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L'audio-blog des musiques rock, pop, folk, électro du monde entier.

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Mon Eurosonic 2007 : Coparck, Alamo Race Track

Le samedi soir, Eurosonic devient Noorderslag, avec une programmation réservée aux seuls groupes hollandais. Les règles du jeu changent aussi: fini les concerts disséminés dans les 25 salles du centre-ville. Cette fois-ci, tout se passe dans un seul et unique lieu, l'Oosterpoort, à la fois palais des congrès (c'est là qu'ont lieu toutes les conférences du Séminaire) et complexe multi-salles (huit scènes au total). Noordeslag, c'est la soirée de folie du festival, celle qui est le plus vite sold-out (en général quelques jours seulement après la mise en vente des billets). Tout le public jusqu'ici éparpillé dans la ville se retrouve au même endroit, augmenté d'un nombre conséquent de simples curieux et de gens venus là pour faire la fête, dans une ambiance à mi-chemin entre le festival rock et la fête de la bière. Entrer dans les salles à moins d'être arrivé très en avance avant chaque concert devient un exploit, tout comme de se déplacer simplement d'un endroit à un autre. Au bout de quelques heures, d'impressionnantes montagnes de gobelets en plastique s'entassent aux quatres coins du bâtiment, tandis que les chaussures collent au sol dans une soupe peu ragoûtante de bière renversée.

C'est Coparck qui ouvre les festivités. Je suis très fan de ce quatuor amstellodamois, déjà responsable de deux beaux albums - le premier, "Birds, happiness and still not worried" était sorti en France chez Labels - à la croisée du rock belge (dEUS, Thou) et allemand (The Notwist). Une manière bien particulière d'aborder la pop par la bande, de préférer les digressions à la ligne droite, d'y injecter des éléments venus du jazz ou de l'électro pour un résultat toujours mélodique mais aussi riche de surprises et d'inattendu. Seulement voilà, après avoir semble-t-il beaucoup ramé pour sortir leur second opus, le groupe, récemment signé chez V2, semble bien décidé cette fois-ci à ne pas laisser passer sa chance. D'où ce troisième album ("The 3rd album", c'est son titre) paru le jour même du concert, et qui est un peu pour Coparck ce que "The ideal crash" avait été pour dEUS: un disque délibérément plus consensuel et rassembleur que ses prédécesseurs, quitte à ce que le groupe perde en partie ce qui faisait jusqu'ici son originalité. Rien de honteux dans cette métamorphose: tout ceci reste d'une qualité et d'un professionnalisme bien supérieurs à la moyenne. Mais le groupe - très statique et assez peu charismatique sur scène - peine à susciter l'enthousiasme avec ce nouveau répertoire basé sur une majorité de tempos médiums et débarrassé des multiples trouvailles qui autrefois tintaient joliment à l'oreille. Demi-déception, donc.

 (Coparck @ 3 FM zaal, 13.01.07, photo: rockomondo)

Une vingtaine de minutes pour changer le matériel, et c'est Alamo Race Track qui entre en scène. J'avoue rester un peu perplexe devant l'enthousiasme provoqué en France par leurs deux albums. C'est vrai que si l'on se place du point de vue d'un programmateur radio - j'en parle en connaissance de cause - ce sont des disques bien pratiques. Morceaux courts, mélodies entrainantes, variété de styles et de tempos: on peut pratiquement tout utiliser. Du beau travail d'artisan doué. Mais quitte à passer pour un rabat-joie, je ne peux m'empêcher de me demander où est vraiment Alamo Race Track au milieu de ce grand fourre-tout ? Dans le pastiche early-Beatles de "Kiss me bar" ? le post-punk de "Northern territory" ou de "Lee J. Cobb" ? le folkabilly de "Black cat John Brown" ? l'indie-pop de "The killing" ?  En ratissant large, Alamo Race Track manque à imposer sa propre personnalité. Sur scène, le groupe nous recrée ce juke-box hétéroclite avec une efficacité et un professionnalisme sans faille, mais sans que jamais ne surgisse cette petite étincelle supplémentaire, ce délicieux frisson qui est la marque des grands concerts. Alors soit, c'est bien fait, Ralph Mulder possède un sens mélodique et un savoir-faire évident, ça peut s'écouter sans problême à la radio ou dans la voiture, ça peut même remplacer une bonne compile d'indie-rock, ce qui devrait suffire à faire le bonheur de tout auditeur normalement constitué. Seulement voilà, chez moi, ça - ne - fonctionne - pas !

 (Alamo Race Track @ 3FM zaal, 13.01.07, photo: rockomondo)

COPARCK : Le nouvel album en écoute ici.

Egalement leur page MySpace.

ALAMO RACE TRACK : Des vidéos à foison ici.

Egalement leur page MySpace.

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