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  • : Rockomondo
  • : L'audio-blog des musiques rock, pop, folk, électro du monde entier.
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Rockomondo

Rockomondo est une émission diffusée en direct chaque jeudi soir de 21h00 à 22h00 sur Radio Primitive (92.4, Reims et la région) et rediffusée le même jour à la même heure sur Euradio (101.3, Nantes) la semaine suivante. La programmation en est principalement rock, pop, folk et électro, en majeure partie indépendante (mais pas seulement), et surtout axée sur les productions de pays autres que l'Angleterre et les Etats-Unis.

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Rockomondo est aussi un site internet en anglais relatif à l'émission www.rockomondo.com actuellement en sommeil dans l'attente d'un nouveau design. Mais vous pouvez toujours y consulter de nombreuses archives.

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28 juillet 2008 1 28 /07 /juillet /2008 23:23

La seconde journée du festival commence de manière idéale: enfin, ENFIN, je vais voir jouer Atoi ! J'étais tombé instantanément amoureux de ce quintet de Copenhague lorsque j'avais découvert leurs premières démos sur leur site internet début 2006. Je leur avais d'ailleurs aussitôt consacré une page sur ce blog. L'année dernière, le groupe avait dévoilé quelques nouveaux titres et c'était une nouvelle fois de toute beauté: des mélodies limpides et aériennes délicatement ourlées d'électronica et d'instruments acoustiques, et portées par de douces voix féminines. Aujourd'hui le site internet d'Atoi n'existe plus (et je me mords les doigts de n'avoir pas téléchargé à temps toutes les belles choses qui s'y trouvaient), leur page Last.fm reste obstinément silencieuse, idem pour celle de Mymusik.dk, et seul MySpace offre - en écoute seulement - quelques trop rares morceaux. Y aurait-il une sortie de disque imminente pour justifier cette disparition soudaine de tous les titres disponibles d'Atoi ? On l'espère, car ne voyant rien venir après toutes ces prometteuses démos on commençait à penser que le groupe allait rester à jamais au stade des espoirs non confirmés. Et pourtant ils sont là cet après-midi sur la grande scène de la Store Sal, dans line-up étendu à sept musiciens. Ce sont les deux filles qui introduisent le concert à la flûte à bec et dés le premières morceau, il semble évident que quelque chose a changé chez Atoi. L'électronique est toujours présente, mais ce sont les instruments acoustiques (banjo, violoncelle, cuivres, mélodica) qui prennent aujourd'hui  le dessus. La musique elle-même semble bien différente de celle découverte sur les démos, plus organique, plus rythmée et plus joyeuse aussi. Cette impression va se confirmer au fil des morceaux: Atoi a pris de belles couleurs chaudes sur des chansons aux mélodies évidentes où percent à présent des influences africaines ou caraïbes. Et pour inattendue qu'elle soit, cette mutation se révèle une vraie réussite: je brûle déjà d'impatience de pouvoir ré-écouter certains morceaux découverts lors de ce concert. En attendant un album toujours hypothétique pour le moment (mais déjà enregistré, tout n'est pas perdu !), il faudra se contenter des trois titres en écoute sur MySpace. Parmi ceux-ci le craquant "Once upon a time" qui résume bien en quelques minutes le nouveau son d'Atoi.

 
 (Atoi @ Store Sal, Musikhuset, 06/06/08, photo: rockomondo)

ATOI : "Army of me" (extrait, reprise de Björk, 2005)

Visitez aussi la page MySpace de Atoi.

Après Atoi, direction le VoxHall pour y voir The Late Parade, récentes recrues de l'excellent label Good Tape, qui m'avaient fait une forte impression avec leur premier EP à la fin de l'année dernière. La musique de The Late Parade est difficile à décrire. Certains la qualifieraient sans doute de progressive avec ses envolées épiques, son instrumentation ambitieuse et la voix très caractéristique et très haut perchée de leur chanteur Rune Vigil. Lorsque je l'ai entendue pour la première fois, elle m'a immédiatement évoquée une version actualisée de Pavlov's Dog, ce groupe lancé vers le milieu des années '70 par le tandem de producteurs Krugman-Pearlman. Une ré-écoute récente me fait relativiser ce jugement, mais quand même, il existe - outre les voix hors-norme de leurs chanteurs - une filiation, involontaire peut-être, mais réelle. Malheureusement le mystère si bien instauré sur disque par The Late Parade peine à se retrouver sur scène.  Privés de leurs arrangements complexes (ni l'orchestre, ni - bien sûr - l'orgue d'église ne sont là), les musiciens redeviennent un simple groupe de rock, un peu crispé, manquant cruellement du panache et de la flamboyance déployés sur l'EP. Qui plus est, ils jouent ridiculement fort dans cette salle peu profonde: une erreur rédhibitoire quand on s'adresse à un public de festivaliers qui vont s'enfiler à la suite des heures de musique et doivent préserver leurs tympans. Parti avant la fin pour cette dernière raison, j'ai depuis ré-écouté les cinq titres de The Late Parade qui m'ont tout autant impressionné que lors de leur découverte. A suivre, donc. Lorsqu'il aura trouvé le truc qui lui permettra de hisser ses concerts au niveau de ses enregistrements et de ses très beaux clips-vidéo, The Late Parade sera assurément un groupe à ne pas manquer.
 
(The Late Parade @ VoxHall, 06/06/07, photo: rockomondo)

THE LATE PARADE : "My Spies" (vidéo)

The Late Parade sur MySpace.

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Published by J.P. Moya - dans Spot 2008
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26 juillet 2008 6 26 /07 /juillet /2008 15:19

A Filuren, la plus petite salle du Musikhuset, on a débarassé les gradins qui s'y trouvaient autrefois, et en l'absence de scène, le public se trouve à présent de plain-pied avec les groupes. En l'occurence à ce moment, les néerlandais de Voicst. J'avais loupé - bien contre mon gré - leur concert à Norderslaag en janvier dernier et je compte bien me rattraper ce soir, ne serait-ce que pour vérifier si le groupe sur scène est aussi bon que sur son second album "A tale of two devils" (Goodbusy). Première surprise: j'attendais un trio et c'est une véritable tribu qui débarque devant nous: le chanteur-guitariste, le batteur, une bassiste façon Suzi Quatro miniature (tiens ? Est-ce que ça ne devait pas être un garçon ?), deux nanas visiblement trop heureuses d'être là aux saxes, un B-boy désarticulé à le trompette, et enfin... mais...  je le connais celui-là... aux claviers et au laptop rien moins que Rutger Hoedemaekers alias About que j'avais pu voir l'année précédente lors d'un concert d'anthologie à Eurosonic !

 (Voicst @ Filuren, Musikhuset, 05.06.08, photo: rockomondo)

Ouh là, avec une équipe comme celle-ci voilà une histoire qui s'annonce bien, d'autant plus que tout le monde attaque bille en tête: la mini-Suzi Quatro fait claquer ses cordes avec l'air de vouloir sérieusement en découdre, Rutger Machin-chose s'agite d'avant en arrière tout en martelant furieusement ses touches, les deux saxophonistes virevoltent avec l'air de s'amuser follement tandis que l'homme à la trompette nous la joue façon Valentin-le-Désossé version hip-hop !
 
 (Voicst @ Filuren, Musikhuset, 05.06.08, photo: rockomondo)

Inutile de vous dire qu'avec une telle énergie déployée sur scène, les chansons à la fois mélodiques et péchues de Voicst fonctionnent au delà de toute espérance. Ce qui était déjà délectable sur disque prend ici une toute autre dimension. On se sent littéralement soulevé par l'enthousiasme communicatif de cette improbable équipe de qui l'on n'espérait certainement pas tant ! Au bout de quelques morceaux, le chanteur nous explique que quelques jours plus tôt, lors d'un after-gig bien arrosé à Clermont-Ferrand, le bassiste habituel n'a rien trouvé de mieux que d'escalader les arbres d'un jardin public sur le coup de 5 heures du mat', et qu'il en est redescendu un peu plus brutalement que prévu. D''où son absence ce soir. Rock n' roll ! La mini-Suzi Quatro n'a été prévenu que la veille : juste le temps d'emballer ses affaires avant de s'envoler pour le Danemark. Wow, belle performance ! On croirait qu'elle a toujours fait partie du groupe et si j'étais le bassiste arboricole, je me ferais du souci pour mon avenir: cette fille est trop forte.
 
 (Voicst @ Filuren, Musikhuset, 05.06.08, photo: rockomondo)

Après cette sympathique anecdote, on aura droit à tous les meilleurs morceaux - c'est à dire beaucoup  -  des deux albums du groupe. Le public hilare tangue et danse, mais ce n'est pas encore assez, car un Toutankhamon d'opérette surgit soudain pour exhorter les gens à bouger encore un peu plus. Et dés le morceau suivant, il donne l'exemple, vite rejoint par les deux saxophonistes qui laissent tomber leurs instruments pour venir s'éclater avec tout le monde devant les baffles de retour. Chaud, chaud ! Si ça devait être comme ça pendant trois jours, j'avais intérêt à me préparer des sucres lents et des vitamines: je venais d'avoir droit au concert le plus enthousiasmant auquel j'aie assisté depuis des lustres. Voicst, donc, V-O-I-C-S-T ! A voir d'urgence avant que quelques after-gigs de trop ne les déciment tous....

Trois morceaux de Voicst en écoute ici.

Visitez aussi la page MySpace de Voicst.
 
 (An Pierlé @ Store Sal, Musikhuset, 05.06.08, photo: rockomondo)

Je suis à tordre en rejoignant la grande salle pour le concert d'An Pierlé que - hasard de la programmation - j'avais découvert justement sur un disque de DAAU ("We need new animals", 1998). Ca fait longtemps que je désirais la voir sur scène. Je gardais notamment un souvenir ému d'un très bon concert télévisé auquel j'avais assisté il y a pas mal de temps de cela (était-ce sur la RTBF ?) et son disque en public avec le Philarmonique de Mons ("Live jet-set with Orchestra", 2002) me fait toujours autant vibrer. Mais ce soir, rien à faire, rien ne se passe. Assise comme à son habitude sur un gros ballon devant son piano, An Pierlé enchaine les morceaux sans jamais susciter le moindre frisson. C'est pro, propre, bien fait, passablement ennuyeux. Un peu mécanique et sans passion aussi, comme si ce spectacle avait été déjà trop de fois proposé pour susciter encore quelques étincelles.  Alors bon, il est vrai qu'An Pierlé n'était peut-être pas le meilleur choix à faire après la grande fête débridée de Voicst,. mais ce concert à Spot à quand même peu de chances de compter parmi ses meilleurs.

Visitez la page Myspace d'An Pierlé.

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Published by J.P. Moya - dans Spot 2008
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25 juillet 2008 5 25 /07 /juillet /2008 12:24
Première personne croisée dans les rues de Aarhus en me rendant à la soirée d'ouverture du festival Spot 2008: ce vieux Ramone efflanqué de David Fricke, "Senior editor" (l'appellation m'amuse beaucoup) de Rolling Stone, looké total jean comme à son habitude, et arpentant les rues d'un pas vif vers le site des festivités. David Fricke est un habitué des lieux en plus d'un homme de goût, et le voir s'activer ainsi avant même que le festival commence me semble être un signe de bonne augure. D'autant plus que la canicule règne sur le Danemark, donnant à la seconde ville du pays un air festif, décontracté, et pout tout dire presque méditerranéen.
Le site du festival s'organise autour d'une vaste esplanade comprenant un bâtiment principal à larges facades de verre, le Musikhuset (quatre salles, de la très vaste "Store Sal" à l'intimiste "Filuren"), un ancien Manège à chevaux reconverti en salle de concert, le Ridehuset, et un chapiteau de 2000 places l'Officerpladsen. C'est là également que se trouve le "Village" du festival, avec deux tentes réservées aux Showcases, l'une programmée par le DUP (l'organisation qui chapeaute les labels indépendants Danois), l'autre réservée à la promotion des groupes d'Aalborg sous l'intitulé "Way Up North". Dans la proximité immédiate du site, on trouve également la salle rock locale ("VoxHall"), un théatre ("Svalengangen"), une salle d'exposition équpée d'une scène ("Kunstbygning"), et - un peu plus loin - une seconde salle rock ("Train") et la Maison des Etudiants ("Studenterhuset"). Bref, largement de quoi s'occuper pendant trois jours.
(l'esplanade et la tour de l'Hotel de Ville, photo: rockomondo)
 
(Musikhuset, photo: rockomondo)
 
(le village, photo: rockomondo)

Les années précédentes, la soirée d'ouverture était un spectacle de gala un peu formel ouvert à tous et limité à la seule Store Sal. L'édition 2008 innove et fait entrer le spectateur directement dans le vif du sujet en proposant dés le premier soir un plateau à ne plus savoir où donner de la tête. Pour moi, le choix est tout fait: je zappe le néerlandais Lucky Fonz III et les belges The Tellers (déjà vus à Eurosonic) et je file retrouver Murder dont je gardais un souvenir ému après les avoir apprécié l'année dernière au Ridehuset. Le duo se produit ce soir accompagné par les Belges de DAAU dans la "Rytmisk Sal" du Musikhuset, une nouvelle salle lambrissée à l'atmosphère chaleureuse qui figure parmi les bonnes surprises de cette édition. C'est un vrai bonheur de retrouver dans ce cadre idéal l'écriture ciselée et le jeu de guitare tout en finesse de Anders Mathiasen et la voix bouleversante de Jacob Bellens. Sacré personnage ce Bellens ! Une tête de hibou mal réveillé sur un corps de gros nounours, l'expressivité de Droopy, un jeu de scène proche du zéro (assis sur une chaise, les mains posées sur les genoux). Et pourtant, dés qu'il commence à chanter, on oublie tout ça et on est submergé par l'émotion. Mais comment faire autrement lorsque s'enchaînent des chansons du calibre de "When the Bees Are Sleeping", "Naming the Demon", "Daughters of Heavy", "Queen of Calm" et autres joyaux de leur second album "Stockholm Syndrome" (Ont-ils vraiment chanté toutes celles-là, ou l'ai-je seulement rêvé ?).
 
(Murder @ Rytmisk Sal, Musikhuset, 05.08.08, photo: rockomondo)

Sur scène, le duo est renforcé par un batteur, un trombone, un contrebassiste et des invités qui changent suivant l'occasion. Cette année, ce sont donc les belges de DAAU qui s'y collent à la clarinette, au violoncelle et - vers la fin du set - à l'accordéon. La rencontre de ces deux formations acoustiques sonne comme une évidence, à croire qu'elles étaient faites pour se rencontrer. Et lorsque les musiciens de Murder quittent discrètement la scène tandis que contrebasse et batterie changent de main, c'est à peine si l'on s'en aperçoit: la musique ne s'est pas arrêtée une seconde.
Cela doit faire une bonne dizaine d'années que je n'avais pas vu DAAU sur scène mais la précédente fois reste gravée dans ma mémoire. C'était à Reims et le groupe avait délivré un concert fiévreux et halluciné, à deux doigts de la transe chamanique. Grandiose, mais on s'interrogeait quand même un peu sur la santé physique et mentale des musiciens et les substances qui les mettaient dans ces états. Le DAAU 2008 est sans doute moins borderline, mais n'a rien perdu pour autant de sa fièvre ni de sa fougue. J'avais cessé d'acheter leurs disques vers le milieu des années 2000, à une époque où le groupe se dispersait un peu, cherchant avec plus ou moins de succès de nouvelles voies dans l'électronique ou en invitant chanteurs et rappeurs.
 
 (DAAU @ Rytmisk Sal, Musikhuset, 05.06.06, photo: rockomondo)

On les retrouve ici avec beaucoup de plaisir en version 100% acoustique et instrumentale, de nouveau concentrés sur les racines de leur musique qu'elles viennent d'Argentine, d'Israël ou des Balkans. Et toujours impliqués à fond dans ce qu'ils font. L'accordéoniste a beau afficher en permanence un énigmatique sourire de chat du Cheshire: il est ailleurs, littéralement DANS la musique ! Et le violoncelliste aussi, qui cisaille rageusement son instrument en faisant voler sa longue mèche brune au même rythme que les crins déchiquetés de son archet. Un beau concert intense qui me fait aujourd'hui regretter de n'avoir pas acheté le dernier album du groupe "Domestic Wildlife" (2006).

MURDER : "Daughters of Heavy" (extrait de "Stockholm Syndrome")

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Published by J.P. Moya - dans Spot 2008
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