Rockomondo

Rockomondo est une émission diffusée chaque jeudi soir de 21h00 à 23h00 sur Radio Primitive (92.4, Reims et la région) et en version courte de 22h00 à 23h00 sur Euradio (101.3, Nantes). La programmation en est principalement rock, pop, folk et électro, en majeure partie indépendante (mais pas seulement), et surtout axée sur les productions de pays autres que l'Angleterre et les Etats-Unis.

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Rockomondo est aussi un site internet en anglais relatif à l'émission www.rockomondo.com actuellement en sommeil dans l'attente d'un nouveau design. Mais vous pouvez toujours y consulter de nombreuses archives.

Enfin Rockomondo a une page MySpace, où vous trouverez toute l'actualité de l'émission et où vous pourrez rejoindre nos amis.

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Eurosonic

Lundi 15 janvier 2007

Groningen est sans doute une ville très agréable, mais elle l'est beaucoup moins lorsque la tempête sévit sur la mer du nord: ciel plombé, pluie continue, et un vicieux vent du nord qui souffle en bourrasques dans les rues de la cité, arrachant les tuiles aux toits des maisons flamandes et jouant au "Domino day" avec les bicyclettes garées sur la Grand Place. Il n'y a plus qu'a souhaiter que la musique de cet Eurosonic 2007 soit meilleure que la météo, ce qui ne devrait pas être bien difficile. C'est en "off" que les festivités commencent avec les showcases organisés par Plato, l'un des meilleurs disquaires locaux. Derrière le comptoir, j'y retrouve Michel, le batteur d'Audiotransparent, dont vient de sortir une merveille de single hivernal (bientôt dans l'émission). Le magasin dispose d'une mezzanine où sont vendus d'habitude les disques d'occasion et qui fait office de scène. Une, venu en voisin de Leeuwarden, est le premier groupe à s'y produire.  Leur chanson "Little things", disponible sur leur site internet, m'avait suffisamment séduit pour que je leur consacre ici-même une page récemment. Et l'écoute de leur premier EP "Living with Lotte" prouve que je ne m'étais pas trompé, avec quatre autres morceaux (+ deux nouveaux dans la seconde édition) dans un même registre acoustique et mélancolique qu'on aurait aimé retrouver ici. Sauf que le groupe ce soir a décidé de jouer électrique. Pourquoi pas... mais après un début plutôt prometteur, tout se délite. Les musiciens manquent d'assurance, la mise en place est approximative, les effets dramatiques un peu trop appuyés. Et l'on peine à retrouver ce qui nous avait tant charmé sur le disque. Dommage, d'autant plus qu'Une ne semblait pas avoir encore tout dit dans cette veine semi-acoustique qui leur réussit si bien.

 (Une @ Plato, photo: rockomondo)

Ce sont les suédois Peter Bjorn & John qui prennent la relève, tout auréolés du succès récent de leur troisième album "Writer's block". Le trio, visiblement très décontracté et d'excellente humeur, délivre un set de cinq morceaux - parmi lesquels les inévitables "Young folks" et "Paris 2004" - auquel on aura du mal à apporter la moindre critique. Alors on s'attarde sur les détails. Comment font-ils par exemple pour rendre sur scène le son des différents instruments entendus sur le disque alors qu'il ne sont que trois, tous déjà très occupés ? Réponse: un sampler utilisé par le batteur: hop, quelques coups de baguettes et vous avez un son d'orgue. Même la fameuse mélodie sifflée de "Young folks" est samplée, mais là ils auraient pu s'en passer: le public faisait ça très bien. Pour finir, le groupe nous annonce une invitée et revient avec une figurine publicitaire grandeur nature de la chanteuse Erykah Badu. Animée à l'arrière par un employé du magasin, elle dansera une gigue endiablée durant tout le dernier morceau. Bonne ambiance qui donnerait presque envie de retourner les voir le soir. Mais à la même heure passe la finlandaise Islaja et j'ai déjà fait mon choix.

 (Peter Bjorn and John feat. Erykah Badu, photo: rockomondo)

UNE : "Little things"

PETER BJORN AND JOHN : "Young folks

Par J.P. Moya
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Mercredi 17 janvier 2007

Huize Maas est une grande brasserie au charme un peu vieillot située sur la Vlasmarkt, près de l'ancienne bourse. Soulevez le lourd rideau qui en cache le fond et surprise ! vous découvrez une salle de spectacle au moins aussi imposante que la brasserie elle-même. Pendant le festival, une deuxième scène est également installée dans la première salle, ce qui permet d'enchainer les groupes sans interruption. Huize Maas est aussi l'endroit le plus fréquenté d'Eurosonic. Quelle que soit la programmation (beaucoup de groupes anglais, ceci explique peut-être cela), c'est toujours blindé, et il n'est pas rare qu'une queue d'une bonne centaine de mêtres se forme devant la porte. Il existe deux solutions pour assister aux concerts à Huize Maas. La première, c'est d'arriver en début de soirée et de ne plus en bouger par la suite (de toute façon, une fois dans la place, on ne peut plus bouger du tout !). La seconde, c'est d'arriver en début de soirée, d'assister au premier concert, et d'aller voir ailleurs ensuite en sachant qu'il ne vous sera plus possible de revenir à moins de faire la queue pendant des heures. Heureusement, les suédois Johnossi ouvrent le programme et il est encore possible d'entrer sans trop de problême (bien qu'à l'intérieur, on soit déjà compressé comme dans le métro à l'heure de pointe). J'arrive cependant à me faufiler près de la scène au moment précis où les deux musiciens font leur apparition.

 (Johnossi @ Huize Maas. 11/01/07. photo:rockomondo)

La formule de Johnossi est on ne peut plus simple: chant, guitare acoustique et batterie. Du folk ? Euh, pas vraiment, car avec ce line-up on ne peut plus basique, le duo produit un boucan d'enfer. Pour acoustique qu'elle soit, la guitare est en fait branchée sur des amplis destinés habituellement aux guitares électriques, passant avant cela par une impressionnante collection de pédales d'effet. Avec cet instrument à l'air inoffensif, John est capable de vous faire le son de Led Zeppelin à lui tout seul. Quand au batteur (Ossi, donc...), si vous aimez les frappes délicates et raffinées, vous êtes mal tombés. Celui-ci ne joue pas de la batterie, il la cogne, il l'achève, il la pulvérise. Un cas relevant de la psychiatrie: ce garçon est assurément en train d'évacuer quelque chose venu de très loin dans son passé. D'ailleurs le drum-kit n'y résiste pas. Dès le deuxième morceau, la caisse claire se décroche, suivie de près par le pied du tom-basse.  Pour autant - et malgré la description qui précède -  Johnossi ne fait pas du rock, mais bel et bien de la pop. De la vraie pop scandinave, entrainante et mélodique comme on l'aime. Seulement ils la jouent... énergiquement. C'est même ce qui fait toute la différence, cette énergie scénique incroyable et à laquelle il est impossible de résister. Johnossi a inventé la pop enragée. Si je n'ai qu'un conseil à vous donner, c'est de découvrir le groupe sur disque AVANT d'aller le voir sur scène et non pas le contraire, sous peine d'être déçu. Mais découvrez-le de toute façon.

JOHNOSSi : "Glory days to come" extrait de "Johnossi, 2006)

JOHNOSSI : "The lottery" (idem)

JOHNOSSI : "The show tonight" (idem)

Téléchargez gratuitement "Execution song" de Johnossi.

JOHNOSSI : "Glory days to come" (vidéo. chargement assez long)

Visitez aussi leur page MySpace.

A lire aussi: leur interview sur Absolut Noise.

Achetez l'album de Johnossi.

Par J.P. Moya
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Vendredi 19 janvier 2007

Après l'ébouriffante entrée en matière offerte par Johnossi, on n'a qu'une envie: rester dans le suédois. Et ça tombe bien, car The Je Ne sais Quoi passent justement à Shadrak. Le Shadrak est à la fois un bar et une salle de spectacle, qui se présente comme une sorte de long couloir avec le comptoir à l'entrée et une toute petite scène au fond. Par l'escalier du vestibule, on accède à une seconde salle au premier étage, soeur jumelle de la première: c'est là que jouent The Je Ne Sais Quoi. J'avais pris une grande claque il y a presque deux ans lorsque j'avais découvert le premier album ("We make beginnings", Coalition) de ce groupe de Stockholm: un détonnant mélange d'émo-core et de post-punk (désolé pour les gros mots, voyez Wikipédia ici et ) tout en guitares tranchantes, serré, tendu, nerveux, anguleux. Et j'imaginais très bien ce qu'une musique comme celle-ci pourrait donner sur scène. Seulement, à Shadrak, The Je Ne Sais Quoi n'a pas joué un seul morceau de leur premier album ni de l'E.P. qui avait précédé. Place à un répertoire totalement renouvelé, qu'on retrouvera sans doute sur leur second album "Rhythm" annoncé pour bientôt. Le quartet d'origine s'est enrichi d'un nouveau musicien, préposé aux zigouigouis électronique: un élément qui occupe à présent une place non négligeable dans la musique du groupe au détriment des guitares. Quand à l'énergie fiévreuse qui caractérisait le premier album, elle semble s'être en grande partie évanouie. Certes, c'est toujours bien de rock dont il est question, mais on en a arrondi les angles, raboté les échardes, limé les aspérités. Il y a même - et c'est le comble pour cette musique autrefois tirée au cordeau - des moments de flottements, où le groupe semble en roue libre, paraisssant lui-même douter de sa nouvelle orientation. Un The Je Ne Sais Quoi new-wave ? Euh, ce n'est pas vraiment à ça que je m'étais préparé. Alors, soyons honnêtes, il est possible que j'aie abordé ce concert avec une idée préconçue de ce que j'allais voir et entendre alors que, si je n'avais rien connu du groupe, je l'aurais peut-être trouvé tout à fait correct. Il n'empêche que - attendus avec impatience depuis la confirmation de leur présence à Eurosonic - The Je Ne Sais Quoi ont été une véritable déception. Il faudra attendre l'album pour vérifier si elle était ou non justifiée.

 (The Je Ne Sais Quoi @ Shadrak, 11.01.07, photo: rockomondo)

Un petit tour à De Beurs, l'une de mes salles préférées d'Eurosonic, une sorte de ballroom un peu poussiéreux et plein de charme situé juste au dessus du plus célèbre "café brun" de la ville. Ce sont les allemands de Pale qui s'y produisent au moment où j'arrive. J'avais gardé un souvenir sympathique de leur premier album "How to survive chance" paru il y a déjà quelque temps (un second est sorti cette année), et effectivement, Pale est un groupe sympathique. Leur musique - pop - se laisse écouter sans déplaisir et le chanteur, Holger Kochs, évolue sur scène avec une gestuelle intéressante. Néanmoins, on ne peut s'empêcher de penser qu'on a déjà entendu ça des centaines de fois, et que le groupe - pour sympathique qu'il soit - aurait peut-être mieux fait de se trouver un autre nom que celui-ci, qui semble un peu trop bien approprié à leur cas. Au bout de quelques morceaux, j'ai compris de quoi il retourne. Direction le Grand Théatre pour y voir Islaja.

 (Pale @ De Beurs, 11.01.07, photo: rockomondo)

"Chameleon", un morceau du prochain album de The Je Ne Sais Quoi est déjà en vente sur le net. On peut l'écouter ici. C'est la confirmation du nouveau son découvert en concert, pop et dansant. On dirait du... Komeda ! Pas si mal finalement.... mais évidemment plus rien à voir avec la musique du premier album.

PALE : "Goodbye trouble" (extrait de "How to survive chance")

PALE : "All walls are Bricks" (idem)

PALE : "She's after me" (Subterfuge cover)

La page MySpace de The Je Ne Sais Quoi.

La page MySpace de Pale.

Achetez les albums de The Je Ne Sais Quoi.

Achetez les albums de Pale.

Par J.P. Moya
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Dimanche 21 janvier 2007

En attendant l'ouverture de la salle du Grand Théatre où est programmée Islaja, je rencontre le chanteur d'Une, Gerrit van der Scheer, venu assister lui aussi au concert de la finlandaise. Il m'apprend que, contrairement à ce que j'avais écrit sur ces pages, l'album n'est pas encore en cours d'enregistrement, mais seulement en préparation. Le groupe en est actuellement au stade de se constituer un répertoire dans lequel il choisira les meilleurs morceaux le moment venu. On suivra ça de près.

La première chose que fait Merja Kokkonen (Islaja) en arrivant sur scène, c'est de retirer ses bottes. Puis elle s'avance vers le micro et commence à chanter a capella. C'est la première fois que j'entends chanter en finnois lors d'un concert (lorsque j'étais allé en Finlande, tous les artistes que j'avais vu s'exprimaient en anglais) et je m'aperçois que j'en suis très troublé, que cette langue qui a accompagné quelques unes de mes plus belles émotions musicales (Se., Ismo Alanko, Tuomari Nurmio, Karkiautomaatti) déclenche en moi des choses auxquelles je ne m'étais pas préparé. Merja Kokkonen manipule un petit boitier qui lui permet de re-diffuser sa voix en boucles et de construire sa chanson en couches superposées. C'est magnifique. Je suis encore sous le choc de ce premier morceau, lorsque le reste du groupe apparaît. Car Islaja, c'est maintenant un groupe de facture on ne peut plus classique: guitare, orgue, basse, batterie, et - quand même - un préposé aux bruitages en tous genres. Ce qui m'avait séduit sur le morceaux d'Islaja découverts sur le net, c'est leur amateurisme éclairé, leur côté "work in progress", l'impression - erronée sans doute - que la musique se créait devant nous au moment même où on l'écoutait. Malheureusement, avec ce groupe classiquement rock (et sa basse très en avant qui recouvre tout le reste), il n'en reste plus rien. Emprisonnée dans des carcans trop rigides, la musique d'Islaja reste désespérément clouée au sol, incapable de susciter le moindre frisson ni la moindre émotion. Les titres défilent et se ressemblent sans provoquer autre chose qu'un ennui poli. Finalement, lorsqu'au terme d'un interminable morceau répétitif, la finlandaise envoie valser ses grelots et autres clochettes de l'autre coté de la scène et récupère ses bottes avant de quitter les lieux, c'est plus du soulagement qu'autre chose qu'on ressent. D'autres ont été moins patients que moi et sont partis avant la fin.

 (Islaja @ Grand Théatre Up, 11.01.07, photo: rockomondo)

Me voilà bien ! Que faire si tous les artistes que j'attendais avec le plus d'impatience me jouent ces sales tours ? Peut-être aller jeter un oeil à la Muziekschool, dont je garde un très bon souvenir après y avoir vu pour la première fois les danois d'Under Byen il y a quatre ans. Et justement, ce sont d'autres danois qui vont s'y produire à présent avec Oh No Ono. J'avais entraperçu ce groupe au dernier festival Spot et, même de loin, ça m'avait paru très bien. C'est l'occasion de vérifier si je me suis trompé ou non. Mais avant même qu'ils aient produit la moindre note, on ne peut s'empècher de sourire lorsque les trois musiciens principaux arrivent sur scène, rigoureusement identiques et arborant la même abondante chevelure bouclée. On dirait que le premier s'est fait cloner pour donner les deux autres. Dés que la musique commence, on sait que cette fois-ci on a - enfin ! - tiré le bon numéro. Le premier album d'Oh No Ono, "Yes", avait déjà permis d'apprécier le cocktail inédit concocté par ces joyeux allumés: un euphorisant mélange de Scissor Sisters, de C.S.S. et de Junior Senior, le tout relevé par une bonne dose de Spike Jones. Car il y a indéniablement un coté cartoonesque à la Musique d'Oh No Ono, ne serait-ce que dans les voix incroyablement haut perchées des chanteurs, et la vitesse absurde à laquelle ils expédient leurs morceaux. Sur scène, l'effet festif est encore décuplé. Tout fonctionne au quart de poil, y compris cette reprise pour le moins inattendue de "Subterrean Homesick Blues" ("This is a song from the sixties" annonce le chanteur), assaisonnée à la sauce Oh No, et qui fait s'élargir encore - si c'était possible - les bananes sur le visage des spectateurs. Le groupe enchainera ainsi la quasi-totalité de son album et de l'EP qui avait précédé, terminant sur une autre reprise, une version tellurique de "Tomorrow never knows", particulièrement bien adaptée aux débordements de fin de concert. De quoi justifier la première véritable ovation du festival. Il ne serait pas étonnant qu'après une pareille prestation, on retrouve Oh No Ono dans plus d'un festival cet été. C'est tout le mal qu'on leur - et qu'on nous - souhaite.

 (Oh No Ono @ Muziekschool, 11.01.07, photo: rockomondo)

 (Passes magnétiques au dessus du theremin pendant "Tomorrow never knows")

ISLAJA : "Sateen Tullessa" (extrait de "Palaa aurinkoon", 2005)

OH NO ONO : "Keeping warm in cold country" (vidéo)

On peut écouter d'autres morceaux d'Oh No Ono sur leur page MySpace.

Et télécharger d'autres titres d'Islaja sur la page que lui a consacré sa maison de disques Fonal.

Par J.P. Moya
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Lundi 22 janvier 2007

Je serais volontiers resté sur le formidable concert d'Oh No Ono, mais la soirée n'est pas encore finie. Retour à Shadrak histoire de choper quelques morceaux de Feverdream. Ce sera court de toute façon, car il ne reste plus beaucoup de temps avant le concert de Green Hornet à De Spieghel. Feverdream enregistre pour Coalition Records où l'on n'a pas l'habitude de traiter avec les pieds-tendres, et effectivement, ces trois Rotterdamois en no-look affiché ne donnent pas dans la berceuse. Leur rock nerveux et puissant évoque les grandes heures du hardcore américain (Fugazi, Shellac, l'écurie Touch & Go) et ils le délivrent avec une énergie et une force de conviction qui manquait cruellement aux The Je Ne Sais Quoi sur la même scène quelques heures plus tôt. De quoi donner envie de se pencher sérieusement sur leur dernier album en date, "You are happening".

 (Feverdream @Shadrak, 11.01.07, photo: rockomondo) 

Mais il faut déjà que je parte si je ne veux pas manquer le concert de Green Hornet, autre trio néerlandais à haute-énergie. Je n'ai pas loin à aller: De Spieghel est juste à coté de Shadrak (enfin presque... entre les deux il y a la porte qui conduit à ma chambre: c'est vous dire si je suis au coeur de l'action !). Il est déjà presqu'impossible d'entrer dans la salle tellement il y a de monde. A cette heure avancée de la soirée (il est 1h15), le public commence à être très chaud,  très gai, et à manquer quelque peu de stabilité en station debout. On est bousculé de toute part, on se fait baptiser à la bière et brûler aux cigarettes, le tout en foulant un tapis de verre pilé (incroyable: ici ils servent la bière dans de véritables verres !). Rock n' roll, baby ! Une ambiance tout à fait raccord avec ce qui se passe sur scène. Car Green Hornet sont de sérieux clients. Ce n'est pas pour rien s'ils ont été choisi par le vétéran André Williams ("Jailbait") comme backing-band de sa tournée européenne. Leur mélange de tradition (l'orgue vintage, prersque omniprésent) et de modernité (leur son compact et  déterminé, plus proche des Hives que des groupes sixties) allié à l'irresistible énergie dont ils font preuve fait monter encore une température déjà proche de l'ébullition. Les premiers rangs se mettent à tanguer furieusement, et ça va être coton pour prendre des photos (les pros, plus malins, sont arrivés très en avance et ont trusté les perchoirs). Sur la longueur pourtant - et cela vaut aussi pour le disque - on ne peut s'empêcher de ressentir une certaine lassitude le premier moment d'enthousiasme passé. L'inspiration du trio reste confinée dans un couloir bien trop étroit pour retenir l'attention plus de quelques morceaux. Et c'est dommage, car manifestement Green Hornet possède toutes les qualités pour devenir l'un des meilleurs groupes de rock n'roll du moment. Il leur manque peut-être le plus important: un répertoire qui soit à la hauteur de leurs capacités.

 (Green Hornet @ De Spieghel, 11.01.07, photo: rockomondo)

Bilan de cette première journée très contrastée: Vainqueurs haut la main: les danois Oh No Ono. Seconds incontestables: les suédois Johnossi. Troisièmes: Peter Bjorn & John en showcase à Plato, avec un regret amer: celui d'avoir choisi Islaja au lieu de retourner les voir le soir.

FEVERDREAM : "60 seconds" (extrait de "Future directions", 2003)

FEVERDREAM : "This big" (idem)

FEVERDREAM : "It's OK to hate me"

FEVERDREAM : "America"

Les morceaux de Green Hornet sont disponibles sur les pages publiées précédemment ici et .

Voyez aussi la page MySpace de Feverdream.

Achetez les disques de Feverdream.

Par J.P. Moya
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Dimanche 28 janvier 2007

Après tous les décibels encaissés la veille, quoi de mieux que la musique de Tunng pour commencer la deuxième journée du festival ? Justement, le groupe anglais se produit l'après-midi en showcase à Plato. Affichant une totale sérénité et un look néo-hippie (barbes, cheveux longs) en accord avec leur musique, le quatuor nous régale de quatre ou cinq chansons qui confirment l'urgence de se procurer leurs deux albums. En les voyant sur scène, je comprends mieux pourquoi, dans le précédent post que je leur avait consacré, j'avais dressé un parallèle entre Tunng et The Kings Of Convenience. Car c'est bien l'influence de Simon & Garfunkel - également une source d'inspiration limpide chez le duo norvégien - qui semble sous-tendre en permanence les chansons de Tunng. Et ceci bien qu'ils se réclament plutôt des folk-singers britanniques des années soixante. D'autres autour de moi citeront également Four Tet. Mais là où l'électronique constitue véritablement la base de la musique de ces derniers, elle n'est, chez Tunng, qu'un simple élément parmi d'autres. Retirez-là, et leurs chansons n'en resteront pas moins splendides. Un très joli moment.

 (Tunng @ Plato 12.01.07, photo: rockomondo)

Le soir venu, par qui commencer ? Je n'aime pas beaucoup l'album des belges Montevideo, et les Néerlandais Taxi To The Ocean, déjà vus ici-même en 2006, m'avaient ennuyés. Restent les italiens Yo Yo Mundi, les anglais The Girls et l'islandais Pétur Ben. Allez, essayons ce dernier, d'autant plus qu'il joue au Stadsschouwburg, un chaleureux théatre à l'italienne tout en velours et en stucs dorés où les années précédentes j'avais vu Ghinzu et El Tattoo Del Tigre. Mais dés qu'il apparait sur scène avec son look bien étudié et son groupe de mercenaires, il est évident que j'ai tiré le mauvais numéro. Ce garçon a manifestement confondu Eurosonic avec l'Eurovision (Quoique... depuis que ces derniers consacrent des groupes Heavy-Metal déguisés en monstres, on a un peu perdu nos repères...). Un deuxième morceau, pire que le premier, et c'en est assez. Il n'aura même pas droit à une photo. Que faire, à présent ? Si je tentais Anna Ternheim, que je n'ai pas eu encore l'occasion de voir sur scène malgré ses nombreux passages en France ? Seul problème, le vendredi soir, le public est encore plus nombreux que la veille, et bien que la soirée soit à peine commencée, il y a déjà la queue devant De Spieghel. Tant pis, direction le Shadrak juste à coté où se produisent les italiens Julie's Haircut. Je connaissais de ce sextet un EP très indie-rock sorti en 2003. Mais depuis beaucoup de choses ont changé. Composée la plupart du temps à base d'improvisations, la musique de Julie's Haicut affiche désormais un néo-psychédélisme de belle facture qui rappelle furieusement le Pink Floyd originel (Période "A Saucerful of Secrets" et "Zabriskie point") et le krautrock des débuts 70's (ce que viendra d'ailleurs confirmer une reprise de Can). Mais qu'on ne s'y trompe pas: ces italiens n'ont rien pour autant d'un simple groupe "revival". Loin d'être confinée dans le passé, leur musique fait preuve d'un son tout à fait contemporain, qui marie l'électronique au fracas des guitares et fait souvent preuve d'un beau pouvoir hypnotique. Proche dans son inspiration de groupes français comme Steeple Remove ou Cyann & Ben, Julie's Haicut reste assurément à découvrir.

 (Julie's Haircut @ Shadrak Up, 12.01.07, photo: rockomondo) 

Après Julie's Haircut, je me paie un petit sprint jusqu'à De Beurs pour y voir les norvégiens 120 Days que j'avais loupé à la récente soirée Spot On #1 à la Flèche d'Or (ils passaient après l'heure du dernier métro). Le concert est déjà bien commencé lorsque j'arrive, et la salle est bondée. Sur scène, 120 Days confirment qu'il sont bien les petits branlotins que j'avais soupçonné au vu de leur photo de presse. Le chanteur ondule dans son t-shirt artistiquement déchiré, et se la pête un maximum, bien qu'il ait visiblement tout juste l'âge de boire des bières en public. Mais force est de reconnaître que la musique, puissante et répétitive, génère un réel pouvoir d'envoûtement. Là encore, il est difficile de ne pas retrouver dans cette cacophonie soigneusement organisée l'influence évidente des groupes allemands du début des années 70. D'ailleurs, lors d'un long et mémorable morceau final, le groupe se lâche enfin. Le chanteur oublie ses poses pour entrer en transe et y entrainer tout le monde avec lui, musiciens comme public. De Beurs tout entier décolle, ce qui vaudra aux 120 Days une ovation bien méritée.

 (120 Days @ De Beurs, 12.01.07, photo: rockomondo)

TUNNG : "Woodcat"

JULIE'S HAIRCUT : "Satan eats Seitan (Galactus remix)"

120 DAYS : "Come out (Come down, Fade out, Be gone) "

Par J.P. Moya
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Lundi 29 janvier 2007

L'USVA est un espace culturel plutôt chicos et un peu excentré où se produisent les groupes les moins bruyants du festival. J'arrive en avance pour Loney, Dear, ce qui me permet ainsi de profiter des deux derniers morceaux de James Yorkston. En solo, la musique de l'écossais semble nettement plus mélancolique que lorsque je l'avais vu avec The Athletes il y a trois ans de cela, et l'ombre des grands folksingers anglais des sixties (Bert Jansch, Davey Graham, John Renbourn) semble planer au dessus de sa tête de plus en plus déplumée. Ecriture ciselée, voix chaude, joli jeu de guitare: de quoi imposer dans la salle un respectueux silence pas toujours de mise avec ce turbulent public festivalier.

Pas plus d'un petit quart d'heure pour changer les instruments (James Yorkston n'avait que sa seule guitare acoustique), et voilà les suédois Loney, Dear qui entrent en scène. Le groupe d'Emil Svanangen bénéficie déjà d'un joli bouche à oreille dans la blogosphère, et il suffit de quelques morceaux pour en comprendre la raison. Même si l'on n'en connaît pas la moindre note, la pop joyeusement triste des cinq suédois s'impose comme une évidence et vous touche droit au coeur. Nulle trace d'esbrouffe ici, pas de look tapageur, ni de jeu de scène exubérant. Mais une musique chaleureuse et inspirée, à l'électricité discrète, portée par des musiciens visiblement soudés autour de l'émouvant falsetto de leur leader. Tout ceci fonctionne même sans la moindre amplification, comme le démontre un passage totalement "unplugged" particulièrement réussi. Que ce soit dans le bleu des ballades acoustiques ou l'arc-en-ciel de leurs symphonies de poche, les chansons de Loney, Dear, sincères, authentiques, passionnées, ont fait plus d'un converti lors de ce précieux concert. A commencer par les programmateurs des festivals, qui dés la dernière note envolée se jetaient sur leurs portables (dixit Libé). Et votre serviteur qui retrouvait un Emil Svanangen encore ruisselant de sueur pour acheter illico du producteur au consommateur la discographie complête du groupe (trois albums à ce jour, dont deux sur CD-R. Le prochain, "Loney, noir" attend une sortie imminente chez Sub-Pop).

 (Loney, Dear @ USVA, 12.01.07, photo: rockomondo)

JAMES YORKSTON : "Song to the siren" (extrait de "Surf song" 7")

LONEY, DEAR : "I am John" (extrait de "Loney, noir", 2007)

LONEY, DEAR : "Hard days" (idem)

LONEY DEAR : "Saturday waits" (idem, extrait de 1'42")

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Par J.P. Moya
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Vendredi 2 février 2007

Terrible cas de conscience à 23h45 ! Pas moins de trois concerts intéressants commencent au même moment: la suédoise Hello Saferide dans la petite salle du Grand Théatre, les danois Dúné à Vera (LA salle rock locale) et les Belges Das Pop - de retour après un long silence - au Simplon. Cette dernière salle étant la plus éloignée du centre, je tente Hello Saferide que j'avais loupé au dernier festival Spot. Mais une queue conséquente s'est formée à l'entrée du Grand Théatre: il y a au bas mot de 20 à 30 minutes d'attente. Trop long ! Je cours donc à Vera, situé à deux pas, pour Dúné que j'avais de toute façon très envie de revoir aprés leur enthousiasmant concert à Spot en juin dernier. Le groupe a le chic pour introduire ses concerts avec le petit gimmick qui tue. A Spot, c'étaient des percussions façon Tambours du Bronx. Ici, ce sont les deux guitaristes, l'un très petit, l'autre très grand, qui face à face installent un climat pesant. Ceci jusqu'à ce que les cinq autres membres du groupe envahissent la scène et que tout se libère dans une incroyable explosion d'énergie.

Car malgré des décennies de concerts en tous genres, je ne crois pas avoir jamais vu un groupe qui bouge autant sur scène que Dúné. La Mano Negra, à côté, c'était les Petits Chanteurs à La Croix de Bois ! L'extrême jeunesse des musiciens (17/18 ans) y est sans doute pour quelque chose: là où d'autres du même âge se défoulent en bondissant sur leur matelas avec une raquette en guise de guitare, eux font ça pour de vrai sur scène. Et je soupçonne fort ce joyeux délire d'être moins désorganisé qu'il n'y paraît au premier abord. Chaque personnage tient un rôle bien défini: le chanteur au visage angélique et aux cheveux blonds qui-fait-craquer-les-filles, le guitariste-robot qui plaque mécaniquement des accords sur son instrument, yeux fixes et dos raide, le joueur de claviers extraverti qui bondit dans tous les sens avec son Casio portable, escalade les baffles de retour en grimaçant et harangue la foule en faisant de grands gestes, sans oublier la craquante succube aux synthés, seule à rester immobile au milieu de cette folie furieuse, et qui d'un seul regard derrière sa mèche brune vous transforme en statue de glace. 

Il y a comme une sorte de chorégraphie spontanée dans cette manière qu'ont les 7 musiciens d'occuper l'espace dans ses moindres recoins, de se rejoindre par couple ou par trio avant de se séparer de nouveau pour tenter d'autres combinaisons ou bien reprendre leur délire personnel. L'effet est celui d'un coup de poing dans le plexus. D'ailleurs le spectacle est aussi dans la salle, avec des spectateurs bouche bée et yeux écarquillés, s'échangeant des regards incrédules où l'on peut lire: "Non mais tu as vu ce que j'ai vu ?". Eh bien oui, on a vu ! C'est Dúné sur scène, et ce concert hollandais m'a encore plus impressionné que la première fois que j'avais vu le groupe ! Bon, tout ça c'est bien beau, me direz-vous, mais la musique ? Quoi, la musique ? Franchement, qu'est-ce qu'on en a à faire de la musique quand on a un show comme celui-là ? Le premier single officiel du groupe, "Bloodlines", nous propose une bombinette dynamique (forcément !), à la croisée du post-punk et de la new-wave. Sympathique, pour sûr, mais faut pas rêver: ce n'est pas demain la veille qu'on réussira à enfermer l'énergie insensée de Dúné dans une rondelle de plastique.

 (Dùné @ Vera, 12.01.07, photos: rockomondo)

On peut écouter et télécharger plusieurs titres des premières démos de Dúné sur cette page.

Visitez aussi leur page MySpace.

Achetez "Bloodlines".

Par J.P. Moya
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Samedi 3 février 2007

Après la claque Dùné, mon programme prévoyait de revoir zZz à De Spieghel. Mais là encore, impossible de rentrer. Dans la foule qui se presse devant l'entrée, j'ai la surprise de retrouver Jeroen Kleijn, batteur de Johan et boss du label Excelsior où enregistre justement zZz. Il m'explique que, venu tard avec des amis, il n'a pas pu entrer avec le groupe, et m'annonce la sortie prochaine sur son label du premier album de Moss, retour d'Excelsior à la guitar-pop qui leur est chère après l'embardée garage de Green Hornet. On avance décidément bien trop lentement pour pouvoir espérer arriver près de la scène avant la fin du concert. Tant pis, je laisse tomber zZz pour aller voir About au Simplon, la seule salle un peu excentrée du festival (mais très pratique pour ceux qui dorment à l'A.J.: c'est juste à coté).

About est un duo électro-rock formé de Rutger Hoedemaekers (laptop, synthés) et de l'ex-Seedling Marg van Eenbergen (guitare). Dès leur entrée en scène, les deux musiciens, habillés de blanc des pieds jusqu'à la tête, mettent tout de suite la barre très haut question énergie. Oubliez les tristounets tapoteurs de laptops courbés en deux presqu'immobiles, le visage éclairé par la lueur blafarde de leur écran. Ici, ça bouge et pas qu'un peu ! Car si Rutger Hoedemaekers vient de la techno, son show avec About est furieusement rock n'roll. A l'image de Marg van Eenbergen qu'on n'avait jamais vue aussi exubérante avec son propre groupe ! Ici, elle nous rejoue carrément Joan Jett à la puissance dix, occupant tout l'espace à elle seule et cisaillant sa guitare avec une détermination parfois presque effrayante. J'étais juste devant elle et je vous jure qu'à certains moments je n'en menais pas large. Cette fille n'avait manifestement plus tout à fait le contrôle de ce qu'elle faisait et le manche de son instrument passait parfois dangereusement près de ma mâchoire. C'est ce qui s'appelle être au coeur de l'action, mais avec ces deux énervés, inutile d'occuper le devant de la scène puisque c'est le groupe lui même qui descend dans le public, entamant un décoiffant face à face fille-garcon à qui impressionnera le plus l'autre. Un concert vraiment très très chaud qui s'est achevé par un triomphe prévisible. Et l'heure tardive aidant, le duo est même revenu pour un rappel, évènement tout à fait exceptionnel dans ce festival.

Il était deux heure et demie du matin, et temps peut-être de conclure cette seconde journée si l'on voulait profiter un peu de la troisième. Palmarès final pour ce vendredi 12 janvier: 1° Loney, Dear, vraiment LA révélation du jour, 2° ex-aequo Duné et About sans contestation possible.

 (About @ Simplon Up, 12.01.07, photos:rockomondo)

ABOUT : "Strike you as the enemy"

ABOUT : "Think Niles drink"

Visitez la page MySpace d'About.

Et celle de Gram, le projet personnel de Marg van Eenbergen (premier album prévu cette année)

Achetez l'album d'About.

Par J.P. Moya
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Lundi 5 février 2007

Samedi après midi. Un petit tour à Plato où les showcases continuent à un rythme soutenu. Au programme aujourd'hui - entre autres - El Pino & The Volonteers, un très bon groupe d'Americana signé récemment chez Excelsior et qui joue également à Noorderslag ce soir (je vous en parlerai à cette occasion), et la toute jeune Roos Rebergen alias Roosbeef, dont je vous avais déjà parlé ici. Les joues presqu'aussi rouges que ses cheveux (l'effet du stress, sans doute), Roos Rebergen nous a interprété quelques morceaux de son premier EP autoproduit. L'occasion de constater que si elle se débrouille fort bien pour écrire des chansons, il lui reste encore quelques petites choses à apprendre dans la façon de les interprêter. L'art de la nuance, notamment, sans lequel il n'y a pas d'émotion. Et malheureusement, ce n'est pas son groupe plutôt balourd qui va l'aider dans ce domaine. Mais à 17 ans, Roosbeef a tout le temps de progresser. On lui donne rendez-vous dans une paire d'années.

A peine le showcase de Roosbeef terminé, je file vers les quartiers nords où doit se tenir un des fameux concerts en appartements "Live In the Living" de Rick Treffers. Cette fois-ci, le spectacle a lieu dans un des bateaux-appartements amarrés à l'année sur les canaux qui enserrent le centre-ville. Ce n'est pas la première fois que je vois un concert sur un bateau (La Guinguette Pirate, le Batofar), mais ça ne m'était jamais arrivé sur une maison-flottante. Exceptionnellement, pendant le festival, l'entrée est gratuite, et on se retrouve à une vingtaine de personnes dans la pièce principale d'une péniche, accueillis par la famille fort sympathique qui y vit.

La formule des concerts "Live In the Living" est toujours la même: trois groupes ou artistes - sans amplification - qui se succèdent pour de courts sets d'environ 20 minutes chacuns, le tout repété deux ou trois fois. C'est à Storybox (à ne pas confondre avec les belges Superbox) que revient l'honneur d'ouvrir les festivités. Storybox est un groupe d'Utrecht qui signe un folk-rock mélodique tout en délicatesses mélancoliques, un genre dans lequel les hollandais, de Mist à Brown Feather Sparrow en passant par Audiotransparent, semblent décidément exceller. De quoi donner envie de découvrir très vite leur second album "A fool's attempt" paru l'année dernière chez Munich. C'est la chanteuse américano-néerlandaise Signe Tollefsen qui prend la relève, dans une jolie formule voix-guitare-contrebasse. La demoiselle chante bien, ses chansons sont agréables, mais tout ceci souffre d'un certain manque de personnalité dans un genre où la concurrence est rude actuellement et où certaines (Frida Hyvönen, El Perro del Mar...) ont placé la barre assez haut. A voir cependant son très joli site internet à l'ambiance bien plus américaine que néerlandaise. Enfin, c'était à nos vieux amis King Me de refermer le set dans une version allégée en trio (deux guitares, un orgue à soufflet). Leur tout nouvel album "Guide Down" est une réussite à laquelle il faut donner le temps de se laisser apprivoiser. Pas le genre d'album où l'on va chercher la chanson accrocheuse, mais plutôt un disque qu'il faut laisser infuser longuement avant qu'il révèle toutes ses fragrances. Dans cette interprétaton totalement acoustique, les chansons plutôt électriques et parfois trés arrangées (sur disque) de "Guide Down" passent sans aucun problême. Et King Me apparaît pour ce qu'il est: un groupe qui - n'attendant pas ça pour vivre (le chanteur-auteur-compositeur Michael Milo est psychologue) - fait sa musique dans une totale liberté et une totale honnêteté. On reparlera d'eux ici-même bientôt.

SIGNE TOLLEFSEN : "It smells of you"

KING ME : "My Maria" (extrait de "Guide down", 2007)

STORYBOX : chansons en écoute sur leur page MySpace.

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Par J.P. Moya
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