient réservé les autres ce soir, je ne risquais plus grand chose. Surprise, Satellite Stories sont des bébé-rockers ! Le chanteur a beau essayer de se laisser pousser la moustache, il ne trompe personne. Il n'aura en tout cas pas froid avec son bonnet de laine vissé sur la tête alors qu'à ses cotés son guitariste a préféré le look... K-way ! Satellite Stories n'a sans doute pas inventé les trois accords de base, mais il les joue bien, vite, et fort, dans un registre proche de celui de ses compatriotes French Films vus la veille à Vera. J'avais parlé à leur propos d'un mélange de Wedding Present et de Cure période "Three Imaginary boys". Ici, c'est pareil: d'un côté une première guitare qui mouline à tout berzingue des "zzing, zzing, zzing, zzing..." furibards (c'est le côté Wedding Present). De l'autre, la seconde qui tricote de la dentelle twangy (c'est le côté Cure). Remonté à bloc, boosté par un public nombreux, enthousiaste, et - il faut bien le dire - un peu imbibé à cette heure tardive, le groupe envoie son énergie aux spectateurs qui lui renvoient la leur en retour et, de chanson en chanson, le concert décolle dans une irrésistible spirale ascendante. A la fin, drogué par l'euphorie du moment, Satellite Stories se lâche totalement, ne contrôle plus rien, et décroche un bingo bien mérité. Le groupe aura même droit à un rappel, ce qui n'arrive normalement jamais dans ce festival ultra-minuté. C'est ça aussi Eurosonic, aller voir un "petit" groupe dont on n'attend rien et se retrouver emporté par la magie du moment à brailler "Encore !!" au milieu de géants bataves embièrrés !

 

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(Satellite Stories @ Muziekschool, 11/01/2013. photo: rockomondo)

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Published by J.P. Moya - dans Eurosonic 2013
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17 janvier 2013 4 17 /01 /janvier /2013 10:47

Il fut un temps pas si lointain où, pendant Eurosonic, je passais mes après-midi aux showcases organisés par Plato, le magasin de disque du coin (il serait plus juste de dire L'UN des magasins de disques: ils sont cinq en centre-ville à Groningen !). L'affluence record cette année a eu raison de cette tradition pourtant bien agréable. Impossible d'entrer dans la boutique une fois les concerts commencés. il y avait même la queue à l'extérieur canalisée par des barrières et un costaud du service d'ordre. C'est comme ça que j'ai raté Fenster, groupe basé à Berlin, composé de deux new-yorkais et d'un français. Ca semblait très bien. Il faudra le vérifier sur leur album ("Bones"), d'ores et déjà disponible.

Le soir, direction la Machinefabriek, à la limite du centre-ville. Au programme, les estoniens d'Ewert & The Two Dragons. Le groupe a souvent joué en France suite à la parution chez Talitres de leur excellent second album "Good Man Down", mais je n'avais encore jamais eu l'occasion de les voir sur scène. Ewert & The Two Dragons ont fait du chemin depuis le concert qu'ils avaient donné à Eurosonic l'année dernière dans le cadre intimiste de De Spieghel. Cette année, ils remplissent sans problème cette salle de belle dimension qui, inexplicablement, n'avais pas été encore utilisée par le festival. Dans une formule élargie avec une section de cuivres, le groupe délivre son impeccable répertoire au millimètre près, dans une restitution minutieuse mais jamais appliquée de l'album. Il manque néanmoins à ce show trop bien calibré et un peu statique (le chanteur est assis au piano, ce qui n'aide pas) ce petit supplément d'émotion qu'on attend en allant voir un groupe sur scène. Avec le concert d'Ewert & The Two Dragons à Eurosonic, je n'ai rien appris sur eux que je ne connaissais déjà à l'écoute de leur album. Dommage.

 

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(Ewert & The Two Dragons @ Machinafabriek, 10/01/2013. photo: rockomondo)

 

Un petit sprint vers le News Café à Grote Markt si je ne veux pas me retrouver à la porte pour le concert d'Evripidis & his Tragedies. Evripidis Sabatis est un grec émigré à Barcelone où il a fondé les Tragedies avec des musiciens du cru. Je n'avais jamais entendu parler de lui avant de consulter le programme d'Eurosonic, mais l'écoute de son premier album sorti en 2007 (on peut le télécharger gratuitement sur sa page Bandcamp) m'a décidé qu'il ne fallait en aucun cas manquer ça. Car enfin, voilà un garçon qui réussit une synthèse parfaite de toute de la musique populaire du 20e siècle, en commençant même avec les classiques du siècle précédent (Fauré, Ravel...) via la musique américaine des années 20 et 30, les musicals, le cabaret, et toute la pop des années 50 à nos jours, incluses les musiques de film qui semblent l'inspirer tout particulièrement. J'étais donc très impatient de vérifier si ce grec hyper-doué allait être LA révélation du festival. Arrivé dans la cave du News Café, surprise: non seulement je n'ai pas fait la queue pour entrer, mais la salle est presque vide ! Et déception, les Tragédies sont restées à Barcelone: Evripidis est seul sur scène avec son piano. La déception sera de courte durée. Dés qu'il attaque le premier morceau, assis raide comme un i devant son Roland et l'oeil vif voletant d'un spectateur à l'autre, Evripidis démontre qu'il n'a nul besoin d'un groupe pour défendre sa musique. Ses chansons se suffisent à elle-mêmes. Des chansons aux accents nostalgiques, tendrement ironiques, aux mélodies à la fois évidentes et complexes, et dont vous savez, dés la première écoute, qu'elles ne quitteront plus vos vies. Même si je ne devais plus voir un seul bon concert durant tout le reste du festival, la découverte d'Evripidis à elle seule avait amorti le prix (élevé) du billet. 

 

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(Evripidis & his Tragedies @ News Café, 10/01/2013. photo: rockomondo)

 

Tiens, après ça si on cédait aux sirènes du buzz en allant vérifier ce que vaut réellement Jake Bugg ? L'anglais dont tout le monde parle se produisait à la Cathédrale - en fait un gigantesque chapiteau inauguré l'année précédente -et prévisiblement, c'était bondé. C'est donc de loin (mais avec un son parfait, comme à tous les concerts d'Eurosonic) que j'ai pu assister à une partie du concert du rocker aux joues roses. J'avoue ne pas bien comprendre le battage médiatique insensé qu'il suscite ni le ralliement derrière lui de toutes mes connaissances rock n'rolliennes. Après une première partie acoustique assez ennuyeuse, les choses s'animent enfin lorsque Bugg empoigne sa guitare électrique, mais les chansons restent très en deçà de leurs ambitions, et surtout Jake Bugg est affligé d'une voix ingrate et sans nuance difficile à supporter plus de quelques morceaux. Je me pince en me souvenant d'un récent article qui l'avait comparé à Donovan. On en est décidément très loin.

Et sauvons-nous avant la fin car il n'est pas question d'arriver en retard pour le concert des belges Balthazar. Dans sa recherche permanente de nouvelles salles, le festival investit pour la première fois cette année un lieu exceptionnel: le musée de Groningen, remarquable aussi bien par son architecture (trois modules de formes et de couleurs différentes reliés entre eux par des passerelles et des couloirs subaquatiques) que par ses collections. J'avais pensé que les concerts auraient lieu dans le hall, ce qui était la manière la plus simple de gérer l'évènement, mais si certains se tiennent bien près de l'entrée, celui de Balthazar a lieu dans un auditorium situé au troisième étage, tout au fond du bâtiment. Pour y accéder, on traverse donc toute l'exposition temporaire du musée consacrée actuellement à la peinture scandinave de la fin du 19e siècle/ début du 20e. Dommage que si peu de festivaliers prennent la peine de ralentir le pas pour en profiter. Devant un auditoire fourni, Balthazar a donné ce soir-là un concert intense. J'étais curieux de savoir comment le groupe allait traiter en live l'atmosphère plutôt dépouillée de son second album "Rats". En fait, les morceaux ont été retravaillés et les arrangements enrichis pour obtenir un son péchu, plein et puissant. Le violon, notamment, qui se contente sur disque d'un rôle épisodique tient sur scène une place bien plus importante. Et l'on ne s'ennuie jamais grâce à l'alternance des deux chanteurs aux voix et aux personnalités bien différentes. A ne pas manquer lors de leur prochaine tournée française.. 

 

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(Balthazar @ Groninger Museum, 10/01/2013. photo: rockomondo)

 

Grosse file d'attente devant le Stadsschouwburg, l'ancien théatre municipal, pour les danois Efterklang auxquels on doit l'année dernière "Piramida", bel album inspiré par une ville minière abandonnée du côté du cercle arctique. La dernière fois que j'avais vu le groupe en 2008 au festival Spot, ils étaient huit, habillés comme s'ils sortaient du "1900" de Bertolucci, et ils avaient donné un concert épique et grandiose, l'un des meilleurs auxquels il m'ait jamais été donné d'assister. Ce soir, ils sont six seulement. Pas de dress-code, seul le chanteur arbore un costard saumon et un noeud papillon. Toute la soirée, il jouera le rôle de meneur de revue un peu cabot, dialoguant fréquemment avec des spectateurs sans jamais se départir d'un inamovible sourire Colgate. Comme Balthazar précédemment, le groupe a boosté pour la scène le répertoire plutôt éthéré de son dernier album en y ajoutant du rythme et de l'électronique. Le résultat est très convaincant, les chansons y gagnent une belle ossature sans pour autant s'en trouver dénaturées. Tout ceci serait parfait si Efterklang ne cédait pas une nouvelle fois à son péché mignon: faire intervenir sur sa musique des éléments extérieurs qui en brouillent la limpidité plus qu'ils ne l'enrichissent. Cette fois-ci, il s'agit d'une apprentie-Castafiore très motivée qui vocalise à pleins poumons pendant tout le concert. Au bout de quelques morceaux, on a envie de l'étrangler. A la fin du set, seule la foule compacte qui vous sépare de la scène vous empèche de le faire réellement. Sa seule présence (très) sonore aura suffit à ruiner un spectacle qui aurait pu compter parmi les meilleurs du festival.

 

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(Efterklang @ Stadsschouwburg, 10/01/2013. photo: rockomondo)

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Published by J.P. Moya - dans Eurosonic 2013
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15 janvier 2013 2 15 /01 /janvier /2013 23:56

Pour bien démarrer la nouvelle année, rien de mieux qu'une petite virée à Groningen. Comme tous les ans à la même époque, la cité hollandaise accueillait la semaine dernière le festival Eurosonic/Noorderslag: quatre jours de conférences et de concerts avec à l'affiche plus de trois cents artistes émergents, dont un tiers originaire des Pays-Bas et le reste venu des différents pays européens. Les trois premiers jours rassemblent des artistes de tous les pays et les concerts ont lieu dans une multitude de salles du centre ville: cafés, bars, clubs, salles de concert, théâtres, cinémas, centre culturels et même à présent le Musée d'Art Moderne. Il y a aussi un "Village" avec plusieurs chapiteaux, la billetterie et de la restauration. Le samedi est réservé aux artistes néerlandais et tout le monde se retrouve dans une ambiance de fête brueghelienne très débridée - et très arrosée ! -à l'Oosterpoort, un énorme complexe multi-salles qui abrite aussi les conférences. Les succès croissant qu'a connu le festival ces dernières années l'a fait passer en quelques éditions de 15.000 à... 35.000 spectateurs ! ! Le côté convivial en a pris un coup, mais avec un minimum de préparation et d'organisation Eurosonic/Noorderslag reste néanmoins une excellente adresse pour découvrir les nouveaux talents européens.

 

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(Eurosonic 2013: Le Village. Photo: rockomondo)

 

Dés le mercredi 18h00, petite mise en bouche à l'Energy Stage qui reçoit la scène locale pour des concerts gratuits. Avery Plains est un groupe de Groningen qui balance un rock tendance seventies, classique mais bien envoyé. On peut les qualifier sans mentir de "guitar-band" avec pas moins de cinq de ces instruments qui jouent simultanément. Et c'est également l'occasion de profiter pour la première fois d'un ingrédient un peu oublié ces derniers temps et qui opére un retour en force dans le festival: le solo de guitare ! Dommage que le volume sonore soit aussi élevé. Il est impossible de rester plus de quelques minutes. Au-delà, on met réellement ses oreilles en danger, ce qui serait quand même dommage pour la suite des festivités. 

 

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(Eurosonic 2013: Avery Plains @ Energy Stage, 09-01-13. Photo: rockomondo)   

 

A 20h, direction De Spieghel, un petit bar où, hors festival, on écoute habituellement du jazz et du blues. Il n'y a pas loin à aller: ma piaule est dans leur arrière-cour ! Au programme, Temples, un duo londonien auteur pour l'instant d'un unique single récemment sorti chez Heavenly. En fait, Temples sont quatre sur scène avec un batteur sosie de Bobbie Gillespie époque J&MC et un chanteur slim-size en petit haut pailleté, physiquement à mi-chemin entre Marc Bolan et Syd Barrett. Alors que je ne les ai jamais entendues, les chansons pop de Temples accrochent immédiatement l'oreille avec leur son clair et affûté, joliment coloré d'une petite touche psychédélique. On pense souvent à une déclinaison moderne des Beatles période "Revolver", ce qui n'est pas la plus mauvaise des références. On entendra sans doute parler de leur album prévu cette année.

 

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(Eurosonic 2013: Temples @ De Spieghel main, 09-01-13. Photo: rockomondo)

 

Dés le concert de Temples terminé, il suffit de monter d'un étage pour accéder à la seconde salle de De Spieghel, moins grande et où ont lieu des concerts plus intimistes. C'est là que se produisent les islandaises de Pascal Pinon, un drôle de nom qui était à l'origine celui d'un mexicain présenté au début du 20e siècle comme "L'homme à deux têtes". Fait d'un délicat mais volatil électro-folk, le dernier album de Pascal Pinon sorti l'année dernière ne m'avait qu'à moitié convaincu. Mais sur scène, la magie opère. Avec leur look néo-baba (robes médiévales, gilets tricotés multicolores et Doc Martens), les deux frangines et leurs copine parviennent a installer une atmosphère à la fois chaleureuse et recueillie. Portées par des voix fraîches et sans affectation, leurs mélodies pointillistes dispensent une atmosphère apaisante. Et l'on s'amuse de petits détails, comme le Walkman Sony vintage sur lequel sont enregistrées les parties électroniques des morceaux, ou encore ce petit carnet à fleurs mystérieux que les filles consultent invariablement entre chaque morceau. 

 

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(Eurosonic 2013: Pascal Pinon @ De Spieghel up, 09-01-13. Photo: rockomondo)

 

 

Retour au rez-de-chaussée pour les grecs de Baby Guru. Le groupe a déjà sorti deux albums bien accueillis d'un rock hypnotique et expérimental inspiré paraît-il par le Krautrock. Sur scène, pourtant, le trio peine à convaincre. Les morceaux se terminent abruptement sans qu'on ait pu réellement y entrer et sont bien trop courts pour susciter la transe escomptée. Si la section rythmique assure sans faillir, les claviers sont sous-employés et le chanteur inutilement énervé. Le tout laisse la sensation d'un concert frustrant, car on devine dans la musique de Baby Guru quantité d'éléments intéressants mais trop mal exploités pour réellement retenir l'attention.

 

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(Eurosonic 2013: Baby Guru @ De Spieghel main, 09-01-13. Photo: Sander Baks)

 

Dès les dernières notes de Baby Guru, ce sont les franco-finnois Eva & Manu qui prennent le relais à l'étage du dessus. Une écoute du morceau présenté sur le site du festival m'avait fait penser qu'il pourrait s'agir d'une bonne affaire. Mais leur plaisante pop-folk manque trop de personnalité pour susciter plus qu'un intérêt poli. Et ce n'est pas leur reprise convenue des Black Keys qui y change quelque chose. Pour être tout à fait honnête, si on les voyait dans un autre cadre, celui d'une soirée cabare par exemple, on passerait sans doute un excellent moment. Mais on attend d'Eurosonic un peu plus que cela. Au passage on aura quand même appris à commander une bière en finnois. Phonétiquement, ça se dit: "Oïsko bissi mittaa".

 

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(Eurosonic 2013: Eva & Manu @ De Spieghel up, 09-01-13. photo: rockomondo)

 

On traverse une rue dans les effluves des koffie-shops et on se retrouve à Vera, la principale salle rock de la ville. C'est là que joue un autre groupe finlandais habitué de Rockomondo (l'émission), French Films. Après un EP et un épatant album ("Imaginary Future"), j'étais très impatient de voir ces cinq garçons dont j'avais loupé le passage au même endroit l'année dernière. Avec leur petite teigne de guitariste en T-shirt Doors et blouson de cuir rouge, leur chanteur blond surexcité et un discret organiste coiffé façon Bruce Joyner, French Films n'invente rien mais balance toutes Tokai dehors un réjouissant indie-rock à mi-chemin entre The Wedding Present et le Cure des débuts. Les musiciens sont à fond en permanence et on ne s'ennuie pas une seconde. La confirmation en somme de ce que promettait l'album. 

 

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(Eurosonic 2013: French Films @ Vera, 09-01-13. Photo: rockomondo)

 

0h30: Après un court arrêt fricandelle au distributeur du coin, arrivée au Grand Théâtre pour les suédois de Movits!. Si on m'avait dit que je m'enflammerais un jour pour un groupe hip-hop/jazzy rappant en Suédois, je n'aurais sans doute jamais voulu le croire. Mais Movits! fait tomber tous mes préjugés. Je me rappelais des vidéos électrisantes découvertes sur YouTube, mais ce à quoi j'assiste sur la scène du Grand Théatre est encore meilleur ! Il faut dire qu'entre temps la formation a changé. Il y a toujours en figure de proue le blond et barbu Johan Rensfeldt aux vocaux, un saxophoniste ainsi qu'un MC responsable de l'électronique et des percussions. Mais le contrebassiste est parti pour laisser sa place à un joueur de trombone, et ce petit détail change tout. Car outre le fait qu'il booste sensiblement le son du groupe, il autorise aussi entre le saxophoniste et le tromboniste d'ébouriffantes chorégraphies synchronisées qui transforment le concert de Movits! en show irrésistible. Dès que les musiciens bondissent sur scène en noeuds paps et complets noirs, on sait que la partie est gagnée. Johan Renfeldt maîtrise sans aucun répit son flow fiévreux tandis que derrière ses deux acolytes soufflent et dansent comme des Famous Flames sous amphés ! On se demande d'ailleurs comment il est humainement possible de jouer aussi bien en bougeant autant ! Au second morceau, noeuds paps et costards finissent dans un coin de la scène. L'énergie, elle, est toujours là: le groupe restera au taquet pendant tout le set jusqu'à un final mémorable au milieu du public. Malheureusement, il n'existe pas encore de vidéo de Movits! avec cette formation et ce spectacle. Mais il est probable que les programmateurs ne laisseront pas passer cette bonne affaire pour les festivals d'été. On surveillera ça de près.

 

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(Eurosonic 2013: Movits! @ Grand Theatre main, 09-01-13. Photo: Sander Baks)

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7 janvier 2013 1 07 /01 /janvier /2013 00:43

Le premier mars prochain, les danois de Speaker Bite Me se réuniront à Copenhague pour un concert exceptionnel au cours duquel ils interprèteront l'intégralité de leur légendaire album "If love is missing, it must be imposed" (2000). Pour fêter l'évènement, le groupe vous propose de télécharger gratuitement l'album sur leur page Soundcloud. L'effort demandé par un clic gauche aura rarement été mieux rentabilisé.

 

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SPEAKER BITE ME: "If love is missing, it must be imposed"

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30 décembre 2012 7 30 /12 /décembre /2012 23:17

Peut-être un jour en traversant la France aurez-vous la chance de croiser Eddy Crampes et sa guitare à l'entrée d'un Autogrill ou d'un Courtepaille. C'est qu'il aura momentanément abandonné son atelier de customisation de mobylettes (l'association Cyclo Raquette) pour réaliser un vieux projet un peu fou: une tournée des aires d'autoroute !

Toulousain d’adoption, Eddy Crampes a été joueur de tennis puis professeur des écoles. Après une année passée à enseigner en Roumanie, il a décidé à son retour de tout arrêter pour ne plus se consacrer qu’à la musique. D’abord en groupe (Sybil Vane, The No Moustache Orchestra) et en duo (Michel & Michel), Eddy Crampes se produit désormais sous son nom. "Le meilleur" est son deuxième album studio, et les amateurs d'étiquettes ne vont pas être à la fête. Une écoute superficielle pourrait le faire cataloguer au rayon "chanson française", mais ce serait évidemment trop simple. S’il admire Gainsbourg et Nino Ferrer, Eddy Crampes a aussi biberonné au rock bruitiste de Sonic Youth et The Jesus & Mary Chain. La tension qui souligne ses morceaux est bien réelle et le calme trompeur. Car on parle ici de bonheur éphémère, de rupture, de difficulté de vivre à deux, de solitude. Le lot commun à 90% des chansons me direz-vous, sauf qu’Eddy Crampes met en scène ces histoires tristement quotidiennes dans un décor de film expressionniste. Les perspectives sont faussées, rien n’est droit, tout part de guingois, les mélodies en mode mineur comme les arrangements continuellement surprenants. La poésie simple des textes est émaillée de bizarreries stylistiques qui font dresser l’oreille. Et le chant ignore toutes les règles, allonge les syllabes, bouscule la métrique, déconstruit les liaisons, précipite les fins de phrases. Chez d’autres on flairerait le calcul, la pose, le désir de se démarquer. Pas ici. Tout semble d’une sincérité totale. A mi-chemin entre Nick Drake pour la mélancolie persistante, le timbre velouté, le sens aigu de la mélodie, et Syd Barrett pour le coté imprévisible et irrémédiablement étrange de sa musique, Eddy Crampes emprunte des chemins de traverse que lui seul semble connaître.

 

 

L’album s’ouvre sur la chanson qui lui donne son titre: "Le meilleur", ce fragile instant où tout va bien et où le temps semble suspendu. On retient son souffle de peur qu’il ne s’évanouisse et il s’évanouit pourtant. Car dés le second morceau l’amour est en fuite et les sentiments ambigus ("On peut dire que j’ai souffert assis au bord d’un précipice /  mais j’aime assez l’idée au fond qu’en fin de compte tu ne trouves pas mieux…"). "Aux Amériques" rêve de nouveaux départs sur une mélodie oblique et envoûtante, tandis qu’"Anoucka" esquisse en quelques traits un portrait à la fois tendre et acide, accompagné par une simple rythmique. Et lorsqu’Eddy Crampes reprend "Elle était si jolie", le vieux succès d'Alain Barrière, il n'y met ni ironie ni second degré, mais l'interprète tout en retenue, avec une économie d'effets qui paradoxalement fait naître l'émotion. La seconde face se colore de fréquentes influences sud-américaines, du presqu’instrumental "Des kilomètres" jusqu'à l’ambiance de nuit équatoriale de "Voler" et son intriguant solo. Entre les deux, "Cueca triste" sonne comme une évidence avec son rythme chaloupé et sa mélodie limpide, et "La lettre" touche droit au cœur, un joyau acoustique qui rappelle le Higelin sensible et sombre de la période Saravah. Et puis il y a l’étonnant "Rouge/Noir": sur une boucle électro rehaussée d’harmonica et d’arpèges de guitare, Eddy Crampes livre d'une voix blanche un texte qui vous habite encore bien après que la musique se soit tue : "Les doigts couverts du rouge des briques / Tu cours vers l’est le long du canal / Tu ramasses une branche tombée du nid / l’odeur du bois a quelque chose de magique… ".

A l'heure des coachings, des accompagnements artistiques, des "développeurs de talents" et des musiques de plus en plus formatées, la découverte d'une voix libre et singulière est un cadeau rare. Ne laissez-pas passer celle-là.

 

EDDY CRAMPES: "Le Meilleur" (Album entier en streaming + Commande vinyle, CD et mp3).

2000records.

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Published by J.P. Moya - dans France
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25 décembre 2012 2 25 /12 /décembre /2012 01:46

C'est Noël, les cadeaux plus ou moins intéressants pleuvent de toute part sur le net, du simple mp3 gratuit aux albums entiers. Mais s'il y en a un à ne pas manquer, c'est bien celui offert par les suédois de Simian Ghost. Le trio de Stockholm mené par Sebastian Arnström nous avait déjà offert avec son deuxième opus "Youth" l'un des meilleurs albums suédois - ils ne sont pas si nombreux - de l'année 2012. Ils récidivent avant que l'année ne soit terminée avec ce superbe "Autumn Slomo EP" offert en téléchargement gratuit sur leur site internet, mais attention: jusqu'au 13 janvier seulement ! Trois morceaux au programme dont un épique "Autumn slomo (for the dejected realist) de presque 9 minutes. Indispensable, comme tout ce que fait ce groupe doté d'un sens mélodique et d'une délicatesse rare.

 

 

 

 

 

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10 août 2012 5 10 /08 /août /2012 14:00

Un post à validité TRÈS limitée ! Pendant la durée du festival Way Out West qui se tient en ce moment même à Göteborg, le label suédois NoMethod offre en téléchargement gratuit "Abulia Jubilee", premier album des excellents Tennis Bafra. Formé au début des années '90, ce quatuor d'Uppsala a attendu presque vingt ans avant de sortir ce disque mais leur inspiration reste très marquée par l'indie-rock US de ces années-là, Sonic Youth en tête. Si vous aimez le rock toutes guitares dehors, vous serez à la fête avec ce disque court (on oubliera la longue jam finale), dense et nerveux, digne de figurer parmis les meilleures réussites du genre. Way Out West à commencé hier matin et se termine demain soir, ce qui vous laisse une toute petite journée et demie pour profiter de ce joli cadeau. Hurry up, boys n'gals ! (Petite mise à jour: devant le succès rencontré par cette opération - 2200 téléchargements en une journée ! - NoMethod a décidé de prolonger cette offre jusqu'à la fin de cette semaine, soit le 19 août).

 

TENNIS BAFRA: "Abulia Jubilee" (valide jusqu'au 19/08/2012)

 


 

 

NoMethod Records

Tennis Bafra

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