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Rockomondo

Rockomondo est une émission diffusée en direct chaque jeudi soir de 21h00 à 22h00 sur Radio Primitive (92.4, Reims et la région) et rediffusée le même jour à la même heure sur Euradio (101.3, Nantes) la semaine suivante. La programmation en est principalement rock, pop, folk et électro, en majeure partie indépendante (mais pas seulement), et surtout axée sur les productions de pays autres que l'Angleterre et les Etats-Unis.

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28 juillet 2007 6 28 /07 /juillet /2007 19:35

Sitôt le concert de Munck//Johnson terminé, retour dans le cadre prestigieux de la grande salle du Musikhuset pour celui de Caroline Henderson. Pour la première fois depuis le début du festival, il ne s'agit pas d'un concert de rock. La chanteuse américano-suédoise est en effet cataloguée le plus souvent dans le jazz. Mais comme elle le dit elle même en ouverture de son dernier album "Love or nothing": "Jazz ain't nothing but soul..." Plus qu'un simple style musical, le jazz est d'abord chez elle un état d'esprit, une manière de vivre. On en a la preuve avec son repertoire éclectique qui - outre les compositions de la chanteuse et de son pianiste - aborde aussi bien les vieux standards des années quarante et cinquante (George Gershwin, Irving Berlin) que des compositions plus récentes signées Tom Waits, Grace Jones, James Brown et même... le Grateful Dead ou le Velvet Underground ! J'ai eu la chance de découvrir Caroline Henderson avec l'un de ses plus beaux disques, l'intimiste "Don't explain" (Stunt, 2003), recueil de ballades soyeuses accompagnées par un jeune trio - piano, contrebasse, batterie - à la sobriété exemplaire. Deux ans plus tard sort "Made in Europe", tout le contraire du précédent, un disque richement arrangé et moins homogène avec sa façon d'aborder un style musical différent à chaque morceau. Mais là encore une réussite: on n'oubliera pas de sitôt, par exemple, la chanson qui lui donne son titre, somptueuse composition qu'aurait pu écrire John Barry pour un "James Bond" des sixties. Ou cette incroyable reprise de "It's a man's man's world", transformé en brulôt féministe par un slam torride de la New-Yorkaise Staceyann Chin (sur un flow rappelant la Patti Smith de "Piss factory"). Fin 2006, c'est la parution du déjà cité "Love or nothing", moins convaincant, dans un style urban-jazz qui voit Caroline élargir encore sa palette en s'adjoignant cette fois-ci la collaboration de scratcheurs et de rappeurs. En fait, j'avoue ne pas très bien savoir quoi espérer en attendant l'entrée en scène de Caroline Henderson: on sait qu'elle a touché autrefois à une pop très commerciale avec le groupe Ray-Dee-Oh, et qu'elle a même flirté avec la disco: tout est donc possible.

 (Caroline Henderson @ Store Sal, Musikhuset, 02/06/07, photo:rockomondo)

Son groupe commence le concert seul, et le son est indéniablement très jazz, proche de celui de "Don't explain". Plutôt rassurant. Puis Caroline Henderson apparaît. Ce qu'on remarque en premier lieu, c'est ce qui occupe la distance séparant  le sommet de ses talons (qu'elle porte très haut) et l'extrémité inférieure de sa jupe (qu'elle porte très courte). Impressionnant. La chanteuse affiche le port altier de celles à qui on le la fait pas. Elle a beau être tout sourire, on ne s'y trompe pas: c'est le genre de femme à qui il ne viendrait à personne l'idée d'aller chercher des noises. Avec son abondante chevelure rejetée en arrière, on dirait - comme le fait remarquer à côté de moi Cyril, de l'association Lizi Says - une héroine de film Blackxploitation. Et dès qu'elle commence à chanter, on sait que c'est gagné. Il y a bien sûr une bonne part de nostalgie dans les sentiments qu'inspire Caroline Henderson: la sensation de retrouver ici une magie disparue en même temps que l'âge d'or des grandes chanteuses américaines, les Dionne Warwick ou les Shirley Bassey. Sa grande force - et la différence avec bon nombre de ses homologues moins talentueuses - c'est qu'elle n'utilise la réserve impressionnante dont elle dispose qu'avec parcimonie et toujours à bon escient. A l'évidence, Caroline Henderson se balade, mais n'est pas du genre à en faire la démonstration. Son truc, c'est plutôt la retenue: "Jazz ain't nothing but soul" encore... Elle va nous chanter ainsi quelques uns des plus beaux morceaux de son répertoire: "Made in Europe" bien sûr, aussi renversant dans cette version dépouillée que dans celle hyper-orchestrée figurant sur l'album, "Jesus", sa reprise inattendue du Velvet, qui serait capable de vous faire ouvrir aux Témoins de Jehovah la prochaine fois qu'ils sonneront à votre porte. "Keep on using me" en ouverture, reprise d'une pépite méconnue d'Ike and Tina Turner. Et sans doute quelques morceaux non-identifiés du dernier album que je connais moins, mais qui, dans la version jazzy qui en est donnée ce soir-là, passent tout à fait bien. Il y a du rêve et du glamour dans les concerts de Caroline Henderson. C'est ce que j'étais venu y chercher et je n'ai pas été déçu. Les programmateurs de festivals de Jazz français feraient bien de regarder un peu vers le nord avant de booker pour une énième fois l'insupportable Dee Dee Bridgewater.

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Published by J.P. Moya - dans Spot 2007
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