"On n'est pas sérieux quand on a 17 ans" disait le petit père Arthur. Mais c'est parce qu'il ne connaissait pas les soeurs Berhan. Les deux jumelles de Taxi, Taxi ! sont sévèrement jet-laguées en arrivant sur la scène de l'U.S.V.A. ("On est dans quel pays, là ?" demande l'une d'elles). Et sérieuses. Terriblement sérieuses. Plus qu'il n'est admis de l'être pour des filles de cet âge. On a du mal à les imaginer - par exemple - en train de descendre des bières backstage. Ou simplement à faire les fofolles comme leurs copines de Those Dancing Days la veille. Ce n'est sans doute qu'une impression mais ici en tout cas elles semblent extrêmement sages et concentrées. C'est presque sans un mot qu'elles effectuent leur soundcheck et enchaînent le concert dans la foulée. Johanna est debout à la guitare et au ukulélé (définitivement l'instrument star du festival), tandis que Miriam se tient au piano et à l'accordéon. Physiquement identiques (un peu moins à présent qu'elles se coiffent différemment), les deux soeurs ont également des voix très similaires, mais dont elles usent de manière différente, douce et naturelle chez Johanna, plus en force chez Miriam.
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(Taxi, Taxi ! @ U.S.V.A, 11/01/08, photo: rockomondo) Leurs démos sur internet, puis l'EP sorti l'année dernière chez Rumraket / Tigerspring (et en France chez
Talitres) nous avaient progressivement familiarisés avec la musique de Taxi, Taxi !: des chansons lentes, hypnotiques, dépouillées à l'extrème, des chansons exigeantes aussi, qui ne se laissent pas apprivoiser d'une oreille distraite. Si sur disque la magie ne fonctionnait que par épisodes, sur scène, l'envoûtement est total. Ces deux gamines qu'un souffle de vent pourrait emporter dégagent quelque chose de fort, de dense, qui réveille des émotions enfouies et qu'on pensait à jamais enterrées. On ne peut qu'être troublé par le fait que ce soient de si jeunes filles qui parviennent à ce résultat. Où vont-elles chercher ces sentiments qu'elles expriment, qu'on pourrait croire réservés à des personnes ayant déjà eu l'expérience de la vie et de ses blessures ? A la fin de chaque morceau, Johanna remercie l'audience d'un gracieux salut de ballerine, une légère flexion des jambes, et c'est touchant. Elles nous feront aussi une reprise belle à pleurer du "True love will find you in the end" de Daniel Johnston. Car - mais qui en doutait - ces demoiselles ont du goût. Alors que les lumières se rallument, je m'aperçois que le public, sagement assis derrière moi au début du set, est à présent debout après avoir fait de la place aux nombreux spectateurs arrivés pendant le concert. Hypnotisé par la musique, je ne m'étais rendu compte de rien.
TAXI, TAXI ! : "
To hide this way" (extrait de "Taxi, Taxi ! EP", 2007)
TAXI, TAXI ! : "
Old big trees" (MySpace demo)
TAXI, TAXI ! : "
To hide this way" (MySpace demo)
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