Tous les Suédois vous le diront : le meilleur groupe du monde c'est bob hund ! Ou bien Bergman Rock, ce qui revient au même puisqu'il s'agit des mêmes musiciens, les seuls changements intervenant dans leur répertoire et la langue qu'ils utilisent. La première fois que j'ai écouté un morceau de bob hund, j'ai immédiatement arrété ce que j'étais en train de faire pour prêter vraiment attention à ce qui était en train de se passer dans ma chaine stéréo. La chanson s'appelait " Istället för musik - förvirring" ( " A la place de la musique - Le chaos") et c'était sans doute ce qui s'est jamais le plus approché musicalement d'un tour de roller-coaster. Et attention, pas un de ces manèges ridicules de fête foraine, non, je parle bien de montagnes russes maousses avec démarrage catapulté, descente à 70 degrés, virages serrés, vrilles en série et triples loopings. Le genre d'expérience dont on se remet jamais. Je m'en suis d'ailleurs si peu remis que j'ai aussitôt acheté le dernier album du groupe. Cette fois-ci, ça s'appelait " Omslag: Martin Kann" ( " Artwork: Martin Kann"), et effectivement la pochette nous montrait une photo en noir et blanc du Martin Kann en question. Sur le disque, rien d'aussi ébouriffant que " Istället för musik", mais la sélection n'en était pas moins fameuse, avec un son réellement original ne ressemblant ni de près ni de loin à tout ce qu'on avait pu connaître auparavant. Les quelques téméraires qui ont tenté de décrire la musique de bob hund s'y sont d'ailleurs cassé les dents. Tout au plus peut on avancer que le groupe associe un sens mélodique évident et très Scandinave à des arrangements incroyablement inventifs et aventureux qui évoquent - quand même - irrésistiblement les premiers Pere Ubu. Une influence d'ailleurs clairement revendiquée puisque le single suivant était justement une reprise en Suédois de " Final Solution", au moins aussi bonne que la version originale. Et là encore, la pochette était incroyable, les six bob hund alignant un festival de tronches comme rarement vu depuis " Les Tontons Flingueurs" et une garde-robe à faire saliver les Deschiens. Les photos suivantes, à coté, c'est bob hund vu par les Studios Harcourt.
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J'ai souvent remarqué que dans les bons groupes, les musiciens ont tous des gueules clairement définies. Là, on est servi, et scéniquement l'effet est immédiat. Car j'ai oublié de vous dire que bob hund est également extraordinaire en concert. Les voir chez eux est une expérience inoubliable : en Suède, ces garçons sont des stars ! Le groupe est à peine entré en scène que le chanteur Thomas Öberg ( celui au milieu en bas, sur la photo) est déjà en équilibre sur les barrières de sécurité à serrer les mains des sweet little fifteen massées aux premiers rangs et qui rejouent la Beatlemania sans complexe. Une nature ce Thomas Öberg, une vraie boule d'énergie, qui se dépense sans compter et accumule les bouffonneries, empilant les baffles de retour pour s'en faire un piédestal, escaladant les enceintes, se coiffant d'un cône de travaux routiers. Une sorte d'Iggy Pop mâtiné de Mac Rooney, qui reprend tous les clichés du rock mais rate obstinément ses effets, jongle avec son micro sans arriver jamais à le rattraper, s'essaie aux déhanchements façon Presley mais se prend les pieds dans les fils du micro, Derrière, ca ne plaisante pas. Le groupe a passé des années entières à arpenter les scènes Scandinaves et ça s'entend. Le duo de guitaristes John Essing et Conny Nimmersjö, particulièrement, fonctionne à la perfection. On n'avait pas entendu pareille complémentarité depuis - dans un genre différent - les légendaires Wayne Kramer et Fred " sonic" Smith. Leurs interventions sont les moments les plus mémorables de ce live d'anthologie qu'est " bob hund sover aldrig" ( " bob hund ne dort jamais").
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On pourrait parler encore longtemps de ce groupe unique. De leur sélection de reprises par exemple, souvent offertes en complément de singles. On évoqué tout à l'heure celle de Pere Ubu, mais il y a aussi les Stooges, le Velvet, et plus étonnant, cette reprise terrassante et en Suédois du " Tout petit la planête" de Plastic Bertrand que le groupe s'approprie totalement pour en faire un de ses meilleurs morceaux.
Depuis quelques années, bob hund a quitté la scène, remplacé à présent par Bergman Rock, soit, comme je le disais au début de cette page, les mêmes musiciens mais avec un répertoire différent et chantant en Anglais. Un album et un mini-album sont déjà parus et c'est presque aussi bien que bob hund.
Ces derniers n'étant plus en activité, tous les MP3 les concernant ont malheureusement disparu du web. Mais le groupe a eu la bonne idée de mettre en ligne la totalité de l'album " Ingenting", un disque vinyl destiné avant tout aux fans et qui reprenait les premières démos qu'il avait enregistré en 1992 et 1993. Attention ! Cet enregistrement contient en germe ce qui allait faire de bob hund le grand groupe qu'il est devenu par la suite, mais il ne vous dispense pas d'aller à la recherche de leurs meilleurs albums. Un bon point de départ pourrait être leur " Best of", " " 10 aar bakaat & 100 aar fromaat" ( " 10 ans dans le passé et 100 ans vers le futur"), édité en double CD avec un album live inédit. Vous rejoindriez ainsi les fans de bob hund, lesquels comprennent entre autres Jonathan Richman, Damon Albarn, Richard Butler ( Psychedelic Furs), et feu Joe Strummer ( R.I.P.).
bob hund ( le groupe exige que son nom soit écrit en minuscules) : "Ingenting" ( mp3 - 256 Kpbs)
- 01 - " Hippodromen" - 02 - " Kompromissen" - 03 - " Allt paa ett kort" - 04 - " Den ensamme" - 05 - " Ett ja som laater som ett nej" - 06 - " Jacques Costeau" - 07 - " Telefonsamtal till mor" - 08 - " Vem vill bliva stor ?" - 09 - " Tack och god natt"
D'autres formats de ce même album ( Real Audio, Wave, MP3 - 116kbps) sont disponibles sur le site internet de bob hund.
Chantez en choeur avec bob hund ( textes des chansons au format PDF)
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