L'audio-blog des musiques rock, pop, folk, électro du monde entier.
Si je m'en tiens au programme que je me suis fixé, après le concert de Diefenbach il devrait être possible de profiter également de la moitié de celui des Norvégiens Serena Maneesh. Mais ayant beaucoup écouté leur premier album, je sais à quoi m'attendre: krautrock, envolées psychédéliques, rythmes hypnotiques, dérapages bruitistes, tout sauf de la musique de chambre, et après deux jours de concerts intensifs je ne suis pas sûr de pouvoir supporter ça. Tant pis, je zappe, non sans regret pour le groupe et pour leur label (HoneyMilk) que j'aime bien. Profitons-en pour recharger les batteries avec un menu festival: saucisse et petite mousse. De loin je surveille l'Officersplasden où se produisent Oh No Ono, le groupe le plus bizarroîde de l'écurie Morningside: cinq clones de Leo Sayer période "Pierrot lunaire" menés par un chanteur envapé à l'hélium et moulinant à toute vitesse de courts morceaux de pop surréaliste et déglinguée. Très original sans doute, encore faut-il se faire à la voix cartoonesque du chanteur, légèrement exaspérante au bout de quelques titres, mais j'en connais qui y arrivent très bien. Oh No Ono n'a sorti pour le moment qu'un EP et un single , on se fera certainement une idée plus précise de ces francs-tireurs lorsque sera paru leur premier album "Yes" (c'est son titre) prévu à la fin de l'été.
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Il reste encore un peu de temps avant le concert d'Under Byen prévu à minuit, et qui voilà pour taper l'incruste dans le hall du Musikhuset sans y avoir été invité ? Le beau Erwin Thomas, revenu récemment dans son pays à la suite d'une courte tournée française organisée par LiziSays, l'association toulousaine qui se charge de promouvoir le rock danois en France. Difficile de reconnaître dans ce hobo survolté en chapeau mou et blouson de cuir rapé le jeune ténébreux romantique que nous révélait son premier album "Songs from my apartment". Aujourd'hui Erwin Thomas s'est réinventé en Dylan pré-électrique, retrouvant (avec un évident talent) les racines du folk américain dans ses formes les plus basiques, voix, guitare, hamonica, plus un tambourin confié à une spectatrice particulièrement enthousiaste. Et pas l'ombre d'une sono bien sûr. Les raisons de ce changement plutôt radical ? "Avant je me cherchais encore. J'ai expérimenté quinze styles pour finalement adopter le seizième". Un intermède inattendu et particulièrement sympathique.
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Mais une foule de plus en plus compacte se presse devant les entrées de la grande salle. Lorsque les portes s'ouvrent, c'est la bousculade; je suis emporté sans pouvoir résister et me retrouve à l'intérieur, ce qui était de toute façon le but du jeu. Là, mauvaise surprise: le parterre est déjà entièrement rempli, il ne reste plus une seule place de libre. Les portes de l'étage inférieur ont du être ouvertes avant celle du rez-de-chaussée. J'essaie de me faufiler près des premiers rangs. Peine perdue ! Un service d'ordre courtois mais ferme se charge de refouler tous ceux qui n'ont pas trouvé de siège. Du coup, je me hâte de rejoindre le balcon si je veux profiter d'une des dernières places libres. Vu d'en haut, la grande salle du Musikhuset remplie à craquer (1600 spectateurs) est impressionnante. D'en bas aussi d'ailleurs, comme le prouve cette photo prise par Lars Dideriksen, animateur du meilleur site internet consacré à Under Byen (www.larsdideriksen.com/underbyen).
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Ce soir Under Byen, porté par cette salle comble va donner un concert d'anthologie. Je l'ai déjà dit, les conditions d'écoute au Musikhuset sont irréprochables, le son grandiose, l'éclairage et les light-shows superbes. Première surprise pour ceux qui comme moi avaient loupé le groupe lors de leur dernière tournée française: la nouvelle disposition scénique est tout à fait étonnante. Au premier plan de gauche à droite: piano, violoncelle, violon/scie musicale, les deux batteries en biais sur le coté droit, tandis que la bassiste et la chanteuse Henriette Sennenvaldt sont reléguées au fond de la scène. Je ne connais pas beaucoup de groupes qui accepteraient volontairement de se priver d'une figure de proue telle qu'Henriette Sennenvaldt. Mais les egos n'ont pas leur place chez Under Byen. Ici, c'est la musique qui prime. D'ailleurs, le groupe n'est jamais éclairé de front, mais toujours par l'arrière, ce qui transforme les musiciens en ectoplasmes bleutés évoluant au mileu des figures géométriques du - trés beau - light-show. La setlist quand à elle, principalement centrée sur les titres des deux derniers albums, n'offrira pas ces surprises qu'Under Byen réserve habituellement aux concerts donnés dans sa ville d'origine. Mais la force irrésistible des morceaux, la dynamique incroyable du groupe, la qualité du son alliée à la puissance visuelle des projections et de l'éclairage ne feront pas moins de ce concert un des sommets de Spot 12, salué à juste titre par une standing ovation et suivi - cas exceptionnel dans ce festival où tout est minuté à la seconde - d'un substantiel rappel. On ne pouvait rêver meilleure manière de clôre ces trois folles journées.
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OH NO ONO : "Keeping warm in cold city" (vidéo-clip)
Trois morceaux extraits de leur page MySpace:
OH NO ONO : "Fat Simon says"
OH NO ONO : "Ba ba baba ba ba well anyway"
OH NO ONO : "Am I right"
ERWIN THOMAS : "The father's song"
UNDER BYEN : "Plantage"
UNDER BYEN : "Samme stof som stof"
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