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L'après-midi s'annonce bien à Plato. Après Audiotransparent, c'est au tour de Sarah Bettens d'occuper la mezzanine. Je n'ai jamais vu l'ex-chanteuse de K's Choice sur scène, et c'est l'occasion de combler cette lacune. Surprise, Sarah Bettens ne ressemble pas du tout à la personne que je m'étais imaginé en écoutant sa musique: longiligne et androgyne, visage tout en angles surmonté d'une coiffure en pétard décolorée, le tout coiffé d'un petit chapeau ska, chaines à la ceinture, tatouages, on la croirait échappée des Stray Cats ! Rock n' roll with class. Coté interprétation, c'est la classe aussi. Sarah Bettens a reçu un don: une voix comme on en entend que peu, chaude, légèrement voilée, prenante. Et alors qu'elle est simplement assise avec sa guitare, elle n'en dégage pas moins une véritable présence, un magnétisme qui est la marque des meilleurs. Quel dommage alors que ses chansons ne soient jamais à la hauteur de ce talent ! On sent bien pourtant qu'il suffirait de peu pour que tout ça décolle. Mais ce n'est certainement pas avec ce répertoire désespérément plan-plan que cela risque d'arriver. Fermez les yeux et vous aurez l'impression de vous retrouver dans un épisode de "Dawson" ! Sarah Bettens mérite mieux que ça. Personne pour lui écrire les chansons qu'elle mérite ?
(Sarah Bettens @ Plato, 11.01.2008, Eh, pas si mal finalement ce morceau.... la personne qui a filmé était nettement moins bien placée que moi, mais elle avait une caméra, elle. Un bon échantillon de l'ambiance des showcases à Plato)
Après l'émo-core plutôt bien envoyé - mais pas vraiment ma tasse de thé - des néerlandais Lawn, (nouvel album "Silver" le 10 mars) c'est au tour des Tellers d'arriver sur scène. Tout a été très vite pour le jeune duo Belge qui commence à faire sérieusement parler de lui après avoir enquillé un album ("Hands full of ink", 62TV) dans la foulée de son prometteur premier EP. Le chanteur à l'air de débarquer de sa planète. Pendant tout le concert il gardera ainsi son caban boutonné et col relevé. Il nous annonce aussi qu'il n'est pas très doué pour parler en public, ce que confirmeront quelques touchantes tentatives modianesques. Les chansons des Tellers sont courtes et enlevées, primesautières et gentiment maladroites, ce qui fait aussi partie de leur charme. Elles évoquent - en anglais - un croisement réussi entre Jonathan Richman et Thomas Fersen (dont le chanteur offre un peu une version juvénile). Cependant, après seulement un EP et un album, ou bien ici après une demi-heure de concert, on ne peut s'empêcher de penser que la formule montre déjà ses limites. The Tellers sont condamnés à évoluer s'ils veulent pouvoir durer.
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