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  • : Rockomondo
  • : L'audio-blog des musiques rock, pop, folk, électro du monde entier.
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Rockomondo

Rockomondo est une émission diffusée en direct chaque jeudi soir de 21h00 à 22h00 sur Radio Primitive (92.4, Reims et la région) et rediffusée le même jour à la même heure sur Euradio (101.3, Nantes) la semaine suivante. La programmation en est principalement rock, pop, folk et électro, en majeure partie indépendante (mais pas seulement), et surtout axée sur les productions de pays autres que l'Angleterre et les Etats-Unis.

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Rockomondo est aussi un site internet en anglais relatif à l'émission www.rockomondo.com actuellement en sommeil dans l'attente d'un nouveau design. Mais vous pouvez toujours y consulter de nombreuses archives.

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24 août 2008 7 24 /08 /août /2008 22:25

Beaucoup de nouveautés intéressantes lors de ce Spot 2008, mais aussi quelques-unes très désagréables. Par exemple, alors qu'on se trouve souvent devant un véritable dilemme lorsque deux ou trois bons groupes jouent à la même heure, on peut remarquer que les artistes qui se produisent à Officerpladsen - le grand chapiteau de 2000 places - sont seuls (ou presque) à jouer à ce moment. Le but serait d'attirer artificiellement les spectateurs pour ces concerts qu'on ne s'y prendrait pas autrement. Lorsque les suédois Familjen entrent en scène ce samedi à 23h00, il n'y a donc rien d'autre au programme alors que pas moins de huit groupes se disputaient l'heure précédente. Inutile de vous dire que dans ces conditions Officerpladsen est littéralement bondé. J'avais déjà vu Familjen en janvier à Eurosonic pour un concert passablement raté devant quelques pékins égarés. Ce soir évidemment, l'ambiance n'est plus la même. Est-ce que c'est meilleur pour autant ? Pas en ce qui me concerne en tout cas. Autant j'avais adoré l'electro-pop façon New Order de leur album, autant je reste froid à l'option radicalement dance-floor choisie en concert. Question de culture, sans doute: celle-ci n'a rien à voir avec la mienne. Mais je constate que le public a l'air de bien s'éclater, même quand Familjen invite une calamiteuse chanteuse qui me pousse sans regret vers la sortie. Au moins, j'arriverai à l'heure pour le concert de The Elephants avec qui j'ai choisi de refermer le festival. 

(Familjen, photo: Andreas Lindbäck, Il ne s'agit pas de Spot, mais c'est tout ce que j'ai trouvé !)

Visitez la page MySpace de Familjen.

The Elephants jouent en dehors de l'enceinte du festival, à Svalegangen, un théatre de conception récente situé dans une des rues piétonnes du centre-ville. Le premier album de ce quintet (une fille - quatre garçons) de Copenhague m'avait suffisamment séduit pour que j'en fasse le disque du mois de Rockomondo en février dernier. Il faut dire que The Elephants synthétisent à merveille trois décennies de délices pop, sautant des années '60 (Beatles, Beach Boys) aux années '80 (Prefab Sprout, Aztec Camera) pour terminer en beauté avec les années '90 (Belle & Sebastian, l'écurie Elephant Six). Avec leurs mélodies qui font mouche à tous les coups, leurs arrangements raffinés tout autant que variés, leurs délicieuses harmonies vocales, ces Elephants là ont tout pour plaire et suffisamment de délicatesse pour ne rien abimer dans le fameux magasin de porcelaine. Et si le disque laissait apparaître un soupçon de raideur dans l'exécution, sur scène, c'est tout simplement parfait. Le groupe aligne ses pépites avec une décontraction et une assurance qui font naître de larges sourires sur le visage des spectateurs. Quand aux féministes, elles apprécieront sans doute le fait que - cas extrèmement rare ! - c'est la fille du groupe, Martine Madsen qui prend tous les solos de guitare. Vraiment un concert idéal pour clore ce très grand cru de Spot.
Voilà, c'est fini... En attendant Juin 2009, on pourra toujours s'occuper utilement en partant à la découverte de tous les groupes du festival qu'on n'a pas pu voir. Il serait bien étonnant de ne pas trouver parmi eux encore quelques petites merveilles.
 
 
 (The Elephants @ Svalegangen, 07/06/08, photos: rockomondo)

THE ELEPHANTS : "5 minutes" (extrait de "The Elephants", 2007).

Visitez la page MySpace de The Elephants.

Achetez l'album de The Elephants.
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21 août 2008 4 21 /08 /août /2008 10:49
C'est en me rendant vers la tente "Way Up North" que je tombe sur Yebo et Jessica du label Crunchy Frog  qui comme moi vont au showcase de Thee Attacks. Même si le groupe n'est pas (encore ?) signé chez Crunchy, Yebo les soutient et a même donné un petit coup de main à la production de leur premier disque. Nés vraisemblablement au début des années '90, ces quatre garçons aux joues roses souffrent d'un mal étrange: ils sont persuadés de vivre en 1965 ! Costars cintrées, pantalons fuseaux, boots pointues, cravates étroites, ray-bans, toute la panoplie y est, et je ne parle même pas des guitares Dan-Electro vintage, ni des amplis Vox, Selmer et Epiphone. La musique est sans surprise à l'image exacte de leur look: sèche, nerveuse, garantie sans matière grasse, à mi-chemin entre beat groups britanniques et garage bands américains. Sur scène, l'énergie emporte tout et on jubile à se croire nous aussi revenus au milieu des glorieuses sixties. Sur disque - un CD ! Trahison ! - on remarque plus que le chanteur n'est ni Eric Burdon, ni Mitch Ryder, et qu'il devrait y aller mollo sur les hurlements. Mais bon, Thee Attacks sont encore très jeunes: tout devrait s'arranger en '66 ou '67 à supposer qu'ils ne virent pas psychédéliques d'ici-là.
 
 (Thee Attacks @ Way Up North tent, 07/06/08, photo: rockomondo)

Visitez la page MySpace de Thee Attacks.

Retour une dernière fois à VoxHall pour le concert de Said The Shark, que j'avais déjà vu en showcase l'année dernière dans ce même festival. Composé de la canadienne Maya Saxell (Voix, guitare, écriture des morceaux, production) et du danois Kim Oxlund (claviers, instruments divers, arrangements) le duo avait été mon gros coup de coeur de l'année 2006 avec son premier album "Always prattling on about wolves", superbe collection de chansons en apesanteur portées par la voix brisée ô combien émouvante de Maya Saxell et les mystérieuses textures sonores concoctée par son partenaire. Deux ans plus tard, Said The Shark - devenu entre-temps un vrai groupe de quatre musiciens - nous offre avec "Silly Killings" une suite comme on n'osait l'imaginer, Alors que bien des seconds albums se contentent de dupliquer - souvent avec moins de succès - la recette de leur prédécesseur, celui-ci est un véritable pas en avant qui nous confirme (si l'on en doutait...) que Said The Shark n'a pas fini de nous surprendre. Partant des bases établies sur son premier disque, le groupe y élargit sa palette, explore de nouvelles pistes, joue avec les rythmes, les ambiances, le volume sonore également (pour la première fois on l'entend réellement FAIRE DU BRUIT !) et signe une nouvelle fois un disque hors étoiles. Sur scène, on croirait voir un déballage de vide-grenier dominical: des guirlandes lumineuses qui clignotent un peu partout, un énorme anneau métallique suspendu devant la batterie, un pavillon de gramophone, des jouets musicaux en tous genres et tout un bric-à-brac d'objets hétéroclites. Ne manquent que les fameux ratons-laveurs de la poésie de Prévert.

 (Said The Shark, VoxHall, 07/06/08, photo: rockomondo)

Le groupe apparaît au son du "Beau Danube Bleu", version Portsmouth Sinfonia, et dés lors le ton est donné: autant le concert de Said The Shark en 2007 était intimiste et minimal, autant celui-ci sera extraverti et fantasque. Non pas que Maya Saxell se soit soudain trouvé des dons de performer: pâle et diaphane, elle bouge toujours aussi peu, le regard obstinément fixé au dessus de la tête des spectateurs. On dirait une de ces "Dames blanches" qu'on rencontre parfois dans les histoires de fantômes et on est presque surpris de l'entendre s'adresser au public et plaisanter avec ses musiciens entre les morceaux. Mais sur le répertoire varié de "Silly Killings", l'atmosphère ce soir est définitivement légère et ludique. On s'amuse à voir les musiciens restituer en direct et avec un plaisir enfantin le foisonnement sonore élaboré sur les albums. Ils font rebondir des billes sur le sol, laissent tomber des règles métalliques, et offrent plus ou moins au hasard le soin de décider à leur place. Le public, lui aussi, est mis à contribution: des instruments-jouets sont distribués au premier rang (parmi lequel l'inévitable Fredrik "A Kid Hereafter" Thaee, décidément partout lors de ce festival). Cela pourrait tourner au grand n'importe quoi et c'est tout le contraire: la musique est suffisamment forte pour supporter ce genre de fantaisies, et les morceaux qui rockent - il y a deux ans je n'aurais jamais imaginé écrire ça un jour de Said The Shark ! - le font avec encore bien plus de force que dans leur version enregistrée. Le final est mémorable avec "Shaky Heart", envoûtante déclinaison sharkienne de "I'm waiting for the man". Lors d'un moment d'accalmie, on entend soudain le son de batterie venir du fond de la salle. On se retourne alors pour découvrir un jeune tambour qui fend le public et s'approche de la scène en jouant de son instrument, avant que le groupe termine le morceau dans un grandiose crescendo. Hormis le fait d'avoir assisté à un excellent concert, je ressortais avec un sentiment de satisfaction sans doute un peu plus personnel: concernant Said The Shark, dés le début, je ne m'étais pas trompé.
 
 (Said The Shark, Maya Saxell @ Voxhall, 07/06/08, photo: rockomondo)

SAID THE SHARK : "No getting over you" (extrait de "Always prattling about love", 2006)

Visitez le site internet de Said The Shark.

Et aussi leur page MySpace.

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18 août 2008 1 18 /08 /août /2008 10:40
Retour à Officerpladsen pour Choir Of Young Believers, le groupe de l'ex-Lake Placid Jannis Noya Makrigiannis qui - en version trio - m'avait littéralement scotché lors de sa première apparition télévisée (toujours disponible sur YouTube). Ce soir, ils sont huit sur scène parmi lesquels Cæcilie Trier au violoncelle (déjà remarquée chez Atoi et Jong Pang), Anders Rhedin (Jong Pang également) et un Jannis Noya Makrigiannis barbu qui ne ressemble plus du tout à celui que j'avais découvert précédemment sur les photos et les vidéos. Dans cette configuration élargie, le groupe restitue de façon grandiose l'élan épique de son premier EP sans perdre pour autant la sensibilité démontrée en trio. Intense, romantique, généreuse, passionnée, la musique de Choir Of Young Believers décolle en plus d'une occasion et l'on comprend mieux tout d'un coup pourquoi le groupe s'appelle ainsi: il règne réellement ici une ferveur presque religieuse, un investissement total qui dépasse de loin celui de simples musiciens pop. Il suffit de regarder l'état dans lequel se trouve Makrigiannis entre chaque morceau: on le croirait sorti de transe, le regard un peu désemparé, les mains tremblantes, tirant nerveusement sur sa cigarette. Manifestement, la musique est pour lui quelque chose de vital. Cette conviction farouche pousse le groupe à se dépasser et transforme ce qui était au départ un projet solitaire en superbe aventure collective. L'album sort le premier septembre (Tigerspring): il s'agira de ne pas le manquer.
 
 
 
 (Choir Of Young Believers @ Ofiicerpladsen, 07/06/08, photos: rokomondo)

CHOIR OF YOUNG BELIEVERS : Six morceaux à télécharger sur MySpace.

(Et dépéchez-vous: avec la sortie prochaine de l'album, il n'est pas dit qu'ils soient disponibles en téléchargement gratuit pour encore très longtemps !)

Visitez aussi www.tigerspring.net et www.myspace.com/tigerspring
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Published by J.P. Moya - dans Spot 2008
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16 août 2008 6 16 /08 /août /2008 09:13
Retour à Officerpladsen pour le concert de The Floor Is Made Of Lava. TFIMOL (on va dire comme ça) est sans doute ce qui se fait aujourd'hui le plus proche d'un groupe punk sans pour autant afficher le look folklorique inhérent au genre: chansons courtes et cinglantes, provocs pas toujours très malines ("Do your sister !", ouh là là...), chainsmoking, bière et rots, et l'air de vouloir en découdre avec le monde entier. Surtout le groupe est l'auteur d'un morceau qui tue: "Told her I'm from Compton". Si l'on passe rapidement sur le fait que ces blancs-becs n'ont sans doute jamais mis le pied à Compton - quartier de L.A. connu pour ses guerres de gangs - et qu'on préfèrerait les voir traiter de sujets les concernant, force est de reconnaître qu'avec son riff tranchant et ses petits roulements de batterie vicieux leur chanson a plutôt de la gueule. Il est simplement dommage qu'ils se soient cru obligés de tailler tout le reste de leur répertoire sur le même modèle avec - forcément - un peu moins de succés. Du coup, une fois entendue la version originale, on se dit qu'on n'a plus beaucoup de raisons de rester et on va voir ailleurs.
 

 (The Floor Is Made Of Lava @ Officerpladsen, 07/06/08, photo: rockomondo)

Visitez le site de The Floor Is made Of Lava.

Et aussi leur page MySpace.

Ailleurs, en l'occurence, c'est la Rytmisk Sal où se produit la norvégienne Susanna, sans le Magical Orchestra avec lequel elle a déjà enregistré deux albums, mais en compagnie d'un guitariste pointilliste et d'un effleureur de fûts. Cette fois-ci, pas la moindre trace d'électronique dans cette exercice singer-songwriter de haute volée basé sur le répertoire de son album solo "Sonata mix dwarf cosmos" (Rune Grammofon, 2007). Assise à son piano, tournée de trois-quart dos au public, Susanna Wallumrød suspend le temps avec ses chansons en lévitation, presqu'immobiles. Elle chante magnifiquement, mieux sans doute que la plupart des chanteuses que j'ai pu entendre récemment. Et pourtant... et pourtant j'ai du mal à me sentir touché par sa musique. Toute cette perfection me séduit plus qu'elle ne m'émeut. C'est sans doute très beau, mais aussi un peu froid, dénué de ces petites imperfections, de ces accidents qui vous rendent la musique proche et humaine. Avis totalement subjectif bien sûr ! D'autres - l'envoyé d'Abus Dangereux par exemple - se sont montrés bien plus réceptifs que moi à ce concert un peu trop parfait. 

 (Susanna @ Rytmisk sal, Musikhuset, 07/06/08, photo: rockomondo)

  Visitez la page MySpace de Susanna.

  Et aussi celle de Susanna and The Magical Orchestra
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12 août 2008 2 12 /08 /août /2008 19:37

Ooops ! J'ai dormi un peu trop longtemps le samedi matin et c'est en retard que j'arrive sur le site du festival, ratant du même coup Jomi Massage version Grand Orchestre, Michael Moller - le chanteur de Moi Caprice - en solo, et les islandais de Hjaltalin (ce qui m'évite un choix cornélien) et aussi un rendez-vous que j'avais en début d'après-midi. J'ai quand même le temps d'attraper au vol quelques morceaux de One-Eyed Mule sous la tente du DUP. Auteur déjà de deux albums, One-Eyed Mule est un quintet de Copenhague qui pratique une americana assez musclée à prédominance acoustique. Rien de follement original, mais ça rocke sans complexe et on passe un très bon moment avec eux.

'One-Eyed Mule @ DUP tent, 07/06/08, photo: rockomondo)

ONE EYED MULE : "Where you don't belong" (extrait de "From the Beats to the Bible", 2008)

(Merci à / Thanks to Capac)

Visitez la page MySpace de One-Eyed Mule.

En allant jeter un cour d'oeil à Officerpladsen, je tombe sur Maya Saxell et Kim Oxlund, les deux artisans de Said The Shark qui jouent un peu plus tard dans l'après-midi à Voxhall. Ils sont tout à fait charmants et me présentent leurs nouveaux musiciens (Said The Shark est devenu à présent un vrai groupe), alors que je suis tout intimidé comme à chaque fois que je me retrouve devant des gens dont le talent m'impressionne. Et décidément, c'est le jour des rencontres car en me rendant au Musikhuset, je croise la route de Jim Holm. On ne se connait physiquement que depuis l'année dernière, mais il y a une bonne quinzaine d'années que nous sommes en contact. Au début des anées '90, Jim Holm dirigeait Cloudland, l'un des premiers labels indépendants danois qui lança des artistes comme Nikolaj Nørlund, 18th Dye ou les frères Olesen et dont l'influence allait être déterminante pour la suite des évènements. Aujourd'hui, toujours curieux et défricheur, il s'occupe du label Merger (Marybell Katastrophy) et de l'agence du même nom qui réunit des valeurs sûres du rock danois (18th Dye toujours, Speaker Bite Me...) aussi bien que des nouveaux venus (1 2 3 4, The Late Parade, Bodebrixen...). Conseil du jour de Jim Holm: aller voir Slarrafenland à Store Sal, ce qui tombe bien, c'est justement là où je me rendais ! Slarrafenland est un quintet de Copenhague signé sur Rumraket, le label créé par Efterklang. Au départ uniquement instrumental et très orienté jazz, le groupe a évolué de façon radicale sur son dernier album "Private Cinéma" avec des compositions labyrinthiques qui rappellent à présent beaucoup - en plus électrique - ce que fait Efterklang sur scène. Et c'est là le problême, car ces derniers ont été tellement exceptionnels la veille au soir que Slaraffenland souffre inévitablement de la comparaison. Musicalement pourtant, les musiciens tiennent toutes leurs promesses. Mais desservis par un look discutable (avec son serre-tête rouge le chanteur-flûtiste moustachu évoque malencontreusement les deux crétins de la pub "118-218" !), il ne parviennent pas à faire surgir cet élément mystérieux et inexplicable qui sépare les bons des grands concerts: la magie ! Alors voilà, tout est question de contexte. J'imagine que si j'avais vu Slaraffenland en d'autres circonstances, je les aurais trouvé totalement enthousiasmants. Mais dans l'environnement haut-de-gamme de Spot 2008, ils ne furent "que" très bons.
 
(Slaraffenland @ Store Sal, Musikhuset, 017/06/08, photo: rockomondo)

SLARAFFENLAND : "Polaroïds" (extrait de "Private Cinema", 2007)

SLARAFFENLAND : "Shuto-uchi" (extrait de "Jinkalawa", 2005)

SLARAFFENLAND : "Cockaigne" (extrait de "Jinkalawa", 2005)

Visitez la page MySpace de Slaraffenland.
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8 août 2008 5 08 /08 /août /2008 09:08

Il est une heure du matin lorsque je rejoins Store Sal pour le concert d'Efterklang qui referme cette seconde journée de festival. J'avais déjà vu le groupe au même endroit quelques années plus tôt: mais dans des circonstances bien différentes: le concert avait eu lieu l'après-midi devant un public plutôt clairsemé. Ce soir, la grande salle du Musikhuset est bondée. A cette heure tardive, tout le public du festival semble s'y être donné rendez-vous . Sur scène un capharnaüm d'instruments en tous genres attend les huit musiciens qui font leur entrée en arborant un look campagnard années 40: pantalons d'écuyers, bretelles, chemises blanches, gilets de flanelle, casquettes pour certains. Seule exception prévisible, Anna Brønsted aux claviers qui semble à présent avoir définitivement intégré le groupe (elle vient également de sortir son premier EP sous le nom de "Our Broken Garden"). Efterklang offre je crois le cas unique d'un groupe dont je n'aime pas les albums mais que j'adore cependant voir sur scène. Ce n'est pas tant la musique qui est en cause sur les disques que la façon dont elle est arrangée, cette manie d'additionner à n'en plus finir des intervenants extérieurs (orchestres, chorales) à tel point qu'on se demande parfois: "Mais où est passé le groupe derrière tout cela ?".

(Efterklang @ Store Sal, Musikhuset, 06/06/08, photo: rockomondo)
 
Sur scène, la question ne se pose pas, le groupe est là, serein, chaleureux, très en forme malgré la longue tournée américaine qu'il vient tout juste d'achever. Débarassés de leurs ornements superflus, leurs longs morceaux-gigogne vibrent comme jamais et les musiciens, galvanisés par l'accueil qu'ils reçoivent, les poussent vers des sommets insoupçonnés. L'harmonie qui règne entre eux est presque palpable: ils se complêtent, se répondent, s'échangent leurs instruments comme s'il s'agissait d'une cérémonie, d'un rite de partage. Ce soir, rien ne peut les arrêter. On aura ainsi droit à quelques moments d'anthologie. Quand par exemple (sur "Chapter 6" si je ne me trompe) trois des musiciens viennent s'accroupir au premier plan pour une extraordinaire séquence de percussions sur la barre de cuivre qui borde la scène. Faire d'un simple élément du décor un instrument de plus au service de la musique, quelle belle idée ! Autre passage inoubliable: le groupe au grand complet qui quitte la scène avec ses instruments pour partir à la queue leu leu parader dans les allées au milieu du public. A partir de ce moment, c'est toute la Store Sal avec ses 1500 spectateurs qui va littéralement quitter la terre. C'est un peu comme à la fin de "Rencontres du Troisième Type" lorsque le vaisseau-mère décolle en projetant autour de lui une myriade de lumières multicolores. Et nous, nous sommes à l'intérieur, heureux, confiants, prêts à suivre nos hôtes où ils voudront bien nous conduire avec l'absolue certitude que rien de mal ne peut nous arriver.... Presque trois mois plus tard, je ne suis toujours pas redescendu.

EFTERKLANG : "Mirror Mirror" (live Feb. 2008, St Gallen)

EFTERKLANG : "Jojo" (live Nov. 2005, Stockholm)

Visitez la page MySpace d'Efterklang.

Achetez les disques d'Efterklang.
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6 août 2008 3 06 /08 /août /2008 10:48
Veto, c'est le succés surprise de l'année 2006 au Danemark. Personne ne les avait vu arriver, et voilà que ce quintet de Copenhague fait un véritable carton avec son premier album "There's a beat in all machines" (Tabu), raflant au passage une jolie moisson de récompenses en tous genres. Depuis, un second album ("Crushing digits") est paru, entrainant le post-punk du groupe vers un son de plus en plus synthétique qui les rapproche aujourd'hui de leurs compatriotes Nephew et Spleen United. Il n'est pas si facile de marier avec efficacité le rock et les musiques électroniques et à l'évidence les danois sont particulièrement doués en la matière. A voir la foule qui se presse sous la grande tente d'Officerpladsen et qui scande "Ve-to ! Ve-to !", on sent que le concert va être chaud-chaud. Juste devant la scène, c'est pire encore, une foule compacte et excitée, très jeune dans son ensemble et remontée à bloc. A Officerpladsen, ils ont trouvé le truc pour faire monter la tension. Environ un quart d'heure avant que les concerts commencent, un écran se déroule devant la scène. On y voit un court film promotionnel et des clips du groupe à venir, puis le présentateur prend le micro en direct pour chauffer encore un peu plus le public, enfin commence un compte à rebours jusqu'au lever du rideau. Très efficace: lorsque le groupe apparaît, c'est l'explosion ! Si le premier album de Veto alternait morceaux lents et bombes rock très efficaces, le second adopte une voie médiane et privilégie des tempos moyens qui sur scène se révèlent de formidables machines à danser. Impossible de résister à l'effet dévastateur de titres comme "Built to fall" ou "You say yes, I say yes" avec leurs synthés qui vous soulèvent littéralement du sol. La foule tangue dangereusement et lorsque le rythme s"accélère encore ("You are the knife", le tube du premier album), on frôle le délire. Sur scène pourtant, le groupe vissé derrière ses claviers - avec au milieu un Troels Abrahamsen barbu !  - ne bouge pas beaucoup, laissant aux éclairagistes le soin d'animer la scène avec beaucoup d'efficacité. Mais l'ensemble ne manque pas de forçe, et même si le "stadium rock" n'est pas particulièrement ma tasse de thé, force est de reconnaître que celui-ci est particulièrement bien envoyé.



Impossible de prendre des photos à Veto: j'étais trop loin de la scène et ça bougeait beaucoup, mais voici une petite vidéo prise à Roskilde qui restitue bien l'ambiance du concert auquel j'ai assisté. Le morceau est "You are the knife"

VETO se produira le samedi 23 août au festival Multizik à Aubange (B).

VETO : Pluieurs titres sur RCRDLBL.com

Visitez la page MySpace de Veto.

Retour à l'intimité du VoxHall pour un groupe que j'ai très envie de voir sur scène: Jong Pang, nouvelle "chose" de l'ex-Moon Gringo Anders Rhedin. Je dis "chose", parce qu'à en croire le principal intéressé, Jong Pang n'est ni un groupe, ni un collectif, ni même un nom pour dissimuler un projet solo. C'est - je cite Rhedin - un label, une vibration, une atmosphère, l'idée abstraite de ce qu'un groupe devrait être.... Mmmmm ! Je ne sais pas ce qu'Anders Rhedin a fumé depuis la dissolution de Moon Gringo, mais je sais par contre ce qu'il a écouté: Steve Reich, Arvo Pärt, des musiques traditionnelles du monde entier, plus du tout d'indie rock. Des découvertes marquantes qui ont conduit à la création de Jong Pang et qui ont nourri son inspiration. Pourtant, ce sont paradoxalement les titres les plus ouvertement pop qui tirent le mieux leur épingle du jeu de l'album "Bright White Light" (Tigerspring) sorti au printemps. Les expérimentations, les influences ethniques apparaissent souvent laborieuses et artificielles, et plombent les morceaux plus qu'elles ne les font décoller. De ce passage vers des musiques "sérieuses" ressort également un constat: il ne reste pratiquement plus rien chez Jong Pang de la fraîcheur mutine qui caractérisait Moon Gringo.

 '(Cæcilie Trier et Anders Rhedin, VoxHall 06/06/08, photo: rockomondo)

Mais décidément, les groupes de Spot 2008 semblent bien décidés à me faire remettre en question l'opinion que je pouvais avoir d'eux. Autour d'Anders Rhedin pas moins de six musiciens parmi lesquels Cæcilie Trier déjà appréciée un peu plus tôt au violoncelle chez Atoi, Mette Sand Hersoug, l'ex-chanteuse de Moon Gringo, un ex-Strumm a la guitare, et - cerise sur le gâteau car je ne les attendait pas là - Morten Larsen et Stine Sørensen, l'impressionnant duo de batteurs(ses) d'Under Byen. Et là, soudainement, tout prend un sens. Ce qui apparaissaît brouillon et inachevé sur l'album acquiert d'un seul coup une toute autre dimension, la musique se fait vibrante, épique, passionnée. Elle témoigne d'un souffle et d'une ambition que les enregistrement seuls peinaient à révéler. J'ai l'idée que la force rythmique imprimée aux morceaux par les deux batteurs n'y est pas pour rien. Mais ça n'explique pas tout. Manifestement les six musiciens sont tous ensembles avec Rhedin, tendus vers le même but et cette alchimie très spéciale qui existe entre eux est tout simplement électrique. Que Jong Pang parvienne à la capter sur disque, et la partie sera gagnée.

Jong Pang sera au festival Multizik à Aubange (B) le dimanche 24 août.

Ecoutez et téléchargez trois morceaux de Jong Pang sur RCRD LBL.

Visitez la page MySpace de Jong Pang.
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Published by J.P. Moya - dans Spot 2008
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4 août 2008 1 04 /08 /août /2008 11:18
Le Danemark, c'est sans doute très bien me direz-vous, mais c'est aussi un peu loin. Pour tous ceux que cette seule raison a empêché de faire le déplacement jusqu'au Spot Festival, une bonne nouvelle: les programmateurs du festival Multizik.à Aubange (Belgique, tout près de Longwy) s'y trouvaient et sont revenu leur panier plein. Ce sont donc pas moins de six groupes danois, certains débutants prometteurs (No and The Maybes, Jong Pang, The Late Parade), d'autres déjà confirmés (Veto, Spleen United, Figurines) qu'on pourra découvrir les 24, 25 et 26 août au Pôle Culturel Européen d'Aubange, ceci au milieu d'une affiche de découvertes luxembourgeoises, belges, françaises et britanniques. Pas de vedettes ici, le festival Multizik est un festival pour curieux qui compense son manque de têtes d'affiche par son dynamisme et son prix très doux (17 euros les trois jours en prévente !). Très tentant ! Tellement même que je crois bien que je passerai y faire un petit tour. On se retrouve là-bas devant la baraque à frites ?
 

Vendredi 22/08 (de 19h30 à 1h15)
Norma Peals (F) : www.myspace.com/normapeals
No and the Maybes (DK) : www.myspace.com/noandthemaybes
Puggy (B) : www.myspace.com/puggyband
Diplomat (B) : www.myspace.com/diplomatrock
Inborn (L) : www.myspace.com/inborntrance
Forced Evolution (B) : www.myspace.com/forcedevolutionmusic

Samedi 23/08 (de 16h30 à 3h00)
The Late Parade (DK) : www.myspace.com/thelateparade
Yoko Sound (B) : www.yokosound.com
Cascadeur (F) : www.myspace.com/cascadeur
Mutiny on the Bounty (L) : www.myspace.com/mutinyonthebountytheband
Figurines (DK) : www.myspace.com/figurinesdk
Alpha 2.1 (B) : www.myspace.com/alpha2point1
Veto (DK) : www.myspace.com/vetosite
Abstract Sound Project (F) : www.myspace.com/abstractsoundproject
Spleen United (DK) : www.myspace.com/spleenutd
Elektrash (B) : www.myspace.com/elektrashmakesmesick

Dimanche 24/08 (de 13h30 à 21h15)
Moladji (B) : www.myspace.com/moladji
Alex Toucourt (F) : www.myspace.com/alextoucourt
An Orange Car Crashed (B) : www.myspace.com/anorangecarcrashed
Liff (F) : www.myspace.com/lifftheband
Orféo (B) : www.myspace.com/orfeoproject
Jong Pang (DK) : www.myspace.com/jongpang
Dream Catcher (L) : www.dreamcatcher.lu
Ezio (E) : www.ezio.co.uk

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2 août 2008 6 02 /08 /août /2008 08:53
Avec No & The Maybes à Voxhall, c'est encore une découverte qui m'attend. Cela fait déjà quelque temps que j'entends parler de ce trio de Copenhague, mais je n'ai encore jamais eu l'occasion d'écouter leur musique. Il ne faut pas bien longtemps pour la définir lorsque le groupe commence à jouer: No & The Maybe's fait de la pop et de la bonne. Ici seules comptent les mélodies et les harmonies. Sur un lit de guitares ligne claire, déposez des choeurs qui font ouh ouh, haaa, et parfois même la la la, saupoudrez de claquements de mains ou de sifflotements ajoutez quelques discrètes notes de synthé : voilà la recette magique de No & The Maybes, à mi-chemin entre les 60's (les voix) et la fin des années '70 (les arrangements). Mais c'est avant tout grâce à la finesse de mélodies jamais racoleuses que tout fonctionne si bien. L'album prévu le 15 septembre (A:larm) devrait être épatant.
 
 (No and the Maybes, VoxHall, 06/06/08, photo: rockomondo)

NO AND THE MAYBES ; "Mouth" (demo)

Visitez la page MySpace de No and the Maybes.

Changement total de registre avec Snöleoparden qui se produit à présent dans le cadre chicos de Kunstbygningen. Ce Léopard des neiges est en fait un danois d'origine pakistanaise, Jonas Stampe, autrefois élève de Ravi Shankar. Il compose sa musique à partir d'improvisations en utilisant des instruments traditionnels et d'autres qu'il fabrique lui même à base d'objets de récupération. A genoux au milieu de son exotique capharnaüm, il commence par un long solo de xylophone en bambou, puis un second qu'il fait accélérer au delà du possible. Passé cette introduction, il se lance ensuite dans de longues pièces hypnotiques et répétitives qui, dans d'autres circonstances, auraient sans doute pu m'envoûter et me faire décoller. Mais ce soir, rien à faire. Je ne suis définitivement pas dans l'ètat d'esprit nécessaire pour pouvoir apprécier ce genre de musique. Comme je commence à sérieusement à m'ennuyer, je décide de revenir à des choses plus péchues en allant voir Kim & The Cinders.

SNÖLEOPARDEN : "Melissa, hvor er fuglen"

Visitez la page MySpace de Snöleoparden.
 
 (Kim Kix @ D.U.P. tent, 06/06/08, photo: rockomondo)

Lorsque j'arrive à la tente du D.U.P., leur showcase a déjà commencé et tout est déjà bondé. Je parviens néanmoins à me faufiler sur le coté, près d'un comptoir sympathique où l'on distribue à l'oeil d'excellents expressos. Kim & The Cinders, c'est le nouveau groupe formé par les frères Jeppesen, les deux Phil Defer de Powersolo, accompagnés aujourd'hui - et c'est peut-être ce qui explique aussi un auditoire aussi compact - par Howe Gelb, habitué des lieux et ami des musiciens. Si l'on en croit Yebo, le Grand Mogol du label Crunchy Frog chez qui Kim and The Cinders sortent leur premier album en août, ce projet personnel de Kim "Kix" Jeppesen est un retour aux sources du blues, de la country et du folk. Une manière aussi d'exprimer des sentiments qui n'ont pas lieu d'être dans un groupe garage et ouvertement fun comme Powersolo. Mais lors de ce showcase, le trio - Howe Gelb semble un peu en dehors du coup, assis à triturer sa guitare - a visiblement choisi la carte de l'efficacité avec des morceaux enlevés qui, malgré des problêmes de son récurrents, n'ont aucun mal faire monter la température dans le public. On a droit ainsi au très chaud "Kill kill kill" découvert sur le net, ainsi qu'à leur version réussie du "Hippie Hippie Hourra" de Jacques Dutronc, les deux bouts-de-chou de Howe Gelb viendront faire les choeurs (dommage que le micro ait été défectueux ) et pour terminer c'est Maria Timm (Maria & Metammit, Marybell Katastrophy), pieds nus et en pleine forme, qui viendra taper le duo avec Kim Jeppesen. Au final, un concert foutraque, bordélique et sympa, mais il faudra sans doute attendre l'album pour pouvoir vraiment apprécier les différences entre Kim & The Cinders et Powersolo.

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30 juillet 2008 3 30 /07 /juillet /2008 09:22

Entre Lise Westzynthius et Rockomondo, c'est une vieille histoire commencée avec Luksus dans les années '90, poursuivie ensuite avec Rhonda Harris et enfin avec les 3 albums solo qu'elle a sorti sous son nom. Elle était même passée au studio, il y a longtemps de cela, pour une petite interview. 
Je ne sais pas très bien à quoi m'attendre en allant la voir sur la vaste scène du Ridehuset, trop grande sans doute pour le genre de musique intimiste pratiquée par la danoise. Je garde en plus le souvenir d'un concert raté à Eurosonic il y a 3 ans. Mal à l'aise, Lise Westzynthius y avait constamment forçé sa voix en s'obstinant à chanter plus haut que sa tessiture naturelle, brisant du même coup le charme cotonneux des chansons de son premier album. Mais du temps a passé depuis. Avec "Siberian Mission" (Auditorium, 2007), Lise Westzynthius nous a livré son disque le plus abouti et le plus varié avec des chansons ("Childlike curve", "Soldiers", "Long dark night of the soul") qui comptent déjà parmi ses meilleures et prouvent qu'elle ne risque plus rien aujourd'hui à quitter les ambiances trop éthérées de ses premiers albums. Forte de ce répertoire riche et nuancé, accompagnée par un groupe irréprochable (dans lequel on note la présence de Marie Højlund - Marybell Katastrophy - aux claviers), Lise Westzynthius démontre ce soir avec classe et aisance qu'elle a enfin trouvé sa voie (et sa voix !). Assise devant son piano ou debout au micro (ce qui nous dévoilera au passage un décolleté dorsal proprement vertigineux) elle est impériale, emmenant même son groupe vers des épisodes noisy qui auraient été encore impossible à imaginer il y a quelques années. Le final notamment restera mémorable avec l'apparition de Fredrik "A Kid Hereafter" Thaae venu faire du bruit avec sa guitare, une tâche à laquelle il se livrera avec une délectation manifeste sur "Captive", un des titres les plus rythmés du dernier album. Une façon grandiose de terminer ce concert qui ressemblait fort à un sacre.

 (Lise Westzynthius et Fredrik Thaae, Ridehuset, 06/06/08, photo: rockomondo)

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Ce sont des origines syriennes qui valent au suédois Salem Al Fakir son nom très peu scandinave. La musique, Salem Al Fakir la pratique depuis sa plus tendre enfance: musique classique tout d'abord avec le violon dont il commence l'apprentissage à seulement 4 ans. Huit années plus tard, il en est déjà à donner des tournées en Russie en tant que soliste avant de se tourner ensuite vers le jazz, qui reste toujours aujourd'hui sa musique de prédilection. Il arrive à la chanson sans vraiment l'avoir cherché, mais néanmoins bien décidé à jouer le jeu à fond. Et ça marche: son premier album "This is who I am" (2007) se place parmi les meilleures ventes en Suède et collectionne les récompenses. En ce qui me concerne, le passage de Selim Al Fakir ce soir sur la scène de la Rytmisk Sal est une véritable découverte. Je n'ai jamais entendu sa musique auparavant et ne me trouve là que sur la foi du programme qui annonce une pop sophistiquée et teintée de soul dans la lignée de Steely Dan, Hall & Oates, Stevie Wonder ou Billy Joel. Des influences comme celles-ci sont bien trop rares en 2008 pour qu'on se permette d'ignorer ceux qui s'en réclament. Accompagné d'un hétéroclite trio, Salem Al Fakir est assis sur le devant le la scène derrière son piano électrique et en quelques morceaux conquiert le public venu l'applaudir. Assurément, le jeune homme est doué, mélodiste convaincant, instrumentiste hors-pair (c'est lui seul qui joue tous les instruments de son album aux arrangements pourtant fouillés), et pourtant quelque chose empêche de s'enthousiasmer totalement. Contrairement à celle des artistes cités plus haut, sa musique ne va jamais plus loin que le vernis brillant de sa surface. Et l'on ne saura jamais ce qui se trouve dessous, pour peu qu'il s'y trouve réellement quelque chose. Cela restera ainsi jusqu'à je me décide à quitter la salle: un spectacle de pur entertainment auquel il manque ce petit plus indéfinissable, cette touche magique qui sépare les suiveurs doués des vrais créateurs. L'écoute a posteriori de l'album ne fera que renforcer cette impression. Rendez-nous Danny Wilson !
 

(Salem Al Fakir, Rytmisk Sal, Musikhuset, 06/06/08, photo: Rockomondo)

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Entre les concerts de Lise Westzynthius et de Salem Al Fakir, j'ai fait une très jolie découverte avec Tone. Mais de celà, je vous ai déjà parlé ici.

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