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  • : Rockomondo
  • : L'audio-blog des musiques rock, pop, folk, électro du monde entier.
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Rockomondo

Rockomondo est une émission diffusée en direct chaque jeudi soir de 21h00 à 22h00 sur Radio Primitive (92.4, Reims et la région) et rediffusée le même jour à la même heure sur Euradio (101.3, Nantes) la semaine suivante. La programmation en est principalement rock, pop, folk et électro, en majeure partie indépendante (mais pas seulement), et surtout axée sur les productions de pays autres que l'Angleterre et les Etats-Unis.

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Rockomondo est aussi un site internet en anglais relatif à l'émission www.rockomondo.com actuellement en sommeil dans l'attente d'un nouveau design. Mais vous pouvez toujours y consulter de nombreuses archives.

Enfin Rockomondo a une page facebook, où vous trouverez toute l'actualité de l'émission et où vous pourrez rejoindre nos amis.

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8 juillet 2007 7 08 /07 /juillet /2007 22:39

En descendant Vester Allé depuis l'esplanade du Musikhuset où se tiennent la plupart des manifestations du festival, on passe devant Aros, le superbe Musée d'Art Moderne, et on arrive au Voxhall, l'une des deux salles "rock" importantes de Aarhus. Je profite d'un léger creux dans la programmation (un quart d'heure ?) pour aller y jeter un coup d'oeil aux petits nouveaux 1 2 3 4. Et là, surprise, je reconnais dans le chanteur un type que je vois tous les ans à Spot et que, persuadé qu'il était musicien, j'avais abordé à un stand il y a quelques années en lui demandant s'il faisait bien partie d'un groupe. Ce jour-là la réponse avait été "non", mais je constate qu'elle aurait du être en fait "pas encore". C'est à croire que - hormis les gens des médias - tout le monde ici fait, a fait, ou fera partie un jour d'un groupe ! Loin d'être déplaisante, la pop à guitares de 1 2 3 4 peine néanmoins à susciter un grand enthousiasme. Leur CD-promo de quatre titres procure un peu la même impression aux premières écoutes, mais finit cependant par distiller un charme certain quoique volatil. Il faut bien que le groupe ait quelques qualités pour avoir rassemblé sur son berceau des parrains du calibre de Jim Holm, leur manager, pionnier du rock indé danois au début des années '90 avec son légendaire label Cloudland, et Nikolaj Nørlund (Rhonda Harris) qui vient de les signer sur son propre label Auditorium. Pas le genre de personne à s'engager à la légère. Du coup, on ferait bien de garder 1 2 3 4 à l'oeil pour leur album prévu à la rentrée.

 (1 2 3 4 @ Voxhall, 01.06.07, photo: rockomondo)

Pas moyen de rester jusqu'à la fin du concert de 1 2 3 4 si je ne veux pas louper le début de celui des Lionheart Brothers. Hop, un petit sprint jusqu'au Ridehuset (ça grimpe, la vache !) et j'arrive devant la scène juste au moment où les norvégiens y font leur entrée. Après leur très sophistiqué second album "Dizzy kiss", The Lionheart Brothers se trouvaient face à deux possibilités pour l'interprêter sur scène: soit le rejouer très proprement et note pour note (ce qui avait été l'option choisie l'année précédente par les Danois Diefenbach), avec le risque pas négligeable de délivrer un prestation un peu figée (Diefenbach encore). Soit d'en livrer une version brute de décoffrage, certes moins rafffinée que sur le disque, mais aussi bien plus vivante. C'est cette seconde solution qu'ont choisi à juste raison The Lionheart Brothers, et pourtant, rien à faire, ça ne décolle pas. Il faut dire que le son plutôt médiocre est loin de rendre justice à leurs qualités mélodiques et harmoniques. Mais il y a aussi autre chose qui vient du groupe, comme un manque d'implication. Ces garçons que j'avais déjà vu sur scène à fond dans leur truc au sein de projets personnels comme Serena Maneesh ou 120 Days semblent ici curieusement en retrait. Du coup, ce concert que j'attendais avec impatience se transforme très vite en semi-déception. Peut certainement mieux faire.

 (The Lionheart Brothers @ Ridehuset, 01/06/07, photo: rockomondo)

Découvrez la musique de 1 2 3 4 sur leur page MySpace.

THE LIONHEART BROTHERS : "Hero anthem" (extrait de "Dizzy kiss", 2007)

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Published by J.P. Moya - dans Spot 2007
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3 juillet 2007 2 03 /07 /juillet /2007 16:15

Allez un petit détour vite fait par la tente des labels, histoire de mettre la main sur quelques CD-samplers gratuits tant qu'il en reste encore. Tiens, qui traine par là ? Ne serait-ce pas Yebo, Grand Ordonnateur en titre du label Crunchy Frog ? Rien d'étonnant à cela, car ce sont justement ses poulains de Wolfkin qui s'apprêtent à se produire en showcase sur la scène du DUP, l'association qui réunit les meilleurs labels indépendants danois. J'avais déjà vu Wolfkin l'année dernière et c'était la première fois qu'un groupe Crunchy Frog ne m'avait pas totalement convaincu. Mais depuis, leur premier album "Brand new pants" s'était vite imposée comme une petite merveille d'Euro-pop stylée, au point de devenir l'un des disques les plus diffusés dans Rockomondo ces derniers mois. J'avais donc toutes les raisons d'être heureux de les revoir, sauf que les conditions pour le moins spatiates de ce showcase augmentées d'incessants problêmes techniques ont rendu ces retrouvailles un peu moins réussies qu'elles auraient dû l'être. Pas de chance. Il faudra que je revoie un jour Wolfkin lors d'un VRAI concert, à présent que je connais et que j'apprécie leur répertoire.

 (Wolfkin @ DUP stage, 01/06/07, photo: rockomondo) 

Tout ça m'a fait rater les premiers morceaux de The Kissaway Trail, quelques dizaines de mêtres plus loin, sous la grande tente d'Officerspladsen. Lorsque j'arrive, une foule compacte se presse déjà devant la scène avec, dans les premiers rangs, une moyenne d'âge qui chute de façon spectaculaire et des éléments masculins plutôt rares. Le groupe a semble-t-il tiré un certain prestige de sa signature sur le label anglais Bella Union et de la distribution internationale de l'album qui porte son nom. Il est vrai qu'on pouvait y constater de notables progrès depuis leurs débuts il y a deux ans sous le nom de Isles. Néanmoins, The Kissaway Trail (l'album) ne tenait pas tout à fait les promesses de son excellent premier single, "Smother + Evil = Hurt" et s'égarait souvent dans l'emphase et la grandiloquence. Sur scène, c'est pire encore: Le manque de charisme des musiciens - on croirait voir un groupe de lycée - contraste cruellement avec les hautes ambitions affichées de leur musique. Ces hymnes héroiques devraient nous soulever de terre, ils nous laissent indifférents. Malgré tout, quelques morceaux bien supérieurs aux autres (le déjà cité "Smother + Evil", "Sometimes I'm always black") laissent deviner que The Kissaway Trail pourrait se montrer capable de beaucoup mieux. Mais il leur faudra encore beaucoup travailler avant d'espérer égaler Mew ou Arcade Fire, les deux modèles qu'ils ont visiblement en ligne de mire.

 (The Kissaway Trail @ Officerspladsen, 01/06/07, photo: rockomondo)

Une chronique en francais de l'album de Wolfkin "Brand new pants" .

A ré-écouter:

WOLFKIN : "These are illusions" (extrait de "Brand new pants")

THE KISSAWAY TRAIL : "Smother + Evil = Hurt" (extrait de "The Kissaway Trail")

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Published by J.P. Moya - dans Spot 2007
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2 juillet 2007 1 02 /07 /juillet /2007 17:28

Le lendemain, c'est à nos vieux amis de Green Concorde que revient l'honneur d'ouvrir réellement le festival au Ridehuset, un ancien manège à chevaux. La parution tardive de leur (très réussi) premier album, "Ten cities" a conduit le quintet à re-exploiter sur scène un répertoire déjà vieux de plusieurs années. Et lorsque je leur demande un peu plus tard s'ils n'en n'ont pas un peu assez de jouer encore et toujours ces anciens morceaux, ce sera un cri du coeur unanime: "On n'en peut plus !". Pour autant, sur scène, le groupe n'en laisse rien paraître et joue serré, tendu, mordant. Tout sauf du pilotage automatique. A force d'interprêter le même répertoire, les musiciens ont acquis une impressionnante cohésion et leur post-punk sombre et cinglant sonne encore mieux ce soir que lorsque j'avais vu le groupe il y a deux ans au même endroit. A la fin, cerise sur le gâteau, on aura même droit à un titre inédit, promesse - on l'espère - de belles choses à venir.

 (Green Concorde @ Ridehuset, 01/06/07, photo: rockomondo)

GREEN CONCORDE : "Detroit"

GREEN CONCORDE : "2:26 (Supertroels remix) "

GREEN CONCORDE : "2:26 (Marybell Katastrophy remix) "

Je ne sais pas très bien à quoi m'attendre en allant voir Prins Nitram à Filuren, la plus petite salle du Musikhuset. Il y a quelques jours encore, je ne connaissais rien de lui. J'ai fait sa découverte sur le site internet de Spot qui propose quelques morceaux en écoute, et ça m'a bien plu: une sorte d'équivalent cheap d'Existensminimum avec une musique très pop, très cinématographique, flirtant souvent avec l'easy-listening, mais basculant aussi parfois dans des choses bien plus étranges, avec une approche très lo-fi. Pour ce dernier point, l'explication est simple: Prins Nitram est un one-man band, projet d'un certain Martin Dahl aux allures de crooner en déconfiture. Etrange personnage, vraiment: le costume est en lamé-or, mais le pantalon tirebouchonne sur les chaussures. La moustache conquérante, mais la mèche de cheveux un peu lourde. Sur scène Martin Dahl chante, tout en officiant parfois à la basse, parfois à la batterie, parfois aux deux en même temps. Mais en fait il n'est pas vraiment seul car derrière lui, projetés sur un écran, d'autres Martin Dahl absolument identiques au premier se chargent des autres instruments. L'effet est très spectaculaire, d'autant plus que sur l'écran, les personnages apparaissent et disparaissent, se dédoublent, grandissent ou rapetissent dans un étonnant ballet synchonisé à la musique. Comme cette dernière confirme la bonne impression laissée par les morceaux du site internet, l'ensemble forme un spectacle tout à fait enthousiasmant. Prins Nitram terminera son concert par un morceau a capella, bati graduellement suivant la bonne vieille technique des "loops". On attendra avec impatience son premier album prévu l'hiver prochain chez White-Out.

 (Prins Nitram @ Filuren, 01/06/07, photo: rockomondo)

PRINS NITRAM : "Arrogance"

D'autres morceaux de Prins Nitram trouvent sur sa page MyMusic.dk (il faut s'inscrire -c'est gratuit - pour pouvoir télécharger)

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Published by J.P. Moya - dans Spot 2007
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1 juillet 2007 7 01 /07 /juillet /2007 15:33

A la question de savoir si j'ai vu Taxi, Taxi ! à Spot 2007, la réponse est oui, je les ai vues...  le lendemain de leur concert, en train de faire du shopping dans les rues d'Aarhus tout en picorant des pousses de soja. Parce que le soir même où elles jouaient, c'était mission impossible. Le buzz autour des deux jumelles suédoises a fait son oeuvre: la salle était pleine et le service d'ordre ne laissait entrer les nouveaux arrivants qu'au fur et à mesure des sorties. Manque de bol, personne ne sortait, ce qui laisse à penser que ce qui se passait à l'intérieur n'était pas si mal. D'ailleurs, à défaut d'avoir l'image, on en reçevait quelques échos sonores, et ça paraissait effectivement très bien. Mais bon, il en fallait quand même plus pour me faire rester là alors qu'il se passait tant d'autres choses intéressantes ailleurs. Direction Train, l'une des deux salles "rock" de la ville, où se produit A Kid Hereafter. J'avais adoré leur premier album "Rich Freedom Flavour" et le clip de "Secret Service", déjà proposé ici, me laissait penser qu'on pouvait raisonnablement espérer passer un bon moment avec eux.

 (A Kid Hereafter/ Frederik Thaee @ Train, 31/05/2007, photo: rockomondo)

Et effectivement, dés que le groupe entre en scène, il se passe indéniablement quelque chose. Sur la droite, trois fées clochette pince-sans-rire, préposées respectivement au violoncelle, aux claviers et aux choeurs. Sur la gauche un tandem guitare-basse amateur de poses rock n'roll à trois balles et un batteur iggypopesque enfermé dans une cage de verre (il mord ?), tous élégamment vétu de joggings rose-fushia hormis le guitariste en total look cow-boy et le batteur déjà presqu'à poil. Au milieu, l'hallucinant Frederik Thaee, croisement improbable entre Valentin le désossé, Raspoutine et Barberousse le pirate ! Le problème avec A Kid Hereafter, c'est qu'ils n'arrivaient pas à se décider pour un style de musique bien particulier. Du coup, ils les jouent tous ensemble: pop, surf-punk, heavy-métal, reggae, hardcore, ska, prog-rock, rien ne les arrête, et hop ! une pincée de Supertramp par-ci, et zou ! une lichette de Queen par-là... Je sais bien, dit comme ça, ça fait un peu peur. Mais le vrai miracle de cette histoire, c'est que non seulement A Kid Hereafter arrive à tirer un résultat cohérent d'ingrédients aussi hétéroclites, mais que celui-ci se révèle en plus particulièrement goûteux. Le groupe dispose de trois atouts majeurs: un sens mélodique inné, un irrésistible sens de l'humour (avec une bonne dose de second degré), et une énergie scénique complêment débridée.

 (A Kid Hereafter/ Hanna Headbanger @ Train, 31/05/07, photo: rockomondo)

Dans ces conditions, difficile de résister. L'album, déjà, n'engendrait pas la mélancolie, mais c'est sur scène que A Kid Hereafter donne sa vraie mesure. La violoncelliste minaude, la choriste joue les Droopy, les gratteux évacuent leur trop plein de testostérone façon Spinal Tap, le batteur s'échappe de sa cage (il mord !) et au milieu Frederik Thaee qui fanfaronne, gesticule, court dans tous les sens, claque les mains tendues du public, agite frénétiquement sa tignasse et sa barbe rousse: un personnage ! Comme c'est le dernier groupe de la soirée, on a même droit - faveur rare dans ce festival - à un rappel: trois morceaux 100% hardcore (sans les fées clochette restées dans les coulisses). Wow ! le festival avait à peine commencé et j'avais déjà eu droit à l'un des meilleurs concerts que j'ai vu depuis des lustres ! Bon, c'était décidé: j'allais rester les deux jours suivants. 

A revoir: le clip de "Secret service"

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Published by J.P. Moya - dans Spot 2007
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29 juin 2007 5 29 /06 /juin /2007 02:44

"Nous nous sommes installés à Berlin" (variantes: "Nous allons nous installer à Berlin" ou "Nous pensons nous installer à Berlin"): voilà ce qui a été - et de loin - le refrain le plus populaire du dernier festival Spot. A croire que la capitale allemande possède une irrésistible force d'attraction pour les groupes et les labels danois. Il faut dire que vivre de sa musique - et a fortiori du rock indépendant - reste une gageure dans un pays peuplé seulement d'un peu plus de cinq millions d'habitants. Autrement dit rien du tout comparé aux 82 millions d'allemands. Berlin offre bien des avantages: position stratégique au coeur de l'Europe, proximité du Danemark, une scène alternative dynamique, des loyers modérés dans l'ancien Berlin-Est, la possibilité de profiter des bons réseaux de distribution et du maillage serré de salles allemand, bref toutes les raisons de sauter le pas. Et pour ceux qui hésitaient encore, l'assaut et la démolition façon "Apocalypse now" d'Ungdomshuset, squat culturel historique du quartier de Nørrebro (revendu par la ville de Copenhague à une secte chrétienne fondamentaliste !) ont fini de les décider. Cette expulsion / destruction particulièrement musclée, tout comme la répression féroce des manifestations qui ont suivi, ont été ressenties ici par beaucoup comme un véritable traumatisme. S'il est clair que la scène rock Danoise n'a jamais été aussi active et florissante - les concerts de ce treizième Spot Festival l'ont amplement démontré - il est tout aussi clair, pour ses acteurs, que son avenir est ailleurs.

 (Marybell Katastrophy @ Spot 13, photo: Mikkel Elbech)

Comme toujours, Spot a commencé le jeudi soir dans la grande salle du Musikhuset par la très (pas tant que ça, en fait) solennelle soirée d'ouverture. On n'a pas échappé aux discours interminables (encore plus d'ailleurs lorsqu'on n'en comprend pas un mot), ceci avant d'arriver - enfin ! - dans le vif du sujet: la musique. Une tradition bien établie veut que la soirée d'ouverture de Spot soit toujours plus ou moins ratée, et celle-ci n'a pas fait exception à la rêgle. Sur le papier, pourtant, l'affiche semblait particulièrement allèchante: Marybell Katastrophy, apprécié à Reims quelques semaines plus tôt sur la scène format timbre-poste de l'Appart' Café, et que j'étais curieux de revoir dans cette salle de 1600 places avec costumes, mise-en-scène, choeurs et invités. Et The National Bank, le supergroupe norvégien de Thomas Dybdahl et divers musiciens de Jaga Jazzist, de Big Bang et de Susanna & the Magical Orchestra, qui jouait pour la première fois hors de ses frontières.

Entre deux loups géants aux yeux phosphorescents (c'était le décor, je n'avais rien bu), Marybell Katastrophy entre en scène, habillé(es) de curieux costume rétro-futuristes. Visuellement, c'est très réussi, les éclairages du Musikhuset sont comme toujours irréprochables et à l'arrière-plan les dix choristes disparaissent dans une sorte de manchon géant dont n'émergent que leurs têtes. Le tout évoque une ambiance très féérique, à mi-chemin entre "Alice aux pays des merveilles" et "Le pacte des loups".  Pour qui connaissait les versions démo enregistrées par Marie Højlund en solo, ses chansons ont pris une belle étoffe depuis que Marybell Katastrophy est devenu un véritable groupe. Mais est-ce la faute à la vaste scène du Musikhuset qui sépare les musiciens les uns des autres, ou encore à un trac bien compréhensible devant ce concert de prestige et l'important public venu les voir, en tout cas Marybell Katastrophy - sans démériter - peine à retrouver la rayonnante énergie de leur concert rémois. Face à l'enjeu, Marie et ses acolytes semblent se retenir, et leur application évidente à bien faire donne malheureusement à leur prestation un côté un peu figé. Dommage. Le groupe se rattrapera le lendemain dans une salle plus modeste en livrant, d'après des espions dignes de confiance, l'un de ses tous meilleurs concerts.

 (The National Bank/Thomas Dybdahl @ Spot 13, photo: Mikkel Elbech)

Si Marybell est une demi-déception, que dire alors de The National Bank ? Depuis ce concert j'ai ré-écouté d'innombrables fois leur premier (et pour l'instant unique) album, que j'aime toujours autant que lorsque je l'avais découvert il y a un plus de deux ans. Alors comment expliquer ce somptueux naufrage ? Tout ce qui était suggéré sur l'album est ici asséné, surligné sans finesse. Martin Horntveth tape comme un sourd sur ces fûts, les autres touillent une bouillie pour le moins indigeste, Thomas Dybdahl lui-même - que j'avais vu bouleversant à Eurosonic - semble ne se reposer que sur sa seule technique, incapable de provoquer le moindre frisson d'émotion. Mais la palme revient quand même à Morten Qvenild au claviers. Difficile de croire que c'est le même homme qui officie sur la musique tout en retenue et en finesse de Susanna & The Magical Orchestra. Au sein de The National Bank, il se montre tout simplement insupportable, noyant la musique dans de stériles démonstrations de virtuosité, le tout culminant avec deux innommables solo prog-rock (accueillis par les applaudissements nourris du public !) comme je n'en avais plus entendu depuis... Utopia ? On tenait là la preuve par A +B qu'on ne peut vraiment juger les artistes qu'après les avoir vu sur scène. Tant pis pour moi, qui ait découvert à cette occasion que le groupe à qui j'avais consacré le premier post de ce blog ne valait en fait pas une cacahuète.

A ré-ecouter et à revoir:

MARYBELL KATASTROPHY : "Slabiak"

MARYBELL KATASTROPHY : "Nightwalk"

(clic droit et "Enregister la cible sous...")

THE NATIONAL BANK : "Tolerate" (vidéo-clip)

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Published by J.P. Moya - dans Spot 2007
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