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L'audio-blog des musiques rock, pop, folk, électro du monde entier.

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Spot 12 / 03-06-06: Yellowish, Who Made Who, Duné.

On ne s'ennuie pas le vendredi à Spot, mais ce n'est rien cependant à côté du samedi ! Déjà, ce jour-là, il n'y a pas classe. Résultat: un public deux fois plus nombreux que la veille, et une moyenne d'âge en chute libre. Ca va pulser !

En ce qui me concerne, ça commence plutôt mal. J'ai passé la matinée à écumer les disquaires (il fallait se dépécher: les boutiques ferment à 14h00 le samedi au Danemark) et j'arrive trop tard sur le site du festival pour profiter du beau plateau électro (avec entre autres l'excellent Sofus Forsberg) proposé au Musikhuset. Dommage... Plan B: faire un tour au Ridehuset pour y voir Yellowish. J'avais beaucoup aimé leur premier album "Solid ground", dynamique concentré d'indie-rock à guitares et à deux voix (une fille, un garçon) influencé - beaucoup -  par l'Angleterre et - un peu - par les Etats-Unis. Mais ce sont les chansons de leur toute nouvelle parution "So bright" (Quartermain) que le groupe à choisi de privilégier ce soir-là. Mélodies accrocheuses, savoir-faire évident, Yellowish ne manque pas d'atouts, mais j'ai pourtant du mal à me passionner pour cette musique trop lisse et décorative, unidimensionnelle comme ces vieux décors hollywoodiens: une façade qui fait de l'effet et pas grand chose derrière.

Direction le Svalegangen, un théâtre utilisé pour la première fois cette année dans le cadre du festival et où se produisent Who Made Who. Le trio vient de terminer une tournée française et on m'avait dit beaucoup de bien de leurs prestations scéniques ainsi que de leur premier album bourré - paraît-il - de hits potentiels. Malheureusement, on n'en capte ici que quelques bribes, noyées dans d'interminables et éprouvantes digressions funky. On se croirait au début des années 70: chacun fait son truc dans son coin et rendez-vous au tas de sable. Dans ces conditions, les musiciens ont beau arborer de petites ailes d'ange, leur musique n'en reste pas moins désespérément clouée au sol.

 (Who Made Who @ Svalegangen, 04-06-06)

Aurais-je plus de chance avec Dùné qui jouent maintenant à Train ? Lorsque je pénètre dans la salle, les premiers rangs sont déjà trustés par une cohorte de sweet sixteens visiblement très excitées. Tout s'explique lorsque le groupe entre en scène: les musiciens ne sont pas plus vieux que leur public (quand on sait que cela fait plusieurs années que leurs morceaux trainent sur la toile, on se demande à quel âge ils ont commencé !), et le chanteur Mattias Kolstrop - gueule d'ange, boucles blondes, joues roses - est un fantasme vivant pour jeunes filles en fleur. Perdu au milieu de ces jouvencelles énamourées et mitraillant la scène avec mon appareil-photo à deux balles, j'imagine de quoi je peux avoir l'air: quelque chose comme le pervers pépère de service. Hep ! N'appelez pas la police: je ne suis là que pour la musique ! D'ailleurs elle est bonne cette musique. Pas renversante d'originalité sans doute, piochant allègrement au rayon garage, post-punk, et tout ce qui s'est fait de rythmé depuis les années soixante, mais en tout cas sacrément excitante et remuante. Et le show est encore meilleur. Ca démarre de manière spectaculaire par un martelage de caisses claires façon "Tambours du Bronx", exécuté par le chanteur et le guitariste (?) sur le devant de la scène. Une impressionnante entrée en matière qui n'est pourtant qu'un aimable hors d'oeuvre comparé à ce qui va suivre. Peut-être avez-vous déjà eu la chance de voir sur scène les Superheroes et leur survolté chanteur, Thomas Troelsen. Eh bien, Duné, c'est un peu la même chose: même nationalité, même étonnante jeunesse des musiciens, même recours aux synthés, sauf que Duné n'a aucune idée de ce qu'est un morceau lent, et que question survoltage, ici, c'est tout le groupe (pas moins de sept personnes) qui s'emploie à faire griller les fusibles. Ca bondit, ça saute, ça remue dans tous les sens, on ne sait plus de quel côté regarder. Et surtout qu'est-ce que c'est bon ! Pour la première fois depuis le début du festival, je ressens enfin ce délicieux picotement qui me chatouille l'échine, cette sensation égale à nulle autre quand on tombe sur un groupe dont on n'attendait rien de particulier et qui vous délivre un concert d'anthologie. Alors qu'importe de savoir si quelqu'un sera capable un jour de retranscrire l'incroyable énergie de ces Minikeums sur disque. Ce soir, pendant quarante minutes, Duné était le meilleur groupe du monde.

 (Dùné/Mattias Kolstrop @ Train, 03/06/06)

YELLOWISH : "This is my direction" (extrait de "So bright", 2006)

YELLOWISH : "Lisa could die for Elvis" (extrait de "Solid ground", 2004)

DUNE : "Turn this factory down"

D'autres titres de Dùné à télécharger ici.

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