L'audio-blog des musiques rock, pop, folk, électro du monde entier.
Je suis souvent agaçé par les commentaires condescendants qui accompagnent régulièrement chaque nouvelle parution de Bettie Serveert. A croire que le groupe n'a réussi qu'un seul et unique album, le premier, "Palomine" en 1992. Et pourtant, difficile de faire une mauvaise pioche dans la discographie du groupe d'Arnheim. Il y a évidemment des hauts et des bas, des albums meilleurs que d'autres (quel groupe n'en fait pas ?), mais aucun véritable ratage. Qu'il s'agisse de "Lamprey" (1995), dans le même registre que "Palomine" et au moins aussi réussi, du très pop "Dust Bunnies" (1997) avec ses chansons courtes et accrocheuses, du lyrique "Private suit" (2000) et ses envolées de guitare flamboyante, de "Log 22" (2003), album-patchwork, une sorte de "best of..." composé uniquement de nouveaux morceaux, ou du plus récent "Attagirl" (2004), tout est bon, rien à jeter. Comme Yo La Tengo aux Etats-Unis, Bettie Serveert est un groupe qui a su vieillir avec grâce. Ils en apportent une nouvelle fois la preuve avec leur toute dernière livraison "Bare stripped naked", une collection de chansons intimistes et semi-acoustiques dont l'idée leur a été inspirée par leurs fans. Si ce bel exercice risque de frustrer les amateurs du jeu de guitare de Peter Visser (un véritable styliste qui conjugue l'acid-rock californien aux volutes tourbillonnantes d'un Tom Verlaine et à la précision clinique des guitaristes nordiques), il met par contre en valeur le chant légèrement voilé de Carol van Dijk, que le refus total d'effet ne rend que plus touchant. Lorsqu'il vient servir un morceau du calibre de "Road movie", en ouverture de l'album, on se dit que le groupe vient simplement d'ajouter un nouveau classique à son répertoire. Et pour ceux qui en voudraient encore plus, un DVD vient compléter brillamment cet achat déjà très recommandable avec un concert dans la même veine chaleureuse et laid-back que l'album, enregistré à l'Ancienne Belgique de Bruxelles
Sinon, à part ça, pas terrible le nouveau Bettie Serveert... toujours pareil... gna-gna-gna... gna-gna-gna...
![]() |
Début octobre, Bettie Serveert a fêté ses quinze ans d'existence au mythique Paradiso d'Amsterdam. Un concert exceptionnel qui leur a permis notamment de retrouver pour quelques morceaux leur batteur d'origine, Berend Dubbe (Bauer).
BETTIE SERVEERT : "Painted word"
BETTIE SERVEERT : "What they call love"
BETTIE SERVEERT : "Love and learn"
A lire: une interview (en anglais) sur le nouvel album.
A écouter et regarder: une interview où Carol et Peter reviennent sur leur discographie.
Achetez les disques de Bettie Serveert