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Anywhen est un groupe qu'on a suivi depuis ses tous débuts dans Rockomondo. Par un heureux hasard, j'étais en contact avec leur éphémère label Roligan lorsqu'est sorti leur premier album "As we know it" en 1993, un disque d'une pop luxuriante, ambitieuse et raffinée qui tranchait déjà sur le reste des groupes suédois en vogue à cette époque (Popsicle, Wannadies, Confusions...). Suivirent "Anywhen" en 1996, les deux E.P. "Blank" et "Movie" l'année suivante, et enfin le disque qui fut à la fois le chant du cygne d'Anywhen et son chef d'oeuvre, "The Opiates" en 2001. Avant même que l'album soit fini d'enregistrer, le groupe avait explosé en plein vol. C'est le chanteur et compositeur Thomas Feiner qui se chargea de mener le projet à son terme, bossant le jour à son métier de graphiste et passant ses nuits à travailler encore et encore à cet album au lyrisme bouleversant que toute la critique s'accorde aujourd'hui à reconnaître comme un classique méconnu. Lorsqu'il s'envola à Prague pour enregistrer les cordes qui apportaient à ses morceaux leur touche finale, Thomas Feiner - de son propre aveu - se trouvait dans un état d'épuisement physique et moral presque total. Le prix à payer pour une oeuvre qui sept ans après sa sortie continue à irradier durablement ses trop rares auditeurs. Parmi ceux-ci, David Sylvian, l'ex-chanteur de Japan, qui vient de donner à "The Opiates" une deuxième chance en ré-éditant l'album sur son label Samadhisound. La version 2008 est quelque peu différente de celle de 2001. On y trouve notamment deux morceaux de Thomas Feiner ("Yonderhead" et For now") enregistrés récemment pour la bande originale d'un film allemand ("Love in thoughts"): ses premiers titres depuis Anywhen. Même s'il n'en fait plus jamais d'autres par la suite, on ne lui en voudra pas. Quand on a enregisté un album du calibre de "The Opiates", on a bien le droit de passer le restant. de ses jours à être graphiste professionnel si l'on en a envie.
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