Groningen est sans doute une ville très agréable, mais elle l'est beaucoup moins lorsque la tempête sévit sur la mer du nord: ciel plombé, pluie continue, et un vicieux vent du nord qui souffle en bourrasques dans les rues de la cité, arrachant les tuiles aux toits des maisons flamandes et jouant au "Domino day" avec les bicyclettes garées sur la Grand Place. Il n'y a plus qu'a souhaiter que la musique de cet Eurosonic 2007 soit meilleure que la météo, ce qui ne devrait pas être bien difficile. C'est en "off" que les festivités commencent avec les showcases organisés par Plato, l'un des meilleurs disquaires locaux. Derrière le comptoir, j'y retrouve Michel, le batteur d'Audiotransparent, dont vient de sortir une merveille de single hivernal (bientôt dans l'émission). Le magasin dispose d'une mezzanine où sont vendus d'habitude les disques d'occasion et qui fait office de scène. Une, venu en voisin de Leeuwarden, est le premier groupe à s'y produire. Leur chanson "Little things", disponible sur leur site internet, m'avait suffisamment séduit pour que je leur consacre ici-même une page récemment. Et l'écoute de leur premier EP "Living with Lotte" prouve que je ne m'étais pas trompé, avec quatre autres morceaux (+ deux nouveaux dans la seconde édition) dans un même registre acoustique et mélancolique qu'on aurait aimé retrouver ici. Sauf que le groupe ce soir a décidé de jouer électrique. Pourquoi pas... mais après un début plutôt prometteur, tout se délite. Les musiciens manquent d'assurance, la mise en place est approximative, les effets dramatiques un peu trop appuyés. Et l'on peine à retrouver ce qui nous avait tant charmé sur le disque. Dommage, d'autant plus qu'Une ne semblait pas avoir encore tout dit dans cette veine semi-acoustique qui leur réussit si bien.
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Ce sont les suédois Peter Bjorn & John qui prennent la relève, tout auréolés du succès récent de leur troisième album "Writer's block". Le trio, visiblement très décontracté et d'excellente humeur, délivre un set de cinq morceaux - parmi lesquels les inévitables "Young folks" et "Paris 2004" - auquel on aura du mal à apporter la moindre critique. Alors on s'attarde sur les détails. Comment font-ils par exemple pour rendre sur scène le son des différents instruments entendus sur le disque alors qu'il ne sont que trois, tous déjà très occupés ? Réponse: un sampler utilisé par le batteur: hop, quelques coups de baguettes et vous avez un son d'orgue. Même la fameuse mélodie sifflée de "Young folks" est samplée, mais là ils auraient pu s'en passer: le public faisait ça très bien. Pour finir, le groupe nous annonce une invitée et revient avec une figurine publicitaire grandeur nature de la chanteuse Erykah Badu. Animée à l'arrière par un employé du magasin, elle dansera une gigue endiablée durant tout le dernier morceau. Bonne ambiance qui donnerait presque envie de retourner les voir le soir. Mais à la même heure passe la finlandaise Islaja et j'ai déjà fait mon choix.
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UNE : "Little things"
PETER BJORN AND JOHN : "Young folks"

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