Rockomondo

Rockomondo est une émission diffusée chaque jeudi soir de 21h00 à 23h00 sur Radio Primitive (92.4, Reims et la région) et en version courte de 22h00 à 23h00 sur Euradio (101.3, Nantes). La programmation en est principalement rock, pop, folk et électro, en majeure partie indépendante (mais pas seulement), et surtout axée sur les productions de pays autres que l'Angleterre et les Etats-Unis.

Ecoutez Rockomondo

Rockomondo est aussi un site internet en anglais relatif à l'émission www.rockomondo.com actuellement en sommeil dans l'attente d'un nouveau design. Mais vous pouvez toujours y consulter de nombreuses archives.

Enfin Rockomondo a une page MySpace, où vous trouverez toute l'actualité de l'émission et où vous pourrez rejoindre nos amis.

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ROCKOMONDO

19 rue de Courcelles

51100 Reims

France

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Concours

Samedi 27 septembre 2008
Il y a près de dix ans que Finn Coren travaillait sur ce projet de mettre en musique la poésie de son compatriote Olav H. Hauge. Mais une méchante maladie et l'ampleur de la tâche en avaient sans cesse retardé l'aboutissement. Maintes fois repoussé, annoncé en dernier recours pour l'automne 2006, ce n'est que maintenant qu'on peut finalement découvrir le résultat de ces longues années de travail. Et l'attente en valait la peine. Déjà connu pour sa mise en musique des poèmes de W.B. Yeats et de William Blake, Finn Coren a de manière évidente beaucoup investi dans ce projet. A-t-il craint pour sa vie pendant sa réalisation ? Lui seul pourrait le dire, mais à l'écoute de ces deux CDs de plus d'une heure chacun, on a souvent l'impression qu'il a enregistré cet album comme s'il pouvait être le dernier, en donnant tout ce qu'il pouvait donner. Parfois, il ne chante même plus, disant simplement les textes par dessus la musique d'une voix qui semble à quelques occasions prête à s'éteindre totalement, et c'est poignant. Pour habiller ces très beaux textes - heureusement traduits en anglais dans le livret -, Finn Coren a fait appel à une quinzaine de musiciens venus d'horizons les plus divers et créé des arrangements à la fois riches et variés, allant du rock très électrique de "Eit tre i brand" jusqu'au Philly Sound sophistiqué de "Vaarkjening II" en passant par la pop néo-psychédelique de "Sju vindar" et "William Blake". Le plus souvent cependant, c'est sur un lit de ballades acoustiques ourlé de cordes, de cuivres et de choeurs féminins qur Finn Coren nous offre de découvrir, dans cette rugueuse langue norvégienne un peu difficile à apprivoiser lors des premières écoutes, la poésie de Olav H. Hauge. Si le but était de nous la faire aimer, c'est réussi. Après avoir écouté l'album, on n'a qu'une envie: se plonger plus à fond dans l'oeuvre du poète. Mais on a aussi le droit - même si c'est dommage - de se ficher comme d'une guigne de cette dernière. La poésie, ici, est aussi dans la musique.


FINN COREN : "Vinternatt" (extrait de "I draumar fær du", 2008)

Décédé en 1994, Olav H. Hauge est considéré aujourd'hui comme l'un des plus importants poètes norvégiens contemporains. De toute sa vie, il n'a jamais quitté sa petite ville de Ulvik où il exercait la profession de producteur de pommes. Il a également traduit de nombreux poètes en norvégien. Sa poésie épurée, souvent inspirée par la nature et facile d'accès a été traduite pour la première fois en français l'année dernière ("Cette nuit l'herbe est devenue verte", Editions Rafael de Surtis, 7 rue Saint-Michel, 81170 Cordes-Sur-Ciel).

Tel est le rêve

Tel est le rêve que nous partageons
Quelque chose de merveilleux va arriver
Qui doit arriver...
Le temps va s'ouvrir
Le coeur va s'ouvrir
Les portes vont s'ouvrir
La montagne va s'ouvrir
Les sources vent jaillir
Le rêve va s'ouvrir
Un beau matin nous glisserons
Sur une vague que nous ne connaissions pas.

(Traduction: Eva Sauvegrain et Pierre Grouix)

Visitez le site internet de Finn Coren. Et aussi sa page MySpace.

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Par J.P. Moya - Publié dans : Norvège
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Samedi 20 septembre 2008
Après un premier album élu haut-la-main "Disque du Mois" dans Rockomondo en février dernier, il restait à vérifier que ces orfèvres pop danois étaient aussi doués sur scène que sur disque. Ce qui fût fait en juin dernier au festival Spot lors d'un concert euphorisant et chaleureux. A votre tour maintenant de tomber sous le charme de ces éléphants pas balourds: leur album sort en France le 30 septembre prochain (Differ-Ant). Et je vous envierais presque, vous qui allez découvrir le sautillant "Ann" et son harmonica sixties, l'imparable "5 minutes", joyau pop façon Paddy Mc Aloon (et sans synthés !), l'entrainant "Caroline knows" dont le seul titre semble déjà être une musique, et le doux-amer "Splinter song" qui referme l'album en faisant regretter qu'il ne dure pas un peu plus encore. Il y a des voix masculines et féminines qui se répondent, des choeurs Beach Boys, des solos de guitare pas gonflants (c'est la fille du groupe qui s'en charge), du banjo, du ukulélé, des violons, du thérémin, des chansons gaies, des chansons tristes, et tout ça a comme un petit air d'été qui ne veut pas se terminer.

(The Elephants: vidéo de "5 minutes")

THE ELEPHANTS : "Obvious" (extrait de "The Elephants", Tapete/ Differ-Ant)

Merci à Tapete Records.

Visitez la page de The Elephants chez leur label.

Et aussi leur page MySpace.

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Par J.P. Moya - Publié dans : Danemark
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Dimanche 14 septembre 2008

On avait évoqué ici-même il y a peu les douceurs pop scandinaves de Dylan Mondegreen, et c'est au même rayon de confiseries nordiques qu'on retrouve aujourd'hui Jeremy alias Lars Christian Olsen et Øyvind Hatleskog. Depuis le premier post qui leur avait été consacré dans ces pages, les deux jeunes norvégiens ont enfin mis la touche finale à leur premier album "Smells like rain, Feels like the sun", disponible dés demain dans les bacs des disquaires locaux. Difficile d'en faire la chronique en se contentant des extraits de 30 secondes présentés sur les sites de téléchargements. Néanmoins, leur écoute se révèle suffisamment frustrante pour laisser présager d'un excellent cru. Entrée dynamique avec le nouveau single "Silly Love Songs" suivi du tubesque et déjà apprécié "Make Love Not War", ralentissement progressif dans la seconde partie de l'album avec quelques titres plus doux et acoustiques, reprise finale sur une trilogie de morceaux brillants et accrocheurs: voilà un programme qui semble plus que prometteur. A réserver quand même aux amateurs de sucré plus qu'aux inconditionnels de cuisine épicée. 

 (Jeremy, photo Trond Sørås)

JEREMY : "Silly Love Songs" (extrait de "Smells like rain...", 2008)

"Little Boy" un autre morceau du premier album de Jeremy est disponible en téléchargement gratuit sur la compilation proposée par le site musical eardrumsmusic.com

Visitez la page MySpace de Jeremy.

Téléchargez légalement leur album.
Par J.P. Moya - Publié dans : Norvège
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Mardi 9 septembre 2008

HECTOR ZAZOU : "Beauty" (with Jane Birkin, extrait de "Strong Currents", 2003)

Achetez "Strong Currents".

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Par J.P. Moya - Publié dans : France
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Vendredi 5 septembre 2008
La scène se passe avant l'amour. La fille est assise au bord du lit, face à l'objectif, en train de défaire les boutons de sa robe ultra-serrée. Ses jambes sont jointes et son attitude un peu tendue. Sa première fois ? Le garçon lui est au fond de la pièce, déjà à moitié nu, décontracté - ou feignant de l'être - avec son déhanché de statue grecque. Il tourne élégamment le dos à sa partenaire et fait mine de s'intéresser aux photos encadrées posées sur la coiffeuse (mais on soupçonne que ce n'est pas un hasard s'il s'est mis devant le miroir). Le mobilier est démodé et situerait volontiers l'action dans les années 40-50, s'il n'y avait l'allure contemporaine des deux protagonistes. Une chambre d'hôtel un peu cheap peut-être ? Mais dans ce cas il n'y aurait pas de photos sur la coiffeuse. La chambre des parents alors ? Pas des grands-parents quand même ?
Quoiqu'il en soit, on a envie d'en apprendre plus sur ces deux-là, et aussi d'écouter le disque qu'illustre cette jolie photo aux teintes dorées. "While I walk you home", premier album du norvégien Dylan Mondegreen (alias Børge Sildnes) avait été l'une des plus jolies réussites pop de l'année passée. Cinq de ses morceaux - dont l'indispensable "Wishing well" - viennent d'être proposés en téléchargement gratuits via Last.fm. pour une durée limitée. Profitez-en tant qu'il est encore temps.
 

DYLAN MONDEGREEN : "Wishing well" (extrait de "While I walk you home, 2007)

DYLAN MONDEGREEN : "Girl in grass" (idem)

DYLAN MONDEGREEN : "My favourite songs" (idem)

DYLAN MONDEGREEN : "Broken French" (idem)

DYLAN MONDEGREEN : "While I walk you home" (idem)

Retrouvez Dylan Mondegreen sur sa page Last.fm

Et aussi sur sa page MySpace.

Achetez l'album de Dylan Mondegreen.
Par J.P. Moya - Publié dans : Norvège
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Dimanche 31 août 2008

Mon ami Dominique est de bon conseil. Voilà bien longtemps que je ne l'avais pas vu, mais alors qu'il passait à la maison hier soir pour une visite express, il n'est pas venu les mains vides: il apporté avec lui l'album de The Rollo Treadway. Ne cherchez pas de traduction à ce nom bizarroïde: c'est celui que portait Buster Keaton dans son film "La croisière du Navigator" (1924). L'Homme-qui-ne-sourit-jamais est en effet l'un des héros de David Sandholm, figure de proue de The Rollo Treadway à qui il donna naissance en 2006 du côté de Brooklyn. A l'époque le groupe - aujourd'hui un quintet - consistait principalement en David Sandholm himself accompagné du batteur Blake Fleming (ex-Mars Volta). Et pourtant, bien malin qui pourrait deviner que c'est avec ce line-up minimal que The Rollo Treadway a enregistré son premier album. Voilà en effet un disque de pop baroque et psychédélique comme il ne s'en fait plus beaucoup de nos jours. David Sandholm avoue sans se faire prier qu'il doit sa première grande émotion musicale au "She's not there" des Zombies, et manifestement l'influence du groupe de Rod Argent et Colin Blunstone est évidente, tout comme celle d'une bonne partie de la scène psychédélique britannique de la fin des années '60. Car - et même si les Byrds et les Beach Boys sont aussi de la partie - c'est à une tradition anglaise, bien plus qu'américaine que se rattachent ces chansons un peu précieuses et discrètement excentriques, parfumées au thé, à la bergamotte et aux herbes qui font rire. Pour achever l'ancrage de cette musique dans les années 60, l'album de The Rollo Treadway est un... disque-concept, qui raconte l'histoire d'un rapt d'enfant vue selon ses différents protagonistes. Alors bon, tout n'est pas parfait sur cet album auquel on peut reprocher peut-être une certaine mollesse dans l'exécution et dans les vocaux due sans doute au fait que tout ait été fait en solo. Un défaut mineur qui devrait s'arranger très vite à présent que The Rollo Treadway est devenu un "vrai" groupe. On attend la suite avec impatience.


THE ROLLO TREADWAY : "Kidnapped" (chanson complête. Merci / Thanks to Eardrumsmusic ).

THE ROLLO TREADWAY : "Dear Mr. Doe" (extrait)

THE ROLLO TREADWAY : "All heads turn" (extrait)

Visitez la page MySpace de The Rollo Treadway.

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Par J.P. Moya - Publié dans : Etats-Unis
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Mardi 26 août 2008
Quoi que je fasse, il n'y avait à peu près aucune chance pour que je puisse voir Hjaltalín à Spot. Même si j'étais arrivé à temps pour leur concert (ce qui n'était pas le cas), le groupe jouait en même temps que Jomi Massage version grand orchestre, et que Michael Møller, le chanteur de Moi Caprice: deux concerts auxquels j'avais très envie d'assister. Et à ce moment, je n'avais encore jamais entendu parler d'Hjaltalín. J'ai retrouvé leur nom sur l'un des nombreux flyers que j'avais rapporté chez moi afin de me renseigner sur tout ces groupes découverts à l'affiche du festival et que je n'avais pas pu voir. Dés mes premières recherches sur le net, je me suis trés vite aperçu que ces islandais s'étaient déjà fait remarquer en France (voir ici, ici, ici et , ) lors de la sortie de leur premier album "Sleepdrunk season" (Kimi, 2007). Comme beaucoup de groupe de ce début du 21e siècle, Hjaltalín est en fait une véritable tribu d'une bonne dizaine de personnes (et plus si affinités). Outre la traditionnelle configuration guitare-basse-claviers-batterie et les classiques violons et violoncelles, on y trouve aussi des instruments bien moins usités dans le rock, notamment des bois et des cuivres (basson, clarinette, clarinette basse, cor anglais, trompette, trombone) ainsi qu'un banjo et un accordéon. Tout ceci contribue à donner à Hjaltalín un son bien particulier que les critiques ont comparé comme un seul homme à celui d'Arcade Fire, ce qui n'est pas complètement faux si l'on ajoute que le groupe islandais fait également preuve d'une sensibilité toute scandinave, plus proche dans l'esprit de celle d'un Loney, Dear ou d'un Boy Omega que des grands raouts festifs de I'm from Barcelona. Les deux morceaux actuellement disponibles sur le net ("Goodbye July Margt ad Ugga" et "Traffic Music") sont en tout cas suffisamment convaincants pour que je me procure sans tarder l'album, et aussi le nouveau single ("thu komst vid hjartad i mer") qu'on pourra écouter dans Rockomondo - l'émission de radio - dés la rentrée.
 
 (Hjaltalín, photo: Leó Stefánsson)

HJALTALÍN : "Traffic music" (extrait de "Sleepdrunk season", 2007)

HJALTALÍN : "Goodbye July Margt ad Ugga" (idem, via MySpace)

Achetez l'albumde Hjaltalín.
Par J.P. Moya - Publié dans : Islande
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Dimanche 24 août 2008

Beaucoup de nouveautés intéressantes lors de ce Spot 2008, mais aussi quelques-unes très désagréables. Par exemple, alors qu'on se trouve souvent devant un véritable dilemme lorsque deux ou trois bons groupes jouent à la même heure, on peut remarquer que les artistes qui se produisent à Officerpladsen - le grand chapiteau de 2000 places - sont seuls (ou presque) à jouer à ce moment. Le but serait d'attirer artificiellement les spectateurs pour ces concerts qu'on ne s'y prendrait pas autrement. Lorsque les suédois Familjen entrent en scène ce samedi à 23h00, il n'y a donc rien d'autre au programme alors que pas moins de huit groupes se disputaient l'heure précédente. Inutile de vous dire que dans ces conditions Officerpladsen est littéralement bondé. J'avais déjà vu Familjen en janvier à Eurosonic pour un concert passablement raté devant quelques pékins égarés. Ce soir évidemment, l'ambiance n'est plus la même. Est-ce que c'est meilleur pour autant ? Pas en ce qui me concerne en tout cas. Autant j'avais adoré l'electro-pop façon New Order de leur album, autant je reste froid à l'option radicalement dance-floor choisie en concert. Question de culture, sans doute: celle-ci n'a rien à voir avec la mienne. Mais je constate que le public a l'air de bien s'éclater, même quand Familjen invite une calamiteuse chanteuse qui me pousse sans regret vers la sortie. Au moins, j'arriverai à l'heure pour le concert de The Elephants avec qui j'ai choisi de refermer le festival. 

(Familjen, photo: Andreas Lindbäck, Il ne s'agit pas de Spot, mais c'est tout ce que j'ai trouvé !)

Visitez la page MySpace de Familjen.

The Elephants jouent en dehors de l'enceinte du festival, à Svalegangen, un théatre de conception récente situé dans une des rues piétonnes du centre-ville. Le premier album de ce quintet (une fille - quatre garçons) de Copenhague m'avait suffisamment séduit pour que j'en fasse le disque du mois de Rockomondo en février dernier. Il faut dire que The Elephants synthétisent à merveille trois décennies de délices pop, sautant des années '60 (Beatles, Beach Boys) aux années '80 (Prefab Sprout, Aztec Camera) pour terminer en beauté avec les années '90 (Belle & Sebastian, l'écurie Elephant Six). Avec leurs mélodies qui font mouche à tous les coups, leurs arrangements raffinés tout autant que variés, leurs délicieuses harmonies vocales, ces Elephants là ont tout pour plaire et suffisamment de délicatesse pour ne rien abimer dans le fameux magasin de porcelaine. Et si le disque laissait apparaître un soupçon de raideur dans l'exécution, sur scène, c'est tout simplement parfait. Le groupe aligne ses pépites avec une décontraction et une assurance qui font naître de larges sourires sur le visage des spectateurs. Quand aux féministes, elles apprécieront sans doute le fait que - cas extrèmement rare ! - c'est la fille du groupe, Martine Madsen qui prend tous les solos de guitare. Vraiment un concert idéal pour clore ce très grand cru de Spot.
Voilà, c'est fini... En attendant Juin 2009, on pourra toujours s'occuper utilement en partant à la découverte de tous les groupes du festival qu'on n'a pas pu voir. Il serait bien étonnant de ne pas trouver parmi eux encore quelques petites merveilles.
 
 
 (The Elephants @ Svalegangen, 07/06/08, photos: rockomondo)

THE ELEPHANTS : "5 minutes" (extrait de "The Elephants", 2007).

Visitez la page MySpace de The Elephants.

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Par J.P. Moya - Publié dans : Spot 2008
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Jeudi 21 août 2008
C'est en me rendant vers la tente "Way Up North" que je tombe sur Yebo et Jessica du label Crunchy Frog  qui comme moi vont au showcase de Thee Attacks. Même si le groupe n'est pas (encore ?) signé chez Crunchy, Yebo les soutient et a même donné un petit coup de main à la production de leur premier disque. Nés vraisemblablement au début des années '90, ces quatre garçons aux joues roses souffrent d'un mal étrange: ils sont persuadés de vivre en 1965 ! Costars cintrées, pantalons fuseaux, boots pointues, cravates étroites, ray-bans, toute la panoplie y est, et je ne parle même pas des guitares Dan-Electro vintage, ni des amplis Vox, Selmer et Epiphone. La musique est sans surprise à l'image exacte de leur look: sèche, nerveuse, garantie sans matière grasse, à mi-chemin entre beat groups britanniques et garage bands américains. Sur scène, l'énergie emporte tout et on jubile à se croire nous aussi revenus au milieu des glorieuses sixties. Sur disque - un CD ! Trahison ! - on remarque plus que le chanteur n'est ni Eric Burdon, ni Mitch Ryder, et qu'il devrait y aller mollo sur les hurlements. Mais bon, Thee Attacks sont encore très jeunes: tout devrait s'arranger en '66 ou '67 à supposer qu'ils ne virent pas psychédéliques d'ici-là.
 
 (Thee Attacks @ Way Up North tent, 07/06/08, photo: rockomondo)

Visitez la page MySpace de Thee Attacks.

Retour une dernière fois à VoxHall pour le concert de Said The Shark, que j'avais déjà vu en showcase l'année dernière dans ce même festival. Composé de la canadienne Maya Saxell (Voix, guitare, écriture des morceaux, production) et du danois Kim Oxlund (claviers, instruments divers, arrangements) le duo avait été mon gros coup de coeur de l'année 2006 avec son premier album "Always prattling on about wolves", superbe collection de chansons en apesanteur portées par la voix brisée ô combien émouvante de Maya Saxell et les mystérieuses textures sonores concoctée par son partenaire. Deux ans plus tard, Said The Shark - devenu entre-temps un vrai groupe de quatre musiciens - nous offre avec "Silly Killings" une suite comme on n'osait l'imaginer, Alors que bien des seconds albums se contentent de dupliquer - souvent avec moins de succès - la recette de leur prédécesseur, celui-ci est un véritable pas en avant qui nous confirme (si l'on en doutait...) que Said The Shark n'a pas fini de nous surprendre. Partant des bases établies sur son premier disque, le groupe y élargit sa palette, explore de nouvelles pistes, joue avec les rythmes, les ambiances, le volume sonore également (pour la première fois on l'entend réellement FAIRE DU BRUIT !) et signe une nouvelle fois un disque hors étoiles. Sur scène, on croirait voir un déballage de vide-grenier dominical: des guirlandes lumineuses qui clignotent un peu partout, un énorme anneau métallique suspendu devant la batterie, un pavillon de gramophone, des jouets musicaux en tous genres et tout un bric-à-brac d'objets hétéroclites. Ne manquent que les fameux ratons-laveurs de la poésie de Prévert.

 (Said The Shark, VoxHall, 07/06/08, photo: rockomondo)

Le groupe apparaît au son du "Beau Danube Bleu", version Portsmouth Sinfonia, et dés lors le ton est donné: autant le concert de Said The Shark en 2007 était intimiste et minimal, autant celui-ci sera extraverti et fantasque. Non pas que Maya Saxell se soit soudain trouvé des dons de performer: pâle et diaphane, elle bouge toujours aussi peu, le regard obstinément fixé au dessus de la tête des spectateurs. On dirait une de ces "Dames blanches" qu'on rencontre parfois dans les histoires de fantômes et on est presque surpris de l'entendre s'adresser au public et plaisanter avec ses musiciens entre les morceaux. Mais sur le répertoire varié de "Silly Killings", l'atmosphère ce soir est définitivement légère et ludique. On s'amuse à voir les musiciens restituer en direct et avec un plaisir enfantin le foisonnement sonore élaboré sur les albums. Ils font rebondir des billes sur le sol, laissent tomber des règles métalliques, et offrent plus ou moins au hasard le soin de décider à leur place. Le public, lui aussi, est mis à contribution: des instruments-jouets sont distribués au premier rang (parmi lequel l'inévitable Fredrik "A Kid Hereafter" Thaee, décidément partout lors de ce festival). Cela pourrait tourner au grand n'importe quoi et c'est tout le contraire: la musique est suffisamment forte pour supporter ce genre de fantaisies, et les morceaux qui rockent - il y a deux ans je n'aurais jamais imaginé écrire ça un jour de Said The Shark ! - le font avec encore bien plus de force que dans leur version enregistrée. Le final est mémorable avec "Shaky Heart", envoûtante déclinaison sharkienne de "I'm waiting for the man". Lors d'un moment d'accalmie, on entend soudain le son de batterie venir du fond de la salle. On se retourne alors pour découvrir un jeune tambour qui fend le public et s'approche de la scène en jouant de son instrument, avant que le groupe termine le morceau dans un grandiose crescendo. Hormis le fait d'avoir assisté à un excellent concert, je ressortais avec un sentiment de satisfaction sans doute un peu plus personnel: concernant Said The Shark, dés le début, je ne m'étais pas trompé.
 
 (Said The Shark, Maya Saxell @ Voxhall, 07/06/08, photo: rockomondo)

SAID THE SHARK : "No getting over you" (extrait de "Always prattling about love", 2006)

Visitez le site internet de Said The Shark.

Et aussi leur page MySpace.

Par J.P. Moya - Publié dans : Spot 2008
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Lundi 18 août 2008
Retour à Officerpladsen pour Choir Of Young Believers, le groupe de l'ex-Lake Placid Jannis Noya Makrigiannis qui - en version trio - m'avait littéralement scotché lors de sa première apparition télévisée (toujours disponible sur YouTube). Ce soir, ils sont huit sur scène parmi lesquels Cæcilie Trier au violoncelle (déjà remarquée chez Atoi et Jong Pang), Anders Rhedin (Jong Pang également) et un Jannis Noya Makrigiannis barbu qui ne ressemble plus du tout à celui que j'avais découvert précédemment sur les photos et les vidéos. Dans cette configuration élargie, le groupe restitue de façon grandiose l'élan épique de son premier EP sans perdre pour autant la sensibilité démontrée en trio. Intense, romantique, généreuse, passionnée, la musique de Choir Of Young Believers décolle en plus d'une occasion et l'on comprend mieux tout d'un coup pourquoi le groupe s'appelle ainsi: il règne réellement ici une ferveur presque religieuse, un investissement total qui dépasse de loin celui de simples musiciens pop. Il suffit de regarder l'état dans lequel se trouve Makrigiannis entre chaque morceau: on le croirait sorti de transe, le regard un peu désemparé, les mains tremblantes, tirant nerveusement sur sa cigarette. Manifestement, la musique est pour lui quelque chose de vital. Cette conviction farouche pousse le groupe à se dépasser et transforme ce qui était au départ un projet solitaire en superbe aventure collective. L'album sort le premier septembre (Tigerspring): il s'agira de ne pas le manquer.
 
 
 
 (Choir Of Young Believers @ Ofiicerpladsen, 07/06/08, photos: rokomondo)

CHOIR OF YOUNG BELIEVERS : Six morceaux à télécharger sur MySpace.

(Et dépéchez-vous: avec la sortie prochaine de l'album, il n'est pas dit qu'ils soient disponibles en téléchargement gratuit pour encore très longtemps !)

Visitez aussi www.tigerspring.net et www.myspace.com/tigerspring
Par J.P. Moya - Publié dans : Spot 2008
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