Rockomondo

Rockomondo est une émission diffusée en direct chaque jeudi soir de 21h00 à 22h00 sur Radio Primitive (92.4, Reims et la région) et rediffusée le même jour à la même heure sur Euradio (101.3, Nantes) la semaine suivante. La programmation en est principalement rock, pop, folk et électro, en majeure partie indépendante (mais pas seulement), et surtout axée sur les productions de pays autres que l'Angleterre et les Etats-Unis.

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De vous avoir reparlé des Figurines me fait penser que le groupe vient de participer à la compilation "Drive XV" du webzine Stereogum. Après "OKX" qui célébrait le dixième anniversaire de la sortie de "OK Computer" (et qu'on peut toujours écouter sur Stereogum, mais qu'on ne plus télécharger), c'est à R.E.M. que s'attaque cette fois-ci le webzine américain pour les 15 ans d' "Automatic for the people". De nombreux groupes venus d'horizons très divers ont participé à cet hommage pour un résultat - comme toujours en pareil cas - inégal, mais qui réserve tout de même quelques très jolis moment. Ceci d'autant plus qu'à la version "officielle" de l'album décidée par Stereogum s'ajoutent de nombreux bonus, souvent meilleurs encore. Tout ça est en téléchargement gratuit alors profitez-en vite avant que ça ne disparaisse.

FRIDA HYVÖNEN (S) : "Eveybody hurts"

FIGURINES (DK) : "New Orleans instrumental N°1"

BLANCHE (USA) : "Find the river"

SHOUT OUT LOUDS ! (S) : "Man on the moon"

Téléchargez l'album ici.

 

L'excellent net-label allemand Aerotone vient de mettre en ligne le second volume de ses compilations  "Electronica unplugged", qui, comme leur nom l'indique, mêlent instruments acoustiques (guitares, violons, accordéon, xylophone... ) et électronique sur des pièces instrumentales d'une parfaite sérénité. Les artistes qui se livrent avec talent à ce bel exercice forment une affiche très rockomondesque puisqu'on y trouve aussi bien des allemands que des français, des anglais, des japonais, des belges, des américains, des grecs et même des porto-ricains (en l'occurence Balún, déjà évoqués ici et qu'on a toujours autant de plaisir à retrouver). L'album étant sous licence "Creative Commons", on peut bien sûr le télécharger gratuitement et légalement, comme d'ailleurs tout le catalogue du label.

Quelques extraits d'"Electronica Unplugged II" :

BALÚN : "Sweet n' low"

CREPUSCULUM : "Away with words"

SEPIA HOURS : "On a right line"

Téléchargez gratuitement "Electronica Unplugged 2" Et aussi "Electronica Unplugged 1"

C'est demain que commencent les Transmusicales 2006. Pour les heureux veinards qui vont faire le déplacement, le jeu consiste à aller voir des artistes dont on ne connaît rien et à espérer les (bonnes) surprises. Au rayon rockomondesque on notera la présence de Peter von Poehl (S), un peu convenu: il habite la France et tourne souvent par ici. I'm From Barcelona, découverte des blogs récupérée par une major. L'album est juste sympa mais 29 personnes sur scène - si le groupe est au complet - devraient mettre une certaine ambiance, Serena Maneesh, les norvégiens très noisy déjà remarqués le mois dernier à Paris et qui divisent l'opinion: maximum rock n'roll ou fumisterie ? Personnellement ca me plaît bien, mais à éviter quand même un soir de mal au crâne. Montevideo, des belges soutenus par Ghinzu. Malgré des dizaines d'artistes plus talentueux en Belgique, il y a tout un buzz autour d'eux, pas vraiment justifié à mon avis. Et aussi les néerlandais Stuurbard Bakkebaard, sévèrement givrés et qui pourraient bien se révèler la bonne pioche de cette sélection. Notre coup de coeur ira cependant à l'Argentine Juana Molina, ex-star de la télé (elle jouait dans un feuilleton très populaire dans son pays) et qui s'est inventé depuis une deuxième vie de chanteuse folk. Quatre albums sont déjà parus dont les deux derniers ("Tres cosas", 2004 et "Son", 2006) ont reçu un accueil critique enthousiaste et justifié. Sur scène comme sur disque, Juana Molina se produit seule, en utilisant des boucles sonores superposées, à la façon d'un Joseph Arthur (le premier que j'ai vu utiliser cette technique). Et sa musique se passe de commentaire. Chut, écoutez...

 (photo: www.stereogum.com with thanks)

JUANA MOLINA : "Micael" (extrait de "Son", 2006)

JUANA MOLINA : "Malherido" (extrait de "Son", 2006)

JUANA MOLINA : "No seas antipatica" (extrait de "Son", 2006)

JUANA MOLINA : "No es tan cierto" (extrait de "Tres cosas", 2002)

JUANA MOLINA : "Tres cosas" (extrait de "Tres Cosas", 2002)

JUANA MOLINA : "El desconfiado" (extrait de "Segundo", 2001)

Juana Molina se produira aux Transmusicales de Rennes le samedi 9 décembre à 16h30 (Salle de la Cité)

Visitez sa page MySpace.

Achetez les disques de Juana Molina.

Le magazine Crossroads et le label Fargo viennent de s'associer pour proposer en téléchargement libre une jolie compilation réunissant quelques uns des artistes les plus représentatifs du label. Vous y retrouverez donc Emily Loizeau, Luke Temple, Neal Casal, Shearwater, Lauren Hoffman, Jason Sykes, J. Tillman, Andrew Bird, les hollandais Alamo Race Track (avec un petit avant-goût de leur nouvel album à paraître le 31 octobre), The Lords of Altamont, Clem Snyde, et enfin le regretté Chris Whitley. Fargo, c'est un peu notre Glitterhouse à nous: un irréprochable fond de catalogue Americana auquel viennent s'ajouter à présent des artistes moins prévisibles mais tout aussi talentueux. Comme il n'est pas nécessaire d'acheter ni même d'apprécier Crossroads pour se procurer la compile, ce serait vraiment bête de ne pas en profiter, pas vrai ?

VARIOUS ARTISTS : "As Fargo goes Crossroads" (l'album entier en version zippée)

ALAMO RACE TRACK : "Black cat John Brown"

Déjà célébré sur ces pages pour un EP mp3 inédit des Suédois Hell On Wheels, l'excellent label italien Kirsten's Postcard refait surface avec cette fois-ci un album hommage à Belle & Sebastian à télécharger gratuitement sur leur site internet . Au générique, beaucoup d'italiens bien sûr, parmi lesquels nos amis  Le Man avec Les Lunettes, des scandinaves aussi avec - inévitablement - Hell On Wheels , Mixtapes & Cellmates (uh ?), Kawall (N), des hollandais (John Wayne Shot Me), des belges (Austin Lace), des anglais, des américains, des australiens, et même des français (Tokyo/Overtones et Against Lupa, très biens tous les deux). Pour moi qui découvre tous ces morceaux avec une oreille vierge (B & S sont apparus à une époque où je n'écoutais quasiment plus de musique anglo-saxonne), la sélection effectuée par Kirsten's Postcard, quoiqu'inégale comme c'est toujours le cas sur ce genre de projet, m'apparaît dans son ensemble d'une très bonne tenue. D'autres plus au fait que moi du répertoire des écossais seront peut-être enclins à moins d'indulgence. Mais de toute façon, on ne risque pas grand chose à télécharger cet album promis sans doute à un beau succès.

Un petit échantillon, pour commencer:

LE MAN AVEC LES LUNETTES : "Jonathan David"

Et tout le reste (pochette comprise):

VARIOUS ARTISTS : "A century of covers: Belle & Sebastian tribute"

Attention: fichier compressé au format .rar. Pour pouvoir l'ouvrir, vous aurez peut-être besoin de passer par ici.

J'étais très impatient de découvrir Doi sur scène après l'excellente impression que m'avait laissé leur E.P. "In the unlikely event of loss in cabin pressure" en 2004. Le Kuntsbygningen, très chic dans ses boiseries couleur miel et son dépouillement tout scandinave, est en fait une galerie plus qu'une salle de concert. On y présent d'ailleurs pendant la durée du festival une passionnante exposition de photos rock, dont je regrette à présent de n'avoir pas acheté le catalogue. Le problème est que, expo oblige, la lumière y reste allumée en permanence pendant que les groupes jouent, ce qui, ajouté au va et vient des visiteurs, n'aide pas vraiment à fixer son attention sur la musique. Tous les groupes que j'aurais l'occasion de voir au Kuntsbygningen vont souffrir de ces conditions de concert, mais Doí peut-être plus que les autres, avec leur musique lente, calme et introvertie, qui aurait mérité l'obscurité dans la salle et un éclairage digne de ce nom. Ceci ne suffit pourtant pas tout à fait à expliquer la déception ressentie.  Doí peine à décoller et encore plus à émouvoir. Malgré mon à-priori favorable et l'envie que j'ai de me laisser emporter par leur musique, je me surprend à m'ennuyer poliment face à ce slow-core hésitant dans lequel j'ai bien du mal à retrouver ce qui m'avait tant séduit sur les démos. Premier album prévu à la rentrée: Doí a intérêt à mettre un sérieux coup de collier s'ils veulent qu'il soit à la hauteur de leur flatteuse réputation.

(Doi @ Kuntsbygnigen)

Hop, un petit 200 m. au pas de course pour arriver à temps à Officerpladsen: c'est là que se produisent à présent les norvégiens de BigBang. Ce n'est pas que je porte généralement beaucoup d'intérêt aux groupe "revival", mais je fais une exception pour BigBang dont les deux derniers albums "Frontline rock n' roll" et "Poetic terrorism" se situent largement au dessus de la moyenne des exercices rétro habituels. le premier est un savoureux pastiche de hard-rock des années '70 avec Led Zep, Deep Purple et Black sabbath en ligne de mire, tandis que le second, plus pop mais moins homogène, y ajoute des instruments acoustiques et des harmonies vocales façon CSN&Y. Sur scène, le trio assure, mais n'échappe pas à un petit côté parodique que les disques étaient pourtant parvenus à éviter. Et surtout les arrangements fouillés des albums sont sacrifiés à l'efficacité "live" et à un niveau sonore digne de Spinal Tap (bouton de volume sur 11). Mais ça fonctionne: le public (nombreux) joue aux haricots sauteurs devant la scène tandis qu'un peu à l'écart le légendaire David Fricke (Rolling Stone) promène sa silhouette déguingandée de vieux Ramones en arborant un sourire de bonne augure.

 (BigBang @ Officerpladsen)

Retour au Kuntsbygningen pour y voir les suédois Hell On Wheels qui viennent de refaire surface après des années de silence avec un enthousiasmant nouvel album ("The Odd Church"). Difficile d'imaginer un trio plus mal assorti que celui-là: un petit brun trapu en overdose de caféine à la guitare et au chant, une fille à la basse tellement impassible qu'on se demande parfois si elle n'est pas entrée en catalepsie, et un batteur qui ressemble à tout (Un producteur de fromage hollandais ? Un constructeur de bateaux norvégien ?) sauf à un batteur de groupe de rock suédois. Je trouve assez injuste de considérer, comme on a déjà pu le lire ça et là, Hell On Wheels comme de simples sous-produits des Pixies. Certes, le trio ne cache pas son admiration pour la bande à Franck Black, mais ce n'est pas leur seule influence: on trouve aussi chez eux une bonne dose de Talking Heads (la voix de poulet étranglé du chanteur, les rythmes syncopés) ainsi qu'une efficacité pop typiquement suédoise héritée en droite ligne des Wannadies et de Popsicle. Le groupe se montre impérial sur le répertoire impeccable de leur nouvel album. Mais le chanteur/guitariste est le seul à assurer le show, et aussi excité qu'il puisse être, ce n'est peut-être pas suffisant - et c'est déjà l'impression que m'avait laissé le groupe à Eurosonic il y a deux ans - pour faire passer ce concert de Hell On Wheels du stade de "très bon" à celui de "mémorable"... Il s'en faut d'un cheveu pourtant. Que cela ne vous dissuade surtout pas d'aller les voir sur scène si vous en avez l'occasion, ni surtout de vous procurer "The Odd Church"...

 (Hell On Wheels @ Kuntsbygningen)

Après être retourné à Officerpladsen pour le concert ultra-vitaminé de Powersolo (voir le compte-rendu ici), c'est finalement à Kuntsbygningen que je terminerai la soirée en compagnie de Larsen & Furious Jane. Mis à part le joufflu Torsten Larsen, le groupe a été totalement remanié depuis que je les avais vu pour la première fois à Spot 10. Mais leur délicat folk-rock est toujours aussi agréable, enrichi depuis par une légère touche jazzy. Et le violoniste d'Under Byen est toujours là, lui aussi, sur ce répertoire tellement différent de celui qu'il intérprête avec son groupe habituel. Malheureusement, le concert est presque terminé lorsque j'arrive dans la salle. Je n'en verrai que les deux derniers morceaux, à mon grand regret, car ça avait l'ait vraiment bien. Et je louperai aussi "Art director", mon titre préféré de leur dernier album "Toursit with a typewriter" que j'écoute en boucle en ce moment.

Il était minuit vingt et il m'aurait fallu attendre encore trois quarts d'heure pour profiter du garage-rock de Baby Woodrose qui refermaient la soirée. La journée avait été longue, et celle de demain le serait bien plus encore. Du coup, je retournais dans ma petite maison perdue dans la forêt pour un peu de repos bien mérité.

(A suivre...)

Cela doit faire trois ou quatre fois peut-être que je vois Jomi Massage sur scène, et aucun de ces concerts n'a été moins qu'excellent. En est-il parfois autrement ? Il faut croire que non, car une nouvelle fois le trio danois délivre dans la grande salle du Musikhuset un concert d'exception, servi par un son d'une clarté tranchante. On avait pu le constater un peu plus tôt lors de son passage avec The Low Frequency In Stereo, Signe Hoirup Wille-Jorgensen est très en forme ce soir. Chaque fois que je la vois en concert, je suis frappé par son aisance et son absence totale d'inhibition sur scène. Qu'il y ait dix personnes devant elle ou plusieurs centaines , elle fait toujours preuve de la même liberté et de la même décontraction, se fichant manifestement de ce qu'on peut penser d'elle et aussi à l'aise que si elle se trouvait seule dans son salon. Sa personnalité extravertie contraste de manière frappante avec l'impassibilité parfaite de son compère Luke Sutherland (ex-Long Finn Killie), l'homme qui ne sourit jamais. Ces deux-là se complètent parfaitement, et c'est aussi vrai sur le plan musical, Signe restant la plupart du temps aux claviers, tandis que Luke Sutherland, en véritable styliste, fait preuve à la guitare d'une réjouissante créativité.

 (Jomi Massage. photo: Robert Gil / www.photosconcerts.com )

On le sait: Jomi Massage n'a pas pour habitude de faire dans la tiédeur. "Our music deals with extremes", confiait Signe aux débuts du groupe. On en a une fois de plus la confirmation avec une alternance de pièces intimistes et murmurées et de tétanisantes bouffées de violence, le tout tiré des deux indispensables albums "Aloud" et "From where no-one belongs, I will sing" (2004 et 2005, Télescopic). Les amateurs de confort musical et de caresses dans le sens du poil peuvent aller voir ailleurs: Jomi Massage est là pour bousculer et pour déranger. Et ils ne s'en privent pas. Ce soir le trio déchire tout, Signe investit ses morceaux avec une rare conviction, et même le glacial Sutherland manque de se laisser emporter dans la tourmente. On sort de là pantelants et comblés, très impatients aussi de découvrir le troisième album du groupe qui sort (enfin !) ce mois-ci.

( Nicolai Dunger @Ridehuset, 02.06.06)

Du concert de The Broken Beats, auquel je me suis rendu ensuite,  je ne me souviens pas de grand chose, sinon qu'il y avait trop de monde, que j'étais loin de la scène et qu'on n'y voyait rien. Mais il n'est pas impossible que ça ait été très bien. Du coup, j'arrive en avance afin d'être bien placé pour Nicolai Dunger. Avec ce garçon, on ne sait jamais à quoi s'attendre: le pire ou le meilleur, c'est selon... La dernière fois que je l'avais vu sur scène, c'était au Nouveau Casino. Dunger nous y était apparu grossi et barbu, en vivante caricature de Jim Morrison à la fin de son existence et au moins aussi bourré que lui. A cette occasion, l'ancien footballeur nous avait d'ailleurs prouvé qu'il n'ignorait rien non plus des beuglements de supporters avinés, ce qui m'avait discrédité définitivement auprès des amis que j'avais eu le malheur d'entrainer dans ce naufrage. Mais depuis, il y avait eu ce beau disque lo-fi sorti sous l'appellation "A Taste Of Ra", ainsi que le récent album mettant en musique les poésies d'Edith Södergran, tout aussi réussi, qui m'avaient réconciliés avec lui. Ce soir, pas de chance, Dunger est dans un mauvais jour, sans doute moins bourré qu'à Paris, mais pas beaucoup plus talentueux pour autant. Alors que j'avais naïvement espéré un concert folk et intimiste dans la lignée d' "Edith Södergran", le suédois préfère nous infliger une nouvelle fois son grand numéro d'imitateur de Van Morrisson, accompagné par un groupe d'adolescents aux joues roses pas franchement au top (voir le bassiste qui avait soigneusement disposé à ses pieds les tablatures des morceaux !). Comme Dunger semble n'avoir pas compris que chez Morrisson c'est le fond qui induit la forme, et non pas le contraire, il ne sort évidemment pas la moindre émotion de cette mascarade, le pire étant atteint lorsque Dunger se mèle de vouloir faire chanter le public. Tout cela est d'autant plus rageant qu'on sait ce garçon talentueux, la plupart de ses disques le prouvent, ainsi que quelques concerts où la magie était vraiment de la partie. Alors pourquoi se saborder ainsi avec une telle constance ? Mystère... Bon, nous voilà de nouveau fachés.

JOMI MASSAGE : "For the ladies" (extrait de "Aloud)

JOMI MASSAGE : "Opposite of nothing" (extrait de "From where no-one belongs...")

NICOLAI DUNGER : "My time is now" (échantillon 1 mn, extrait de "Here's my songs...")

NICOLAI DUNGER : "Ol' lovers" (échantillon 1 mn, extrait de "Tranquil isolation")

La journée du vendredi commence par une mauvaise nouvelle: l'annulation de la venue de Jenny Wilson. Elle est remplacée au pied levé par Wolfkin, nouvelle signature du label Crunchy Frog. Je ne crois pas avoir jamais été déçu par un groupe Crunchy (Epo-555, Powersolo, The Mopeds) jusqu'à présent, mais Wolfkin - parmi lesquels on remarque l'ex-chanteur de Money Your Love - me laisse de glace avec leur pop gentiment rétro 80's qui manque cruellement de mélodies mémorables. Du coup, j'accepte la proposition faite par des amis norvégiens d'aller voir Valravn, qui mèle paraît-il électronique et instruments rares. Arrivés sur place, c'est pour constater que l'électronique est plutôt discrète chez Valravn et que les instruments dont il est question sont en fait une vielle à roue, un violon hors d'âge, un assortiment de flûtiaux, des tambours: Valravn est un groupe de musique traditionnelle. Les norvégiens sont déçus, mais pas moi qui ait toujours été très client pour tout ce qui touche au folk scandinave et des artistes comme Hedningarna, Värttinä ou Mari Boine. De ce point de vue, Valvarn est une très bonne pioche. La chanteuse, notamment, est particulièrement fascinante. Avec son allure de gracieuse fée Clochette, on pourrait la croire fragile, alors que c'est tout le contraire. Aucune retenue chez elle, aucune fausse pudeur: elle laisse jaillir un flot d'émotions qui me cueille au plexus. Au troisième morceau, je pleure à chaudes larmes, et me détournant pour échapper au ridicule, je m'aperçois que ma voisine en fait autant. Ah, on on a l'air fin tous les deux à se mettre dans des états pareils pour de la musique !  Dommage que le groupe se lance ensuite dans une série d'instrumentaux médiévalisants certainement plus festifs mais aussi bien moins touchants.

 

Le moment était peut-être venu de courir jusqu'au Musikhuset pour y voir jouer les norvégiens The Low Frequency In Stereo. J'ai déjà dit dans ces pages que je n'étais pas très amateur de musique instrumentale, mais comme toute règle a ses exceptions, il se trouve que j'aime beaucoup The Low Frequency In Stereo. Lorsque j'arrive dans la salle, les trois musiciens, en ombres chinoises dans un halo bleuté, délivrent un krautrock percutant, surplombés par une gigantesque spirale tourbillonnante. Le tout dégage une ambiance très sixties qui me fait penser (à cause de la spirale, peut-être) un épisode du "Prisonnier". Après un second morceau dans le même registre hypnotique, voici qu'apparait Signe, la chanteuse de Jomi Massage venue nous interprêter en direct le remuant  "Man don't walk" qui ouvrait l'album "Travelling ants eaten by Moskus". Une sacré personnalité, cette Signe: alors qu'elle vient à peine d'entrer sur scène, la voilà déjà en plein dans le truc, s'arrachant le gosier et les tripes comme si sa vie en dépendait. On a l'impression qu'après ça elle va s'écrouler raide, mais non, un sourire, un petit au revoir de la main et elle repart comme elle était venue. Impressionnant. Depuis le début je me demandais où était  passée la fille du groupe et c'est à ce moment qu'elle s'installe aux claviers pour un titre sinueux qui évoque fortement les premiers Pink Floyd. La référence est évidente, d'ailleurs le groupe enchaine sur un "Interstellar Overdrive" d'anthologie qu'il se réapproprient à leur manière, ne conservant que le thème d'ouverture pour mieux dériver ensuite sur leurs délires personnels. Tout cela est passionnant et je resterais bien jusqu'à la fin, mais il me faut partir si je ne veux pas louper I Am Bones,

Difficile de reconnaître dans le garçon jovial aux cheveux courts qui occupe le devant de la scène du Ridehuset l'espèce de dandy gominé que nous présentaient les photos de presse. On ne s'en plaindra pas. I Am Bones joue serré, tendu, électrique, et sur scène les différences de style qui frappaient à l'écoute de l'album s'estompent à défaut de disparaître complêtement. Mais cet éclectisme fait aussi partie du charme du groupe qui emporte définitivement le morceau avec une version ébouriffante de "Backpackers", l'un des morceaux les plus péchus de leur excellent premier album "Wrong numbers are never busy".

Il etait temps de rejoindre la grande salle de Musikhuset pour y retrouver Jomi Massage, le groupe de Signe Hoirup Wille-Jorgensen qu'on était très impatient de revoir après le prometteur échantillon qu'elle nous avait offert un peu plus tôt avec The Low Frequency In Stereo.

Mais de cela, on reparlera demain.

VALRAVN : "Droemte mig en droem" (extrait 45 sec.)

VALRAVN : "Kom alle vaesener" (estrait 50 sec.)

THE LOW FREQUENCY IN STEREO : "Man don't walk"

I AM BONES : "Oktoberfest vs. Morrissey"

La veille du concert de Powersolo, Spot 12 avait pourtant démarré de bien décevante manière. Mais quelle idée était donc passée par la tête des organisateurs pour inviter au concert d'ouverture du festival les laborieux Lis Er Stille ? Morceaux de dix minutes à mi-chemin entre post et prog-rock, navrante absence d'inspiration tant pour les mélodies que pour les arrangements, même progression crescendo prévisible sur chaque titre: on se serait ennuyé ferme si le bassiste ne nous avait pas diverti en nous offrant un florilège de poses rock n'rolliennes comme on n'en trouve généralement que chez les métalleux. C'est d'ailleurs à ça que fait penser Lis Er Stille: un groupe métal s'essayant sans succès au post-rock. A oublier très vite.

La nuit se poursuivait par le plateau "Un-Pop Classik", un projet européen créé à l'instigation du Festival International de Benicassim. Le principe ? Quatre groupes (The Sunday Drivers, Venus, Teitur, Dionysos) originaires de quatre pays différents (Espagne, Belgique, Danemark, France) se produisent en plateau dans un festival de chacun de ces pays (Benicassim, Les Nuits Botaniques, Spot, Les Eurockéennes) accompagnés par un orchestre classique originaire du pays invitant. A Spot, c'est l'ensemble Midvest, habitué de ce genre d'exercice, qui s'y collait. Malheureusement, Dionysos avait décliné l'invitation danoise, et c'est à Teitur que revenait l'honneur d'ouvrir la soirée. Originaire des Iles Feroë, Teitur décline un songwriting inspiré en attachantes pièces mélancoliques qui flattent l'oreille plus qu'elles ne provoquent de grandes émotions. Sa musique s'accorde à merveille aux cordes de l'ensemble Midvest, mais on reste néanmoins sur sa faim, cherchant en vain un peu d'âme au milieu de toute cette joliesse.

(Venus @ Spot 12, 1er juin 2006)

Avec Venus, c'est une toute autre histoire. On sait que le groupe bruxellois s'est déjà frotté à l'expérience de l'orchestre classique ("The man who was already dead"), mais avec l'excellent "The red room", ils viennent justement de nous sortir leur disque le plus sobre, le plus dépouillé, le plus électrique aussi. Comment conjuguer cette nouvelle donne avec l'exercice imposé sans donner pour autant l'impression d'un retour en arrière ? Venus aborde le challenge de manière frontale, ré-arrange le baroque "Beautiful Days" - ici joué par le groupe seul - à la façon "près de l'os" du nouvel album, et offre aux titres décharnés de "The Red Room" un traitement de cordes et de cuivres bien plus rythmique que mélodique. C'est le tout premier concert de Venus au Danemark. En point de mire, Marc Huygens, visage taillé à la serpe, vétu d'une étrange jupe longue, semble un peu tendu façe à une audience clairsemée (il y avait trois fois plus de monde pour Teitur). Mais au fur et à mesure que progresse le concert, la sincérité et la détermination du groupe finissent par l'emporter. Le mariage avec l'ensemble Midvest, plus ou moins réussi suivant les morceaux, débouche finalement sur quelques beaux décollages. Et le dernier titre est tout simplement renversant, laissant l'assistance sans voix avant qu'elle n'accorde au groupe un joli triomphe. Gagné, une fois de plus.

J'avais le secret espoir que l'autre affiche de la soirée, qui réunissait deux groupes canadiens et les danois Figurines, aurait laissé la place d'honneur à ces derniers. La prestation qu'ils avaient donné l'année dernière au même endroit reste en effet l'un de mes meilleurs souvenirs de Spot 11. Malheureusement Figurines passe en deuxième position, et lorsque je sors du concert de Venus, leur set est déjà presque terminé. Juste le temps d'apercevoir que le chanteur arbore toujours ses légendaires rouflaquettes, et de constater que le groupe n'a rien perdu de son irrésistible énergie, et hop! les voilà partis. Gros succès, mais on ré-entendra certainement parler des Figurines qui marchent de mieux en mieux aux Etats-Unis et qui pourraient bien bénéficier à partir de là d'un effet ricochet. Ce qui ne serait que justice: ils le méritent vraiment.

(Figurines @ Spot 12, photo: Jonas Jacobsen / MyMusic.dk)

Retour à Un-Pop Classik, et à un juger par la débauche de pilosités brunes qui a envahi la scène, le groupe qui se trouve là n'a rien de scandinave. Effectivement, il s'agit des espagnols Sunday Drivers. J'avais trouvé leur album "Little Heart Attacks" agréable sans être renversant, mais là, l'épreuve de la scène est impitoyable. Beaucoup de frime et pas grand chose derrière. Le chanteur en fait des tonnes, l'organiste prend des poses, et il ne se passe strictement rien. Je leur accorde un second morceau, par acquis de conscience, et décide d'aller voir ailleurs.

Pourquoi pas au Musikcafeen où un collectif de labels danois (Sunbeat, Book King et Glorious) propose ses groupes en showcase ? Mon idée était d'y voir jouer Cartridge, nouvelle signature du label Glorious à la réputation flatteuse. Pas de chance, je tombe sur un quintet d'excités en casquettes et T-Shirts Motorhead (Gob Squad ? Magnum 44 ?) ramonant un gros rock sans nuance. Je n'ai rien contre une bonne bourrinade de temps en temps, mais ceux-là sont vraiment trop mauvais. Après quatre ou cinq morceaux sur le même registre, je lâche prise. Les 1200 Km de route qui ont précédé commencent à se faire sérieusement sentir. Un bon dodo, et ça ira mieux demain.

Ecoutez quelques nouveaux titres de Teitur.

Ecoutez le nouvel album de Venus.

FIGURINES : "The wonder" (extrait de "Skeleton")

FIGURINES : "Rivalry" (extrait de "Skeleton")

FIGURINES : "Bright" (extrait de "Shake a mountain")

FIGURINES : "Debate because it's over" (extrait de "Shake a mountain")

Ecoutez la musique et visionnez les vidéos de The Sunday drivers.

Une pensée pour Grant Mc Lennan, co-fondateur (avec Robert Forster) des Go-Betweens, qui est mort samedi dernier à Brisbane (Australie) pendant son sommeil à l'age de 48 ans. Après David Mc Comb, des Triffids, décédé en 1999 des suites d'un accident de voiture, c'est encore un autre pan de ma vie qui disparaît en même temps que l'auteur de ces chansons écoutées et ré-écoutées sans que je ne m'en lasse jamais. De cette scène australienne qui a tellement compté pour moi (et quelques autres, dirait-on) depuis les années 80, ne restent plus que les trop discrets Apartments, le groupe de Peter Milton Walsh à qui l'on ne peut que répéter ce conseil déjà exprimé sur le forum des Inrocks: Tiens bon !

THE GO-BETWEENS : "Here comes a city" (vidéo-clip, réalisateur: Roxy Erickson)

De (courts) extraits des chansons des Go-Betweens sont disponibles ici.

Achetez les albums des Go-Betweens. Achetez les albums de Grant Mc Lennan.

 

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