Rockomondo

Rockomondo est une émission diffusée chaque jeudi soir de 21h00 à 23h00 sur Radio Primitive (92.4, Reims et la région) et en version courte de 22h00 à 23h00 sur Euradio (101.3, Nantes). La programmation en est principalement rock, pop, folk et électro, en majeure partie indépendante (mais pas seulement), et surtout axée sur les productions de pays autres que l'Angleterre et les Etats-Unis.

Ecoutez Rockomondo

Rockomondo est aussi un site internet en anglais relatif à l'émission www.rockomondo.com actuellement en sommeil dans l'attente d'un nouveau design. Mais vous pouvez toujours y consulter de nombreuses archives.

Enfin Rockomondo a une page MySpace, où vous trouverez toute l'actualité de l'émission et où vous pourrez rejoindre nos amis.

Contact Courrier:

ROCKOMONDO

19 rue de Courcelles

51100 Reims

France

Présentation

Catégories

Recommander

Concours

Spot 2007

Vendredi 29 juin 2007

"Nous nous sommes installés à Berlin" (variantes: "Nous allons nous installer à Berlin" ou "Nous pensons nous installer à Berlin"): voilà ce qui a été - et de loin - le refrain le plus populaire du dernier festival Spot. A croire que la capitale allemande possède une irrésistible force d'attraction pour les groupes et les labels danois. Il faut dire que vivre de sa musique - et a fortiori du rock indépendant - reste une gageure dans un pays peuplé seulement d'un peu plus de cinq millions d'habitants. Autrement dit rien du tout comparé aux 82 millions d'allemands. Berlin offre bien des avantages: position stratégique au coeur de l'Europe, proximité du Danemark, une scène alternative dynamique, des loyers modérés dans l'ancien Berlin-Est, la possibilité de profiter des bons réseaux de distribution et du maillage serré de salles allemand, bref toutes les raisons de sauter le pas. Et pour ceux qui hésitaient encore, l'assaut et la démolition façon "Apocalypse now" d'Ungdomshuset, squat culturel historique du quartier de Nørrebro (revendu par la ville de Copenhague à une secte chrétienne fondamentaliste !) ont fini de les décider. Cette expulsion / destruction particulièrement musclée, tout comme la répression féroce des manifestations qui ont suivi, ont été ressenties ici par beaucoup comme un véritable traumatisme. S'il est clair que la scène rock Danoise n'a jamais été aussi active et florissante - les concerts de ce treizième Spot Festival l'ont amplement démontré - il est tout aussi clair, pour ses acteurs, que son avenir est ailleurs.

 (Marybell Katastrophy @ Spot 13, photo: Mikkel Elbech)

Comme toujours, Spot a commencé le jeudi soir dans la grande salle du Musikhuset par la très (pas tant que ça, en fait) solennelle soirée d'ouverture. On n'a pas échappé aux discours interminables (encore plus d'ailleurs lorsqu'on n'en comprend pas un mot), ceci avant d'arriver - enfin ! - dans le vif du sujet: la musique. Une tradition bien établie veut que la soirée d'ouverture de Spot soit toujours plus ou moins ratée, et celle-ci n'a pas fait exception à la rêgle. Sur le papier, pourtant, l'affiche semblait particulièrement allèchante: Marybell Katastrophy, apprécié à Reims quelques semaines plus tôt sur la scène format timbre-poste de l'Appart' Café, et que j'étais curieux de revoir dans cette salle de 1600 places avec costumes, mise-en-scène, choeurs et invités. Et The National Bank, le supergroupe norvégien de Thomas Dybdahl et divers musiciens de Jaga Jazzist, de Big Bang et de Susanna & the Magical Orchestra, qui jouait pour la première fois hors de ses frontières.

Entre deux loups géants aux yeux phosphorescents (c'était le décor, je n'avais rien bu), Marybell Katastrophy entre en scène, habillé(es) de curieux costume rétro-futuristes. Visuellement, c'est très réussi, les éclairages du Musikhuset sont comme toujours irréprochables et à l'arrière-plan les dix choristes disparaissent dans une sorte de manchon géant dont n'émergent que leurs têtes. Le tout évoque une ambiance très féérique, à mi-chemin entre "Alice aux pays des merveilles" et "Le pacte des loups".  Pour qui connaissait les versions démo enregistrées par Marie Højlund en solo, ses chansons ont pris une belle étoffe depuis que Marybell Katastrophy est devenu un véritable groupe. Mais est-ce la faute à la vaste scène du Musikhuset qui sépare les musiciens les uns des autres, ou encore à un trac bien compréhensible devant ce concert de prestige et l'important public venu les voir, en tout cas Marybell Katastrophy - sans démériter - peine à retrouver la rayonnante énergie de leur concert rémois. Face à l'enjeu, Marie et ses acolytes semblent se retenir, et leur application évidente à bien faire donne malheureusement à leur prestation un côté un peu figé. Dommage. Le groupe se rattrapera le lendemain dans une salle plus modeste en livrant, d'après des espions dignes de confiance, l'un de ses tous meilleurs concerts.

 (The National Bank/Thomas Dybdahl @ Spot 13, photo: Mikkel Elbech)

Si Marybell est une demi-déception, que dire alors de The National Bank ? Depuis ce concert j'ai ré-écouté d'innombrables fois leur premier (et pour l'instant unique) album, que j'aime toujours autant que lorsque je l'avais découvert il y a un plus de deux ans. Alors comment expliquer ce somptueux naufrage ? Tout ce qui était suggéré sur l'album est ici asséné, surligné sans finesse. Martin Horntveth tape comme un sourd sur ces fûts, les autres touillent une bouillie pour le moins indigeste, Thomas Dybdahl lui-même - que j'avais vu bouleversant à Eurosonic - semble ne se reposer que sur sa seule technique, incapable de provoquer le moindre frisson d'émotion. Mais la palme revient quand même à Morten Qvenild au claviers. Difficile de croire que c'est le même homme qui officie sur la musique tout en retenue et en finesse de Susanna & The Magical Orchestra. Au sein de The National Bank, il se montre tout simplement insupportable, noyant la musique dans de stériles démonstrations de virtuosité, le tout culminant avec deux innommables solo prog-rock (accueillis par les applaudissements nourris du public !) comme je n'en avais plus entendu depuis... Utopia ? On tenait là la preuve par A +B qu'on ne peut vraiment juger les artistes qu'après les avoir vu sur scène. Tant pis pour moi, qui ait découvert à cette occasion que le groupe à qui j'avais consacré le premier post de ce blog ne valait en fait pas une cacahuète.

A ré-ecouter et à revoir:

MARYBELL KATASTROPHY : "Slabiak"

MARYBELL KATASTROPHY : "Nightwalk"

(clic droit et "Enregister la cible sous...")

THE NATIONAL BANK : "Tolerate" (vidéo-clip)

Par J.P. Moya
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires - Recommander
Dimanche 1 juillet 2007

A la question de savoir si j'ai vu Taxi, Taxi ! à Spot 2007, la réponse est oui, je les ai vues...  le lendemain de leur concert, en train de faire du shopping dans les rues d'Aarhus tout en picorant des pousses de soja. Parce que le soir même où elles jouaient, c'était mission impossible. Le buzz autour des deux jumelles suédoises a fait son oeuvre: la salle était pleine et le service d'ordre ne laissait entrer les nouveaux arrivants qu'au fur et à mesure des sorties. Manque de bol, personne ne sortait, ce qui laisse à penser que ce qui se passait à l'intérieur n'était pas si mal. D'ailleurs, à défaut d'avoir l'image, on en reçevait quelques échos sonores, et ça paraissait effectivement très bien. Mais bon, il en fallait quand même plus pour me faire rester là alors qu'il se passait tant d'autres choses intéressantes ailleurs. Direction Train, l'une des deux salles "rock" de la ville, où se produit A Kid Hereafter. J'avais adoré leur premier album "Rich Freedom Flavour" et le clip de "Secret Service", déjà proposé ici, me laissait penser qu'on pouvait raisonnablement espérer passer un bon moment avec eux.

 (A Kid Hereafter/ Frederik Thaee @ Train, 31/05/2007, photo: rockomondo)

Et effectivement, dés que le groupe entre en scène, il se passe indéniablement quelque chose. Sur la droite, trois fées clochette pince-sans-rire, préposées respectivement au violoncelle, aux claviers et aux choeurs. Sur la gauche un tandem guitare-basse amateur de poses rock n'roll à trois balles et un batteur iggypopesque enfermé dans une cage de verre (il mord ?), tous élégamment vétu de joggings rose-fushia hormis le guitariste en total look cow-boy et le batteur déjà presqu'à poil. Au milieu, l'hallucinant Frederik Thaee, croisement improbable entre Valentin le désossé, Raspoutine et Barberousse le pirate ! Le problème avec A Kid Hereafter, c'est qu'ils n'arrivaient pas à se décider pour un style de musique bien particulier. Du coup, ils les jouent tous ensemble: pop, surf-punk, heavy-métal, reggae, hardcore, ska, prog-rock, rien ne les arrête, et hop ! une pincée de Supertramp par-ci, et zou ! une lichette de Queen par-là... Je sais bien, dit comme ça, ça fait un peu peur. Mais le vrai miracle de cette histoire, c'est que non seulement A Kid Hereafter arrive à tirer un résultat cohérent d'ingrédients aussi hétéroclites, mais que celui-ci se révèle en plus particulièrement goûteux. Le groupe dispose de trois atouts majeurs: un sens mélodique inné, un irrésistible sens de l'humour (avec une bonne dose de second degré), et une énergie scénique complêment débridée.

 (A Kid Hereafter/ Hanna Headbanger @ Train, 31/05/07, photo: rockomondo)

Dans ces conditions, difficile de résister. L'album, déjà, n'engendrait pas la mélancolie, mais c'est sur scène que A Kid Hereafter donne sa vraie mesure. La violoncelliste minaude, la choriste joue les Droopy, les gratteux évacuent leur trop plein de testostérone façon Spinal Tap, le batteur s'échappe de sa cage (il mord !) et au milieu Frederik Thaee qui fanfaronne, gesticule, court dans tous les sens, claque les mains tendues du public, agite frénétiquement sa tignasse et sa barbe rousse: un personnage ! Comme c'est le dernier groupe de la soirée, on a même droit - faveur rare dans ce festival - à un rappel: trois morceaux 100% hardcore (sans les fées clochette restées dans les coulisses). Wow ! le festival avait à peine commencé et j'avais déjà eu droit à l'un des meilleurs concerts que j'ai vu depuis des lustres ! Bon, c'était décidé: j'allais rester les deux jours suivants. 

A revoir: le clip de "Secret service"

Par J.P. Moya
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires - Recommander
Lundi 2 juillet 2007

Le lendemain, c'est à nos vieux amis de Green Concorde que revient l'honneur d'ouvrir réellement le festival au Ridehuset, un ancien manège à chevaux. La parution tardive de leur (très réussi) premier album, "Ten cities" a conduit le quintet à re-exploiter sur scène un répertoire déjà vieux de plusieurs années. Et lorsque je leur demande un peu plus tard s'ils n'en n'ont pas un peu assez de jouer encore et toujours ces anciens morceaux, ce sera un cri du coeur unanime: "On n'en peut plus !". Pour autant, sur scène, le groupe n'en laisse rien paraître et joue serré, tendu, mordant. Tout sauf du pilotage automatique. A force d'interprêter le même répertoire, les musiciens ont acquis une impressionnante cohésion et leur post-punk sombre et cinglant sonne encore mieux ce soir que lorsque j'avais vu le groupe il y a deux ans au même endroit. A la fin, cerise sur le gâteau, on aura même droit à un titre inédit, promesse - on l'espère - de belles choses à venir.

 (Green Concorde @ Ridehuset, 01/06/07, photo: rockomondo)

GREEN CONCORDE : "Detroit"

GREEN CONCORDE : "2:26 (Supertroels remix) "

GREEN CONCORDE : "2:26 (Marybell Katastrophy remix) "

Je ne sais pas très bien à quoi m'attendre en allant voir Prins Nitram à Filuren, la plus petite salle du Musikhuset. Il y a quelques jours encore, je ne connaissais rien de lui. J'ai fait sa découverte sur le site internet de Spot qui propose quelques morceaux en écoute, et ça m'a bien plu: une sorte d'équivalent cheap d'Existensminimum avec une musique très pop, très cinématographique, flirtant souvent avec l'easy-listening, mais basculant aussi parfois dans des choses bien plus étranges, avec une approche très lo-fi. Pour ce dernier point, l'explication est simple: Prins Nitram est un one-man band, projet d'un certain Martin Dahl aux allures de crooner en déconfiture. Etrange personnage, vraiment: le costume est en lamé-or, mais le pantalon tirebouchonne sur les chaussures. La moustache conquérante, mais la mèche de cheveux un peu lourde. Sur scène Martin Dahl chante, tout en officiant parfois à la basse, parfois à la batterie, parfois aux deux en même temps. Mais en fait il n'est pas vraiment seul car derrière lui, projetés sur un écran, d'autres Martin Dahl absolument identiques au premier se chargent des autres instruments. L'effet est très spectaculaire, d'autant plus que sur l'écran, les personnages apparaissent et disparaissent, se dédoublent, grandissent ou rapetissent dans un étonnant ballet synchonisé à la musique. Comme cette dernière confirme la bonne impression laissée par les morceaux du site internet, l'ensemble forme un spectacle tout à fait enthousiasmant. Prins Nitram terminera son concert par un morceau a capella, bati graduellement suivant la bonne vieille technique des "loops". On attendra avec impatience son premier album prévu l'hiver prochain chez White-Out.

 (Prins Nitram @ Filuren, 01/06/07, photo: rockomondo)

PRINS NITRAM : "Arrogance"

D'autres morceaux de Prins Nitram trouvent sur sa page MyMusic.dk (il faut s'inscrire -c'est gratuit - pour pouvoir télécharger)

Par J.P. Moya
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires - Recommander
Mardi 3 juillet 2007

Allez un petit détour vite fait par la tente des labels, histoire de mettre la main sur quelques CD-samplers gratuits tant qu'il en reste encore. Tiens, qui traine par là ? Ne serait-ce pas Yebo, Grand Ordonnateur en titre du label Crunchy Frog ? Rien d'étonnant à cela, car ce sont justement ses poulains de Wolfkin qui s'apprêtent à se produire en showcase sur la scène du DUP, l'association qui réunit les meilleurs labels indépendants danois. J'avais déjà vu Wolfkin l'année dernière et c'était la première fois qu'un groupe Crunchy Frog ne m'avait pas totalement convaincu. Mais depuis, leur premier album "Brand new pants" s'était vite imposée comme une petite merveille d'Euro-pop stylée, au point de devenir l'un des disques les plus diffusés dans Rockomondo ces derniers mois. J'avais donc toutes les raisons d'être heureux de les revoir, sauf que les conditions pour le moins spatiates de ce showcase augmentées d'incessants problêmes techniques ont rendu ces retrouvailles un peu moins réussies qu'elles auraient dû l'être. Pas de chance. Il faudra que je revoie un jour Wolfkin lors d'un VRAI concert, à présent que je connais et que j'apprécie leur répertoire.

 (Wolfkin @ DUP stage, 01/06/07, photo: rockomondo) 

Tout ça m'a fait rater les premiers morceaux de The Kissaway Trail, quelques dizaines de mêtres plus loin, sous la grande tente d'Officerspladsen. Lorsque j'arrive, une foule compacte se presse déjà devant la scène avec, dans les premiers rangs, une moyenne d'âge qui chute de façon spectaculaire et des éléments masculins plutôt rares. Le groupe a semble-t-il tiré un certain prestige de sa signature sur le label anglais Bella Union et de la distribution internationale de l'album qui porte son nom. Il est vrai qu'on pouvait y constater de notables progrès depuis leurs débuts il y a deux ans sous le nom de Isles. Néanmoins, The Kissaway Trail (l'album) ne tenait pas tout à fait les promesses de son excellent premier single, "Smother + Evil = Hurt" et s'égarait souvent dans l'emphase et la grandiloquence. Sur scène, c'est pire encore: Le manque de charisme des musiciens - on croirait voir un groupe de lycée - contraste cruellement avec les hautes ambitions affichées de leur musique. Ces hymnes héroiques devraient nous soulever de terre, ils nous laissent indifférents. Malgré tout, quelques morceaux bien supérieurs aux autres (le déjà cité "Smother + Evil", "Sometimes I'm always black") laissent deviner que The Kissaway Trail pourrait se montrer capable de beaucoup mieux. Mais il leur faudra encore beaucoup travailler avant d'espérer égaler Mew ou Arcade Fire, les deux modèles qu'ils ont visiblement en ligne de mire.

 (The Kissaway Trail @ Officerspladsen, 01/06/07, photo: rockomondo)

Une chronique en francais de l'album de Wolfkin "Brand new pants" .

A ré-écouter:

WOLFKIN : "These are illusions" (extrait de "Brand new pants")

THE KISSAWAY TRAIL : "Smother + Evil = Hurt" (extrait de "The Kissaway Trail")

Par J.P. Moya
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires - Recommander
Dimanche 8 juillet 2007

En descendant Vester Allé depuis l'esplanade du Musikhuset où se tiennent la plupart des manifestations du festival, on passe devant Aros, le superbe Musée d'Art Moderne, et on arrive au Voxhall, l'une des deux salles "rock" importantes de Aarhus. Je profite d'un léger creux dans la programmation (un quart d'heure ?) pour aller y jeter un coup d'oeil aux petits nouveaux 1 2 3 4. Et là, surprise, je reconnais dans le chanteur un type que je vois tous les ans à Spot et que, persuadé qu'il était musicien, j'avais abordé à un stand il y a quelques années en lui demandant s'il faisait bien partie d'un groupe. Ce jour-là la réponse avait été "non", mais je constate qu'elle aurait du être en fait "pas encore". C'est à croire que - hormis les gens des médias - tout le monde ici fait, a fait, ou fera partie un jour d'un groupe ! Loin d'être déplaisante, la pop à guitares de 1 2 3 4 peine néanmoins à susciter un grand enthousiasme. Leur CD-promo de quatre titres procure un peu la même impression aux premières écoutes, mais finit cependant par distiller un charme certain quoique volatil. Il faut bien que le groupe ait quelques qualités pour avoir rassemblé sur son berceau des parrains du calibre de Jim Holm, leur manager, pionnier du rock indé danois au début des années '90 avec son légendaire label Cloudland, et Nikolaj Nørlund (Rhonda Harris) qui vient de les signer sur son propre label Auditorium. Pas le genre de personne à s'engager à la légère. Du coup, on ferait bien de garder 1 2 3 4 à l'oeil pour leur album prévu à la rentrée.

 (1 2 3 4 @ Voxhall, 01.06.07, photo: rockomondo)

Pas moyen de rester jusqu'à la fin du concert de 1 2 3 4 si je ne veux pas louper le début de celui des Lionheart Brothers. Hop, un petit sprint jusqu'au Ridehuset (ça grimpe, la vache !) et j'arrive devant la scène juste au moment où les norvégiens y font leur entrée. Après leur très sophistiqué second album "Dizzy kiss", The Lionheart Brothers se trouvaient face à deux possibilités pour l'interprêter sur scène: soit le rejouer très proprement et note pour note (ce qui avait été l'option choisie l'année précédente par les Danois Diefenbach), avec le risque pas négligeable de délivrer un prestation un peu figée (Diefenbach encore). Soit d'en livrer une version brute de décoffrage, certes moins rafffinée que sur le disque, mais aussi bien plus vivante. C'est cette seconde solution qu'ont choisi à juste raison The Lionheart Brothers, et pourtant, rien à faire, ça ne décolle pas. Il faut dire que le son plutôt médiocre est loin de rendre justice à leurs qualités mélodiques et harmoniques. Mais il y a aussi autre chose qui vient du groupe, comme un manque d'implication. Ces garçons que j'avais déjà vu sur scène à fond dans leur truc au sein de projets personnels comme Serena Maneesh ou 120 Days semblent ici curieusement en retrait. Du coup, ce concert que j'attendais avec impatience se transforme très vite en semi-déception. Peut certainement mieux faire.

 (The Lionheart Brothers @ Ridehuset, 01/06/07, photo: rockomondo)

Découvrez la musique de 1 2 3 4 sur leur page MySpace.

THE LIONHEART BROTHERS : "Hero anthem" (extrait de "Dizzy kiss", 2007)

Par J.P. Moya
Ecrire un commentaire - Voir les 1 commentaires - Recommander
Lundi 9 juillet 2007

Parmi les bonnes surprises découvertes en arrivant à Spot, deux tentes sur l'esplanade du Musikhuset abritant des petites scènes dont la programmation n'était pas répertoriée au programme officiel: celle du DUP (l'organisation qui fédère les labels indépendants danois, on en a déjà parlé ici) et celle de Enna Bella, une association qui oeuvre à la promotion d'artistes féminines indépendantes (pas seulement danoises). L'affiche que nous proposait Enna Bella durant ces deux jours de festival était plus qu'alléchante, jugez-en plutôt: Heidi Mortenson (DK), Wendy mcNeill (SE), Munck // Johnson (DK); Addicted to Ridge (DK) et surtout Said The Shark (CAN-DK) dont l'apparition inattendue relevait de la divine surprise après un premier album qui reste - au moins pour moi - un des sommets discographiques de l'année 2006. Pour l'instant, c'est Heidi Mortenson qui s'y colle, danoise de naissance mais élevée à Barcelone où elle a commencé à faire de la musique, et vivant à présent - comme tout le monde ici semble-t-il - à Berlin. Heidi Mortenson pratique une electronica ludique et malicieuse, bricolée à base d'un laptop et d'une multitude d'accessoires hétéroclites allant de la trompette de théatre au micro-téléphone en passant par un kazoo et des jouets en tout genre. Truffée de gimmick sonores et visuels, sa prestation en one-woman band n'ennuie pas une seconde, même lorsqu'elle s'oriente vers des morceaux plus délibérément orientés dance-floor. Impossible de rester jusqu'à la fin cependant car Moi Caprice se prépare au même moment à entrer en scène au Ridehuset. Mais je me promets de jeter une oreille sur son nouvel album "Don't lonely me" (paru depuis le 2 juillet chez Wired)

 (Heidi Mortenson @ Enna Bella tent, 01/06/07, photo: rockomondo)

Affluence prévisible de très jeunes filles aux cheveux blonds et aux joues roses devant la scène où se produit Moi Caprice. On y assiste en outre au retour de la fille aux bulles de savon, déjà repérée ici-même l'année dernière. Comme son nom l'indique, la fille aux bulles de savon ne se déplace jamais sans son flacon d'eau savonneuse et passe tout son temps à souffler de légères sphères irisées vers ses groupes préférés. Elle a même fait des émules cette année: ça envoie des bulles de tous les côtés, ce qui explique sans doute que les organisateurs du festival aient fait l'économie d'une machine produisant le même effet. Quand à Moi Caprice. ils exploitent à fond le style romantique qui leur va si bien: mélodies pur-sucre, arrangements early-eighties raffinés, paroles explorant encore et toujours les affres et les tourments des relations amoureuses, et par dessus tout ça la voix de velours de Michael Møller et son jeu de scène si curieusement théatral. Comme le répertoire actuel du groupe, basé en grande partie sur leur dernier album "The art of kissing properly", est bien meilleur que celui proposé il y a deux ans, tout fonctionne parfaîtement. Les filles adorent, ce qui était manifestement le but recherché, et même moi qui fait le malin au bar en sirotant un bière d'un air entendu, je dois bien admettre que je suis un peu jaloux et admiratif. 

 (Moi Caprice / Michael Møller, Ridehuset 01/06/07, photo rockomondo)

Ecoutez Heidi Mortenson sur sa page MySpace.

MOI CAPRICE : "For once in your life, try to fight for something you believe in" (extrait de "The art of kissing properly", 2007).

Par J.P. Moya
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires - Recommander
Mercredi 11 juillet 2007

Retour à la tente Enna Bella pour ce qui restera sans doute la plus belle surprise de ce Spot 2007: le showcase inattendu de Said the Shark, projet de la canadienne Maya Saxell accompagnée du danois Kim Oxlund. Leur premier album "Always prattling on about wolves" avait été pour moi un (LE ?) sommet musical de l'année 2006, un disque qui n'a jamais quitté la proximité immédiate de ma platine depuis sa parution et dont je soupçonne qu'il va y rester encore pour longtemps. Comment résister en effet à ces morceaux en apesanteur, à la bouleversante félure dans la voix de Maya Saxell, aux étonnants paysages pointillistes crées par Oxlund pour les mettre en scène ? Le showcase de Said The Shark permet aussi de satisfaire une curiosité toute simple: savoir enfin à quoi ressemble Maya Saxell qui, sur toutes ses photos de presse, trouve le moyen de se cacher le visage.

(Said The Shark / Maya Saxell @ Enna Bella tent, 01/06/07, photo:rockomondo)

En fait, Maya Saxell ressemble à sa musique. Elle est telle qu'on se l'imaginait en écoutant ses chansons: blonde, fine, pâle, presque diaphane. Seule sa robe d'un rouge vif semble lui donner un semblant de matérialité. Et pourtant, quelle présence ! Maya Saxell chante presque sans bouger, un peu gauche, le regard obstinément fixé au dessus de la tête des spectateurs. Ses chansons sont d'une simplicité extrème: un tempo proche de l'immobilisme, quelques accords de guitare repétés encore et encore, et cette voix, ce presque murmure qui consume à petits feux tous ceux qui - inconscients ou  téméraires - ne craignent pas de s'y brûler. A ses côtés, privé de ses jouets de studio et confronté à une technique capricieuse, Kim Oxlund se contente de jouer les utilités en soulignant les mélodies de son glockenspiel ou bien en y ajoutant quelques notes de guitare acoustique. C'est tout. Et c'est simplement magnifique. Je serai bien incapable de vous dire quels morceaux à joué Said The Shark ce soir-là (le sublime "Runaround", j'en suis presque sûr et sans doute une bonne partie de l'album), ni combien temps ils sont restés sur scène et moi sans respirer (le savoir m'aurait sans doute permis de battre un record du monde d'apnée), pour un peu j'en aurai presque oublié de prendre des photo. J'ai dit "presque". La preuve plus haut que ce rêve n'en était pas tout à fait un.

SAID THE SHARK : "No getting over you" (extrait de "Always prattling on...", 2006)

Ecoutez aussi la musique de Said The Shark sur sa page MySpace

  

SAID THE SHARK : "Blame the view" (vidéo-clip réalisé par Jamie Tolagson). 

Par J.P. Moya
Ecrire un commentaire - Voir les 1 commentaires - Recommander
Samedi 14 juillet 2007

Sans même prendre le temps d'échanger quelques mots avec Said The Shark une fois leur concert terminé, je fonce au Musikhuset pour ne pas manquer le début de celui de Rhonda Harris. Formation à géométrie variable, Rhonda Harris ne comprend qu'un seul et unique membre permanent: Nikolaj Nørlund, pionnier du renouveau rock danois au début des années '90 et aujourd'hui figure tutélaire de la nouvelle scène locale. Aprés la séparation de Trains & Boats & Planes, le groupe qui l'avait fait découvrir, Nørlund poursuit de manière parallèle ses activités en solo (en danois) et avec Rhonda Harris (en anglais). Il dirige également le label Auditorium (Lise Westzynthius, I Got You On Tape, Superjeg) où l'on ne s'étonnera pas qu'il manifeste dans ses choix la même exigence artistique que celle qu'il impose à sa propre musique. Il y a deux ans, les programmateurs de Spot s'étaient montrés bien peu respectueux de ses irréprochables états de service en programmant Nørlund... dans la cafétéria ! Cette année, il retrouve enfin un cadre à la mesure de son talent dans la grande salle du Musikhuset.

 (Rhonda Harris @ Store Sal, Musikhuset, 01/06/06, photo: rockomondo) 

Rencontré à Paris il y a quelques mois lors de la soirée Spot #1 à la Fléche d'Or (où il avait accompagné I Got You On Tape), Nørlund nous avait confié sa satisfaction d'avoir réuni dans la dernière mouture de Rhonda Harris quelques uns des meilleurs musiciens danois du moment. Le concert de ce soir en apporte une confirmation éclatante. Loin de la prestation plutôt rock de 2005 basée en grande partie sur l'album solo "Tændstik", Rhonda Harris se cantonne cette fois-ci aux tempos lents et moyens, avec un son chaleureux et d'un élégant clacissisme. Le répertoire est issu des trois derniers albums du groupe, mais privilégie - et c'est bien normal -  le plus récent, "Tell the world we tried", passionnante relecture des chansons de Townes van Zandt. De ce répertoire si solidement ancré dans la tradition américaine, Rhonda Harris livre une version très personnelle et surtout totalement européenne. Soutenu par ses musiciens dont le talent n'a d'égal que la discrétion, Nørlund, apparemment très détendu, investit ces chansons comme si elles étaient les siennes. Sa voix, profonde et vibrante, toute en retenue, épouse les textes de van Zandt avec une telle assurance tranquille qu'on serait bien incapable de déceler la moindre différence avec ses propres morceaux (l'impeccable "Kæmpechok" pour n'en citer qu'un). Tout ça sans forcer, avec l'air de ne pas y toucher, en se permettant même des faux départs à répétition sur les deux derniers titres. Alors, old school, Rhonda Harris ? Peut-être, mais avec quelle classe !

RHONDA HARRIS : "Kæmpechok" (extrait de "The trouble with...", 2001)

RHONDA HARRIS : "Young girl and a cow-boy" (idem, feat. Lise Westzynthius)

RHONDA HARRIS : "Your best bet" (extrait de "Under the satellite", 2003, feat. Claus Hempler)

Par J.P. Moya
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires - Recommander
Samedi 21 juillet 2007

Le concert de Rhonda Harris m'a obligé à faire des choix déchirants. Celui par exemple de ne pas revoir Oh No Ono dont j'avais adoré le concert à Eurosonic en début d'année. Pire, j'ai du également zapper le passage de Lily Electric, jeune groupe très prometteur que je m'étais pourtant promis de ne pas manquer. Fatigué par la route de la veille et de l'avant-veille, je décide que pour une première journée, c'est déjà pas mal. Tant pis pour les groupes qui passent après: les Racetrack Babies dont j'irai voir quand même une paire de morceaux, le second set de Marybell Katastrophy, les suédois Deltahead, ou encore Duné, que j'aurais volontiers revu pour une troisième fois.

 (Murder, Jacob Bellens @ Ridehuset, 02/06/07, photo: rockomondo)

Le lendemain, début des festivités en tout début d'après-midi au Ridehuset avec Murder, l'autre groupe de Jacob Bellens, le chanteur de I Got You On Tape. C'est avec ces derniers que je l'avais découvert ici-même l'année dernière. Je ne connaissais rien d'eux mais j'avais été instantanément accroché par cette musique toute en accords mineurs et surtout par cette voix, sans doute l'une des plus émouvantes qu'on puisse écouter en ce moment. Depuis, leur premier album n'a pas cessé d'habiter mon lecteur CD, j'ai revu le groupe à Paris avec encore plus de plaisir que la première fois (à présent je connaissais leurs chansons), et j'ai donc été très heureux lorsque Bellens, associé au guitariste Anders Mathiasen, a sorti un nouveau disque sous le nom de Murder. Pour qui aime déjà I Got You On Tape, pas de révolution, on reste en terrain connu. En fait, Murder pourrait facilement passer pour une version acoustique d'I Got You On Tape: on y retrouve la même mélancolie prégnante, les mêmes tempos lents ou moyens et bien sûr la voix si caractéristique de Jacob Bellens qui, pour reprendre un vieux cliché, pourrait chanter l'annuaire du téléphone et le rendre bouleversant. Seul le répertoire m'avait semblé sensiblement plus inégal chez Murder en dépit de quelques morceaux hors-étoiles (le superbe "Daughters of heavy", "When the bees are sleeping", "No future", "Queen of calm").

 (Murder, Anders Mathiasen @ Ridehuset, 02/06/07, photo: rockomondo)

Sur scène, ces quelques réserves s'effacent instantanément. Augmenté d'invités parmi lesquels on repère quelques têtes connues (le violoncelliste d'Under Byen, le guitariste de Lampshade...) Murder se présente comme un vrai groupe, ses cinq musiciens sagement assis en arc de cercle (à l'exception évidente du contrebassiste, debout au milieu). Jacob Bellens arbore toujours son air de hibou mal réveillé, mais dés qu'il commence à chanter, la magie opère de nouveau: le peu intime Ridehuset se transforme alors en nef d'église, les projecteurs en mille flammes de bougies, et malgré la foule déjà nombreuse qui se presse devant la scène, un silence impressionnant se fait aussitôt parmi les spectateurs. Il ne cessera qu'après le tout dernier morceau pour se transformer alors en une ovation comme il y en aura peu lors de ce festival. Avec ce concert immobile - programmé qui plus est à un horaire plutôt ingrat - Murder, par la seule force de sa musique, à réussi l'exploit de faire croire à chaque spectateur qu'il était le seul à qui étaient destiné ces chansons, que le groupe ne jouait que pour lui. Il serait très étonnant qu'on réentende pas parler de ces garçons d'ici peu.

MURDER : "Daughters of heavy" (extrait de Stockholm syndrome, 2007)

Ecoutez aussi Murder sur leur page MySpace.

Achetez les albums de Murder.

Par J.P. Moya
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires - Recommander
Dimanche 22 juillet 2007

Après Murder, pas question de quitter le Ridehuset puisque sur la deuxième scène on nous annonce les suédois de Love Is All, et que de toute façon aucun autre groupe ne passe au même moment (ça arrive !). Les musiciens entrent en scène un peu hagards. Ils avaient calculé trois heures de route, ils en ont mis six ! Résultat: arrivés dix minutes avant le concert, ils ne prennent pas le temps de faire une balance, pas même celui de se changer (la chanteuse gardera son imperméable un bon moment) et hop, les voilà déjà en pleine action ! La musique de Love Is All est un mélange survitaminé de punk et de pop. C'est revigorant, joyeux, bondissant, et ça ne se prend pas la tête. Et puis ils ont ce truc reconnaissable immédiatement: la voix perce-oreilles de leur chanteuse Joséphine Olausson. On l'a souvent comparée à celle de Karen O des Yeah Yeah Yeahs mais - pour remonter plus loin dans le passé -  elle pourrait tout aussi bien évoquer celle de Poly Styrene d' X-Ray Spex. D'ailleurs la filiation est  encore plus évidente sur disque, où la présence d'un saxophone ajoute encore aux similarités avec le groupe proto-punk londonien. A Aarhus, le saxophoniste est absent (ils l'ont oublié sur une aire d'autoroute ou quoi ?), mais cela n'empèche pas Love Is All de délivrer un set bien péchu et très réussi, malgré la façon un petit peu abrupte dont il avait commencé. Seul bémol, au bout d'un petit moment on comprend mieux pourquoi leur premier album s'appelle "Nine times that same song". Mais comme le groupe - sur scène et sur disque - n'est pas du genre à s'apesantir ni à jouer les prolongations, tout se passe finalement très bien.

 (Love Is All / Josephine Olausson @ Ridehuset, 02/06/07, photo: rockomondo)

LOVE IS ALL : "Talk, talk, talk, talk" (extrait de "Nine times that same song")

LOVE IS ALL : "Busy doing nothing"

LOVE IS ALL : "Motorboat"

LOVE IS ALL : "Felt tip (demo)"

Visitez la page MySpace de Love Is All.

Achetez l'album de Love Is All.

Par J.P. Moya
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires - Recommander

Calendrier

Novembre 2009
L M M J V S D
            1
2 3 4 5 6 7 8
9 10 11 12 13 14 15
16 17 18 19 20 21 22
23 24 25 26 27 28 29
30            
<< < > >>

Avertissement

Les morceaux figurant sur ces pages vous sont proposés à titre promotionnel par les artistes ou par leurs maisons de disques sur leurs propres sites. Rockomondo ne vous fournit que les liens vous permettant d'y parvenir plus facilement. Si vous aimez ce que vous entendez ici, soutenez les artistes : achetez leurs disques. Si vous détenez les droits de fichiers audio ou photo figurant sur ces pages et souhaiteriez qu'ils n'y figurent pas, informez nous-en par un simple mail à rockomondo(at)hotmail.com. Votre demande sera immédiatement prise en compte.

RSS

  • Flux RSS des articles

Recherche

Créer un blog sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur - Signaler un abus - Articles les plus commentés